Georges Ruiz, Inovie 

5 janvier 2026
Georges Ruiz

« La valeur des laboratoires de biologie médicale a diminué en trois ans »

Inovie (Montpellier), acteur du diagnostic médical dans la biologie médicale humaine et vétérinaire renforce sa capacité de diagnostic médical, vient de signer un partenariat de dix ans avec l’américain Beckman Coulter Diagnostics pour les tests de chimie clinique et d’immunodosage. Ce, dans un contexte complexe, comme l’explique Georges Ruiz, président d’Inovie. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.  

Georges, quel est selon toi le climat des affaires dans le diagnostic médical ?  

L’opération avec Beckman Coulter intervient dans un contexte sous tension dans le secteur. Les tarifs de la nomenclature des actes de biologie médicale, ont baissé d’environ 20 % en trois ans. Ajouté à la hausse des taux d’intérêt, les équilibres économiques ont été profondément modifiés. La valeur des laboratoires a considérablement diminué depuis l’après-Covid. La biologie médicale ne représente que 1 % du budget de la Sécurité sociale, mais elle est mise à contribution de manière récurrente depuis une dizaine d’années. Or, ce n’est pas nous qui allons rééquilibrer les comptes, mais plutôt les branches Retraite et les arrêts de travail. Chaque année, nous faisons plus de volume pour moins de valeur. Dans ce contexte, de nombreux laboratoires indépendants sont en difficulté, comme XLabs (Cholet), en redressement judiciaire depuis juin dernier. D’autres sociétés vont déposer le bilan. Les rentabilités ont baissé.  

Tu n’es pas sans ignorer que les biologistes ont largement ‘profité’, économiquement parlant, de la crise Covid…  

C’est vrai, mais nous ne sommes pas les seuls. Et, en 2021, nous avons payé beaucoup d’impôt sur les sociétés à l’État. L’État s’est en partie reposé sur nous pendant la crise sanitaire, et, derrière, il nous impose des baisses de tarif. Depuis 2014 (premier plan triennal), la CNAM a réalisé dans notre secteur plus de 5 Md€ d’économie.

Les difficultés rencontrées par des acteurs du secteur sont-elles de nature à susciter en 2026 des appétits de croissance externe au sein de ton groupe ?  

Non, car notre dette s’élève à 1,5 milliard d’euros, ce qui limite nos marges de manœuvreInovie a néanmoins pu conclure des croissances externes en 2024 et 2025 : Activbiolab, Océalab en 2024 et, l’an dernier, Novabio (Périgueux) et Barla (Nice). Cela va dans la sens du rapport de l’IGAS (Inspection générale des Affaires sociales, ndlr) de juillet (« Pertinence et efficience des dépenses de biologie médicale », en cliquant ici), qui insiste sur le fait que seuls des grands groupes pourront gérer les crises comme le Covid.  
Majoritairement détenu par le fonds Ardian, Inovie regroupe 700 laboratoires répartis en France, qui délivrent des tests pour environ 23 millions de patients chaque année. Nous pesons 15 % de l’activité de biologie médicale privée, et employons 7.000 salariés pour un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. 

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