Manon Pagnucco, PimpUp 

16 février 2026
Manon Pagnucco - Les indiscretions

Touchée, mais pas coulée

Touchée, mais pas coulée. Placée en redressement, la foodtech PimpUp, qui propose à prix cassés des ‘produits moches’ – fruits biscornus, légumes trop gros, boissons au packaging abîmé… – dans le sud de la France, réduit la voilure, passant de 16 à 6 salariés. Mais la cofondatrice, l’ingénieure Manon Pagnucco, affiche sa combativité aux Indiscrétions, alors que PimpUp fête ses 5 ans. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  

Manon, à quoi attribues-tu les difficultés rencontrées par PimpUp ? 

À un développement trop rapide, un marché en berne. La voilure a été réduite, les effectifs passant de 16 à 6 salariés, pour nous concentrer sur le seul aspect opérationnel, à savoir la livraison des 1.500 foyers abonnés à notre service.   
Nous avons voulu nous développer très rapidement, avec des ouvertures simultanées à Bordeaux et à Lyon, des dépenses de développement et de marketing et de nouvelles fonctionnalités. Nous nous sommes retrouvées avec des coûts très élevés. Et, en face, le marché s’est contracté. Les clientèles sont moins tournées vers les solutions à impact alternatif, ce qui a retardé la rentabilité. La recherche de financements complémentaires n’a pas pu être sécurisée dans les délais, et la trésorerie est venue à manquer.  

Quelles sont les prochaines étapes devant toi ?

Trouver un repreneur, à moins que le tribunal de commerce de Montpellier ne valide dans les prochains mois une poursuite de l’activité avec un plan de remboursement des créanciers. J’entends bien, avec Anaïs, faire perdurer tout ce que l’on a mis en place depuis 5 ans ! PimpUp se rapproche désormais de l’équilibre. On ne perd plus que 5.000 à 10.000 euros par mois, un trou qui peut être vite comblé par quelques centaines d’abonnements supplémentaires.  
Parmi les actions mises en place en 2026, des ajouts de frais de livraison pour les achats d’un montant inférieur à 20 euros, le développement de la gamme de produits disponibles (150 actuellement) ou encore le lancement possible d’un système d’abonnement offrant des prix intéressants en échange d’un engagement du client sur le long terme.  

Ta startup, cofondée avec Anaïs Lacombe, est-elle un cas isolé dans la foodtech ?  

Pas vraiment. Dans l’antigaspillage alimentaire, les startups sont en phase de restructuration. En juillet 2025, avant d’être placé en redressement, PimpUp et Willy anti-gaspi ont formulé une offre de reprise partielle des actifs de Bene Bono (reprise finalement conclue par Quitoque). 
PimpUp est accompagnée par le BIC de Montpellier Méditerranée Métropole et Denis Fayolle (ex-La Fourchette). L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de près d’un million d’euros l’an dernier.   

Sur le même sujet : « Anti-gaspi : PimpUp lève 1,7 M€ pour devenir l’e-supermarché des produits moches », Les Indiscrétions du 18 novembre 2024, ça croustille ici  

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