
Réalisée auprès de 1.502 habitants de l’Occitanie par l’institut Elabe pour Veolia, le « Baromètre 2025 de la transformation écologique » fait ressortir, à trois mois des élections municipales, une maturité des habitants sur les défis et investissements à relever. « Ce que fait ressortir ce baromètre, c’est une acceptation de certaines mesures, ainsi que des coûts afférents. Si les solutions sont jugées efficaces, elles viennent rassurer les citoyens », commente aux Indiscrétions Jean-François Rezeau, délégué régional Nouvelle-Aquitaine / Occitanie de Veolia.
Selon lui, « la sécurité et le cadre de vie restent les priorités. Ce baromètre confirme les fortes attentes des citoyens sur la thématique de l’environnement, au-delà de ce que l’on pensait ».
Le dérèglement climatique n’est plus un sujet : 90 % des habitants « sont certains qu’il est en cours », et 74 % « que l’activité humaine en est la cause principale ». Avec « une tentation du fatalisme : 13 % des sondés pensent qu’il est trop tard », souligne Jean-François Rezeau.
62 % « se sentent exposés et vulnérables à un risque lié au dérèglement climatique ou aux pollutions ». En Occitanie, près d’un habitant sur quatre est directement exposé au risque d’inondation par débordement de cours d’eau. 65 % estiment que leur territoire est exposé et vulnérable, avec une proportion plus importante dans l’Aude (77 %) et les Pyrénées-Orientales (75 %), départements frappés par les incendies et les sécheresses.
Investissements et projections. 51 % des sondés estiment que l’action et les investissements en faveur de la transformation écologique en Occitanie « ne sont pas à hauteur des enjeux » (pollutions, dérèglement climatique, épuisement des ressources naturelles), au lieu de 61 % au niveau national. 69 % ont du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler la vie quotidienne en Occitanie après la transformation écologique (63 % à l’échelle nationale).
Leviers d’action. Les principaux leviers d’action pour encourager la transformation écologique : « Faire des économies » (69 %), « voir rapidement les résultats positifs dans ma région » (67 %), « sentir que tout le monde s’y met, qu’il y a un mouvement collectif » (66 %), « gagner en sérénité » (57 %), « gagner un peu d’argent en contrepartie » (55 %).
La santé au cœur. Sans surprise, la santé est perçue comme devant être la clé indispensable de la décision locale pour la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie. La protection de la santé doit être l’élément clé de décision pour 80 % des sondés. Suivent « la prise en compte des risques écologiques » (68 %) et le prix final pour le consommateur (62 %).
Acceptabilité de la Reut. 76 % des sondés se disent prêts à un arbitrage en faveur de la réutilisation des eaux usées traitées (dont 28 % « sans hésiter »). L’adhésion est plus élevée pour l’utilisation de la Reut dans l’agriculture (85 % se disent prêts, dont 35 % sans hésiter). Même pour l’eau potable, le niveau d’adhésion est surprenant, au regard des contraintes réglementaires en vigueur et du très faible déploiement de cette solution technologique : 70 % se disent prêts, dont 21 % sans hésiter. « On ne s’attendait pas à de tels chiffres, déclare Jean-François Rezeau. L’acceptabilité est plus forte en Occitanie par rapport à la moyenne nationale. Les habitants sont ici plus sensibilisés au manque d’eau. »
Tarification saisonnière. 64 % des sondés se disent prêts à une tarification saisonnière de l’eau (payer un peu plus cher l’eau en saison estivale, pour inciter à une consommation plus sobre et réduire les risques de pénurie) ; 67 % se disent prêts à payer l’eau un peu plus cher pour financer des infrastructures de dessalement de l’eau de mer.
« Le dessalement de l’eau de mer ne doit pas être perçu comme la toute dernière solution, comme il est parfois dit, observe Jean-François Rezeau. La première usine de dessalement d’eau de mer date d’il y a 30 ans, en Israël. En France, on se pose toujours la question aujourd’hui, alors que la technologie est éprouvée. La solution est certes énergivore, mais nous pouvons regarder par anticipation les lieux d’implantation les plus favorables. »
Innovations. Veolia déploie des solutions innovantes, comme des unités mobiles pour traiter les PFAS (proposé au Grand Narbonne, et mis en place cet été à Lunel Viel au niveau du captage des Horts). Les réseaux de chaleur sont par ailleurs des projets consensuels, « car ils garantissent une énergie locale et moins chère, avec une garantie de tarif dans le temps ».
L’écologie, après la sécurité. Selon le volet citoyen de l’Observatoire Idex/Villes de France/Ipsos 2025 publié le 10 juillet, 87% des Français considèrent la transition énergétique comme un facteur important pour leur vote aux municipales de 2026. La sécurité est citée en préoccupation prioritaire. « Ce baromètre confirme la nécessaire stratégie de décarbonation et de régénération des ressources », conclut Jean-François Rezeau. Veolia emploie 3.400 salariés en Occitanie.