
Dans un ancien studio de salle de sport dans le quartier des Beaux-Arts, trois frères et leur père investissent dans leur rêve d’un lieu à la croisée des cultures urbaines, de la gastronomie et du skateboard. « L’idée, c’est de rassembler les fans de sport de glisse », confie Clément Turette (29 ans) aux Indiscrétions, qui avec son frère Lilian (27 ans) porte le projet Mogué Skate House. Ces deux-là ont la gestion du projet, le troisième frère et le père investissent dans cette aventure familiale.
« On est à deux doigts d’ouvrir, lâche Clément Turette, l’aîné. Mais il reste deux contraintes majeures. Les banques sont frileuses. Pour rassurer, on veut faire entrer au capital un entrepreneur qui a déjà monté plusieurs établissements, on ne sait pas encore qui », précise-t-il. Une stratégie renforcée par l’accompagnement du Factory Club, un incubateur implanté à Montpellier.
200 000 € et des murs convoités. Au cœur du projet : un ancien local de 800 m2 situé 2 rue Lakanal, anciennement occupé par Studio Lunaret. Un site « très convoité » selon Clément Turette : Marie Blachère et Intermarché ont tenté de s’y installer, systématiquement freinés par les recours des habitants du quartier. « Ils ont même fait capoter un projet de halles avec rooftop », porté par Thierry Aznar, souffle-t-il. Et d’ajouter : « On a commencé avec un apport de 70.000 €, aujourd’hui on vise près de 200.000 € avec Maison Entreprendre et Initiative France. C’est un quart de l’investissement total ».
Deux Montpelliérains d’adoption. Clément et Lilian Turette sont arrivés à Montpellier il y a 5 ans. Le premier a réalisé des études de communication et de marketing, le second a une formation dans les métiers de bouche, et a notamment été directeur de Colombus Café, à Nîmes.
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Une mini-cité de la culture skate. « Le bar et le coffee shop, c’est le cœur du business model. Sans ça, ça ne tient pas », partage Clément Turette. Problème : un arrêté préfectoral établissant des zones d’installation pour les bars avec licences 3 et 4. « Le 2 rue Lakanal est en zone rouge », déplore-t-il. Autour du Coffee shop s’articuleront quatre espaces de restauration, dans l’esprit des Halles du Lez, un atelier de création de céramique, un corner shop de marques locales (textile, vin, miel…), un tatoueur, et même un salon de yoga et pilates. « Sur l’ensemble du local, entre 20 et 30 personnes travailleront au quotidien », estiment-ils.
741.000 € de CA visé la première année. Le business plan est précis. Le pôle coffee shop et bar vise 741.000 € de chiffre d’affaires la première année. « Un petit coffee shop en ville fait 300.000 €, d’autres bars montent à 700.000€. On vise 118 transactions par jour, 6 jours sur 7, avec 7 clients par heure », détaille l’aîné. Le modèle économique repose aussi sur la location d’espaces et un partage du chiffre d’affaires avec les restaurateurs résidents : un loyer modeste + 10 % sur leur CA. Déjà, plus de 50 lettres d’intention ont été reçues, de foodtrucks : « les lettres vont de la nourriture saine au « street-food » ou de la cuisine de grand-mère », sourit-il.
Et si le site des Beaux-Arts leur échappe ? « On repensera le projet, plus petit, et on achètera un fonds de commerce ailleurs. Ce sera moins contraignant. Mais on ira au bout », promettent les deux frères.
Pour l’anecdote, Les Indiscrétions avaient déjà parlé de ces deux frères entrepreneurs en juin dernier : ils avaient été salué par la CCI Hérault et André Deljarry pour avoir été la 100.000e entreprise immatriculée du département. À (re)lire juste ici.