Françoise Nauton-Inglis, présidente de l’association Digital 113

4 mai 2026
Francoise Nauton Inglis - Les indiscretions

«Nous cherchons à industrialiser l’IA »

Les entreprises du numérique pèsent de plus en plus lourd dans l’économie régionale. L’Occitanie est aujourd’hui le troisième pôle numérique français, avec plus de 131.000 emplois et 8,1 milliards d’euros de richesse générée (7,7 % de la richesse totale de la région). Françoise Nauton-Inglis, présidente de Digital 113, cluster réunissant 300 entreprises pour 18.000 emplois sur 13 départements, donne son regard sur l’évolution de la filière, à la suite de la publication d’une note de conjoncture pour l’économie du numérique en 2026. « 3 questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.

Le numérique en Occitanie entre dans-il une nouvelle phase en 2026 ?

Oui, clairement. On est sur une phase de bascule. Les deux dernières années ont été marquées par une multicrise, avec des tensions géopolitiques fortes. Le numérique n’y a pas échappé, même s’il a plutôt bien résisté. Aujourd’hui, on observe une recomposition profonde du marché, notamment liée à l’IA, mais aussi aux enjeux de souveraineté, de résilience et d’hébergement des données. La cybersécurité devient un sujet numéro crucial. En parallèle, la croissance est plus modérée qu’avant : on est autour de +4 à +4,5 % en 2026, avec une forte disparité entre les métiers. L’édition logicielle est plus dynamique (7 à 8 %), alors que les services restent plus stables. Pendant ce temps, les investissements se concentrent sur des priorités très identifiées : cloud, IA, cybersécurité.

Penses-tu que l’intelligence artificielle est toujours un sujet d’innovation ?

On a passé la phase d’expérimentation. Aujourd’hui, on est dans une logique d’industrialisation et d’exécution. Cela suppose de structurer la gouvernance de la data et de l’IA. Ce n’est plus seulement un sujet d’innovation, c’est un sujet d’adoption et de compétitivité. Les entreprises doivent être capables de déployer des solutions concrètes. L’IA, la cybersécurité et la souveraineté forment un triptyque très fort qui va structurer le marché. La cybersécurité, par exemple, n’est plus un “plus”, c’est un prérequis.

Quelles perspectives pour les entreprises du numérique à moyen terme ?

On entre dans une nouvelle phase avec des opportunités qui vont s’accélérer. Certains métiers vont évoluer, notamment le développement : on aura toujours besoin de développeurs, mais avec des compétences différentes, capables d’utiliser de nouveaux outils pour coder plus efficacement. L’IA va devenir un standard, comme l’informatique il y a 30 ans : une entreprise qui ne s’en saisit pas ne pourra pas rester compétitive. En Occitanie, le territoire reste très fertile, avec des initiatives structurantes comme le consortium IA2M à Montpellier ou ANITI à Toulouse. Toute cette dynamique va soutenir l’innovation et, mécaniquement, l’emploi. Aujourd’hui, les entreprises qui utilisent un CRM enrichi à l’IA affichent par exemple 35 % de productivité en plus.

Pour recevoir la note de conjoncture de Digital 113 : sarah@agencehv.com

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