Isabelle Gianiel, CleanTech Vallée

2 février 2026
isabelle gianiel

«  La CleanTech Vallée se tourne vers des financements européens »

Déléguée générale du cluster CleanTech Vallée (Aramon – 30) depuis mai 2024, cette ex-élue montpelliéraine (première partie de mandat de Philippe Saurel, où elle a occupé la vice-présidence Transports) vient aussi d’être nommée experte « eau, épuration, nature » auprès de la cour d’appel de Montpellier. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  

Isabelle, tu as rejoint l’association CleanTech Vallée il y a bientôt deux ans. Quelle est la feuille de route 2026 ?  

Il y a deux axes. Tout d’abord, des opérations collectives de décarbonation, sur les ETI, qui n’ont pas toujours le temps pour se lancer dans ces plans d’actions. Nous y travaillons à Alès et Montpellier, sous la houlette de l’Ademe. Par ailleurs, la CleanTech Vallée se tourne vers des financements européens, via des appels à projets. Il y a beaucoup de fonds européens à aller chercher dans le domaine environnement, décarbonation et innovation. Nous réfléchissons en ce sens, avec d’autres structures d’incubation en Occitanie, comme Innovosud à Béziers, avec qui nous avons un partenariat.  
La CleanTech Vallée regroupe une vingtaine d’adhérents, et ne se limite pas à un entresoi entre grands groupes (Sanofi, Enedis, CEA…). On trouve aussi des collectivités, et des partenariats sont noués avec l’IMT Mines Alès et Polytech Montpellier, pour développer des actions à forte valeur ajoutée au niveau des startups. Parmi les nouveaux adhérents : Poppies bakeries (fabricant de donuts, Laudun), Rouméas TP (TP, Laudun) et les cars Bouisse (transport de voyageurs, Les Angles dans le Gard). Ces acteurs privés viennent s’inspirer de nos pratiques et rejoindre les opérations collectives.  

Tu viens d’être nommée experte « eau, épuration, nature » auprès de la cour d’appel de Montpellier. C’est ce qu’on appelle une compétence de niche… 

Je suis diplômée de Polytech Montpellier, qui a créé une filière sur l’eau. J’ai mené toute ma carrière dans ce secteur, à l’Agence de l’Eau, puis dans un bureau d’études à Toulouse, puis à la Saur, dans la branche exploitation et construction. Même lorsque j’étais élue à la métropole de Montpellier, j’ai continué à être ingénieur-conseil. Auprès de la cour d’appel de Montpellier, j’interviendrai sur tous les sujets relatifs au grand et au petit cycle de l’eau. On observe une judiciarisation plus forte sur les projets d’aménagement urbain, de pollution, d’atteinte à l’environnement. Les procédures deviennent très techniques.  

Tu es une ancienne élue montpelliéraine. Quel regard portes-tu sur la campagne des municipales ?  

Le contexte joue pour le maire sortant. Ce sera très compliqué de déstabiliser Delafosse. Même s’ils sont nombreux à s’y atteler ! Mais je ne pense pas que tous les candidats déclarés aillent au bout. À gauche, on voit des scènes ahurissantes de désamour, au sein des écologistes. Les électeurs en ont assez de ces guerres intestines. Cette pratique à l’ancienne de la politique est désolante. Elle ne fait pas sortir des personnalités remarquables.  
Delafosse a pour lui une forme de cohérence. Il a déroulé pendant six ans son programme. Ce qu’il a dit vouloir faire, il l’a fait. C’est une de ses forces dans la campagne. Reste la situation financière de la Ville et de la Métropole, qui est préoccupante. Les vannes ont été ouvertes pendant ce mandat. Le prochain sera nécessairement plus sage.  

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