Centre de tramway et PLUI-C : l’offensive de Rico

5 janvier 2026

Centre de maintenance du tramway revisité, garanties demandées à 3M dans le cadre du projet urbain d’Ode à la mer : Les Indiscrétions ont interviewé un Jean-Pierre Rico offensif, ce 18 décembre.

Jean-Pierre Rico
Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, le 18 décembre, en mairie. ©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

Des commerces et des bureaux au-dessus du futur troisième centre de maintenance du tramway de Montpellier Méditerranée Métropole : c’est la proposition formulée par Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, lors d’une interview accordée aux Indiscrétions le 18 décembre. L’idée est d’optimiser l’utilisation de l’un des derniers fonciers stratégiques conséquents dans la métropole. Pourtant idéalement situé, le long de la 3e ligne de tramway et sur la route de la mer, ce terrain de 12 hectares vogue d’échec en échec, avec les abandons successifs de projet d’immobilier commercial (porté par Frey, stoppé par Delafosse en 2020) puis du stade de football Louis-Nicollin (porté par le MHSC, arrêt en 2025 faute de financement).

Pour une mixité d’usage. Pour Jean-Pierre Rico, le projet actuel de centre de maintenance technique du tramway « ne peut pas satisfaire Pérols ». La critique n’est pas dirigée contre l’équipement en lui-même, mais contre son caractère monofonctionnel. « Nous sommes favorables à l’équipement technique, mais intégré dans un projet plus large, un lieu de vie », résume Jean-Pierre Rico. Il ébauche un centre de maintenance en rez-de-chaussée, du stationnement en superstructure – « les parkings relais sont aujourd’hui quasi inexistants sur ce secteur » -, des étages dédiés à l’accueil d’entreprises transférées depuis les zones inondables (Fenouillet, Solis), et, en partie haute, des activités de loisirs et de services.
« Utiliser un foncier aussi stratégique pour un seul usage technique n’a plus de sens aujourd’hui. Les fonciers économiques se raréfient à l’échelle métropolitaine, tandis que les besoins des entreprises sont forts », ajoute-t-il.
Dans ce contexte, « un tel équipement n’apporte pas de ressources économiques suffisantes et ne répond pas aux enjeux de transfert des entreprises situées en zones inondables, notamment au Fenouillet », explique-t-il. Il rappelle que des opérations de réparation hydraulique imposent de désartificialiser certaines zones et de relocaliser des activités existantes.
Jean-Pierre Rico évoque notamment la possibilité d’implanter des commerces, de la restauration et même un casino de jeux. Pérols dispose du label de station touristique, qui autorise juridiquement le dépôt d’un tel dossier, même si aucune demande officielle n’a encore été formulée. « Tout le monde attend. Ce sont des pistes, des idées, mais elles méritent d’être étudiées », précise-t-il, indiquant que ces propositions ont été transmises pour étude à la Métropole, TaM et Altémed.

Jean-Pierre Rico interroge également la cohérence financière du projet métropolitain. « L’ancien projet de centre de maintenance à Grammont était estimé à 100 M€. Aujourd’hui, on parle de 200 M€ pour un simple objet technique, avec une rentabilité économique nulle. La question mérite d’être posée », avance-t-il.

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Le territoire de Pérols illustre à lui seul cette tension foncière. Sur 9 km2, cette commune compte environ 300 hectares d’étangs, 300 hectares de zones humides protégées par la loi Littoral, des classements environnementaux et des zones inondables. Les 300 hectares restants accueillent une ville de près de 9.700 habitants, mais aussi plus de 2.000 acteurs économiques générant environ 7.000 emplois, soit davantage d’emplois que d’actifs résidents. « Nous sommes un petit territoire, contraint, mais très productif économiquement », souligne Jean-Pierre Rico.

Autre revendication portée par l’édile : une garantie d’équipements publics dans le secteur Ode à la mer, dans le cadre du PLUi-Climat de la métropole. « Des compromis ont été trouvés sur la répartition des logements, leurs typologies et la physionomie du futur quartier. Le programme prévoit à terme environ 8.000 logements, soit près de 16.000 habitants supplémentaires. Ce seul quartier deviendrait la troisième commune de la Métropole ! », alerte le maire de Pérols. Il réclame des engagements. « Nous avons demandé des crèches, des écoles, des équipements sociaux, culturels, éducatifs et sportifs. Aujourd’hui, nous attendons une réponse précise : qui finance, qui réalise, quel type d’équipements publics ? Accueillir 16.000 habitants avec des équipements sous-dimensionnés n’est pas acceptable. Nous ne voulons pas de logements sans écoles, sans équipements sportifs, sans services publics adaptés. Nous demandons des garanties écrites. Sinon, la commune se réserve la possibilité de demander une baisse des hauteurs des immeubles prévus dans le secteur », lance-t-il.

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