Bastien Cabrol, nouveau directeur général d’Invest in Blue

12 janvier 2026
Bastien Cabrol - Les indiscretions

« Le Bassin de Thau a les moyens d’attirer des projets à forte valeur ajouté »

À 42 ans, Bastien Cabrol prend la direction générale d’Invest in Blue. Cet Héraultais, installé à Frontignan depuis quatre ans et demi, succède à Pascal Pintre, candidat aux élections municipales à Sète. C’est un profil atypique qui rejoint l’agence de développement économique : plus de dix ans de carrière à l’international, entre diplomatie économique et conseil, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et à Mayotte. Bastien était d’ailleurs présent à la soirée Réseaux d’Agencehv au Palais des Congrès du Cap-d’Agde, le 2 juillet 2025. «  Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  

Bastien, ton parcours est marqué par l’international et le conseil. Que retiens-tu de ces expériences ? 
J’ai passé une dizaine d’années à l’étranger, principalement au Moyen-Orient et en Afrique, dans le réseau diplomatique français, avant de revenir fin 2019 en Occitanie. À l’étranger, j’ai exercé dans des ambassades de France des fonctions d’attaché puis de chef de service économique, sous la double tutelle du ministère des Affaires étrangères et de la Direction générale du Trésor.  

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Mon rôle consistait à interagir avec les autorités locales sur différents dossiers, à suivre la situation macroéconomique et financière, à mettre en œuvre les outils financiers de la France tels que les assurances exports pour soutenir nos grands projets, ou à faciliter le développement d’entreprises françaises. J’ai ensuite poursuivi dans le conseil auprès de dirigeants d’entreprises qui souhaitent se développer à l’international mais aussi dans le développement économique territorial et la coopération internationale, notamment à Mayotte, pour le compte de la préfecture, puis de l’agence régionale de développement. Ces expériences m’ont permis de travailler avec des réseaux d’investisseurs et des acteurs économiques très variés allant de start up aux grands groupes, de comparer les pratiques entre territoires et d’identifier les outils qui facilitent l’implantation de projets à impact. C’est ce que je peux apporter à Invest in Blue : cette expérience internationale, qui m’a permis de côtoyer une multitude de pratiques dans différents territoires, et l’accès aux réseaux institutionnels qui favorisent l’attractivité de la France.

Quelle est ta feuille de route à Invest in Blue, et votre regard sur cet outil créé en 2021 par les communautés d’agglomération Hérault Méditerranée et Sète Agglopôle Méditerranée, présidées par Sébastien Frey et Loïc Linares ?  

L’agence a originellement été créée pour répondre à deux grands besoins : celui d’animation et de mise en réseau du tissu économique local à travers le Club des Entrepreneurs (250 adhérents) et l’accompagnement à l’implantation d’entreprises, avec l’instruction des dossiers pour l’installation dans les zones d’activités économiques des territoires Hérault Méditerranée et Sète Agglopole Méditerranée. Maëva Rion, toujours présente dans l’agence, a contribué à ce lancement réussi aux côtés de l’ancien directeur général Pascal Pintre qui a réalisé un travail remarquable. L’agence est bien établie et connu sur le territoire et elle bénéficie d’une assise solide. Il nous faudra pérenniser les actions déjà mené.  
J’identifie également trois axes pour développer l’action de l’agence : le premier est l’attractivité. L’agence fait déjà un travail solide sur le foncier et la coordination locale. L’enjeu est désormais d’aller chercher, en dehors du territoire, des investissements à forte valeur ajoutée et créateurs d’emplois, en lien avec la Team France Invest, Business France et Ad’Occ, sur les filières stratégiques du territoire telles que l’économie circulaire, le BTP, économie bleue, les industries culturelles et créatives, l’agroalimentaire et le secteur du tourisme au sens large. Cela suppose d’identifier, avec les élus et les acteurs économiques, les chainons manquants et le type d’investisseurs recherchés, ce qui est souhaitable et acceptable, puis de construire des argumentaires par filières ainsi qu’une offre territoriale. Nous mènerons ensuite des roadshows ciblés, participerons à des salons et mobiliserons les réseaux nationaux et internationaux permettant d’atteindre les investisseurs cibles 

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Le deuxième axe est celui de l’ingénierie financière. Il existe une multitude de dispositifs de financement au niveau national et européen, portés par la commission européenne, les agences de l’État, les ministères et certains clusters nationaux. La plupart des entreprises n’en ont pas conscience ou se heurtent à la complexité des dispositifs. Notre objectif sera donc de référencer les appels à projets et les appels à manifestation d’intérêt ouvrant la porte de ces financements, de les qualifier secteur par secteur, puis d’aider les entreprises à monter leurs dossiers. Invest in Blue doit jouer un rôle de facilitateur et devenir un référent financement, capable de soutenir la croissance et l’innovation des entreprises du territoire, dans une logique de développement endogène. 
Enfin, le troisième axe concerne l’international. Les collectivités disposent de leviers importants à travers les outils de la coopération décentralisée et les fonds européens, comme les fonds Interreg ou les appels à projets du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. C’est un champ encore peu exploité localement. C’est une démarche à construire collectivement avec le tissu économique. Deux à trois recrutements sont prévus cette année, à des postes de chargé de missions dans les domaines du financement, de l’attractivité et de la communication. 

Quels sont, selon toi, les atouts du Bassin de Thau pour tirer son épingle du jeu ? 

C’est un territoire vaste, en transformation, avec des enjeux forts autour de la reconversion des friches et de l’impact environnemental des projets. Il dispose d’atouts majeurs : l’étang de Thau et sa façade maritime, une intermodalité très développée (transports ferrés, routier, fluvial et maritime), un écosystème de développement économique bien établi avec plusieurs pépinières et incubateurs comme Flex et GigaMed, des centres de recherches ouverts au privé avec Blue Thau Lab et Celimer ; le port de Sète, qui constitue un actif majeur et une formidable ouverture sur la Méditerranée et le monde. C’est le levier que l’on pourrait utiliser pour développer des projets à dimension internationale, en faveur de l’économie locale.  

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Le territoire peut aussi s’appuyer sur des équipements remarquables comme le Palais des Congrès du Cap d’Agde. L’enjeu est de davantage le positionner dans le cadre des efforts sur la promotion du tourisme d’affaires, en renforçant sa visibilité, en structurant une offre affaires et en allant chercher des grands rendez-vous d’affaires et internationaux. Le directeur de l’office du Tourisme et la directrice du Palais mènent déjà un travail en ce sens que Blue Invest appuiera. 
S’agissant de la reconversion des friches, une piste de travail pour favoriser l’attractivité serait de s’inspirer d’autres territoires avec une logique de foncier prêt à l’emploi, intégrant dès l’amont les études environnementales et de sols, ainsi que les services nécessaires (énergie, numérique, eau…). C’était l’idée des fonciers clés en main France 2030 qui jouent un rôle de catalyseur de l’attractivité des territoires. Il faut savoir que les territoires de France et d’Europe sont en concurrence intense pour attirer des projets ; le Bassin de Thau dispose d’atouts pour attirer des projets à forte valeur ajoutée, à condition de structurer son offre et de renforcer le lien entre acteurs publics et privés. 

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