Prouhèze-Paradis : ce transporteur routier qui perce depuis la Lozère

12 janvier 2026
Prouhèze-Paradis
©DR

Entreprendre en milieu rural, avantages et inconvénients. En Lozère, le transporteur routier de marchandises Prouhèze-Paradis (Malbouzon) a conclu récemment de belles acquisitions : Transports Jassin, détenteur du marché des eaux de Quézac, en 2021, et l’aveyronnais Transports Bras en 2023. Du fait d’un tissu économique peu développé, Prouhèze-Paradis doit toucher à tous les secteurs, des coopératives agricoles locales au transport de bois (planches, palettes, granulés…) en passant par Citeo, la minoterie de la Colagne (farines bio) et Arcelor Mittal, qui compte une usine à Saint-Chély-d’Apcher, spécialisée dans la production d’acier électrique. Ce qui représente aussi un avantage. « En 2025, notre 4e plus gros client a été liquidé. Nous avons pu récupérer du volume sur d’autres activités, et réussir à avoir un chiffre d’affaires en progression par rapport à 2024 », compare cet ingénieur informaticien de formation. Mais « la conquête de nouveaux clients est plus difficile. Il n’y a pas de nouvelles entreprises tous les jours en Lozère ! Ce qui nous pousse à être très exigeant avec nous-mêmes pour répondre aux clients actuels ».

Le dirigeant fustige les impacts excessifs de la loi ZAN (Zéro artificialisation nette). « Depuis 6 ans, je souhaite agrandir mes locaux avec un nouvel entrepôt afin de proposer des services de logistique plus réactifs. Malheureusement, le foncier n’est pas disponible et la loi ZAN fige les acteurs économiques. Avec cette loi, soit on réhabilite les friches, soit on ne fait rien. Or, il n’y a aucune friche ici donc je vois mes perspectives coupées. On sanctuarise les milieux ruraux pour préserver la nature, et c’est tant mieux. Mais sans souplesse dans le dispositif, on tétanise tout un territoire. Il faudrait laisser davantage de latitude aux préfets pour garantir la cohésion territoriale et la bonne intégration des campagnes à la croissance économique nationale. »

Autre écueil : le recrutement. « Soit le candidat est déjà installé sur place (mais cela limite le potentiel des recherches), soit le candidat vient de l’extérieur avec sa famille. Quand le conjoint ne trouve pas d’emploi et quand il y a des difficultés à se loger, on jette l’éponge. En Lozère, il est difficile de trouver deux postes et un logement pour finaliser l’installation en famille. » 

Au rang des atouts : une grande proximité avec les instances politiques et institutionnelles – comme cet échange obtenu avec le préfet en 48h pour permettre aux camions de Prouhèze-Paradis de passer à travers les blocages des agriculteurs – et les autres chefs d’entreprises. Au sein de la délégation du Medef Occitanie, la Lozère est en effet parmi les départements d’Occitanie les mieux représentés à la REF Paris, fin août (en taux de présence par rapport au nombre d’adhérents).  

Prouhèze-Paradis, qui exploite un parc de 85 véhicules, s’engage dans la transition écologique. « On utilise des biocarburants. Cela va dans le bon sens de la décarbonation, même si peu de clients sont prêts à le payer. J’envisage un achat de véhicules électriques. Dans cette optique, nous avons installé une centrale photovoltaïque de 300 kW en toiture, sur notre bâtiment en bord d’autoroute, à Campagnac. L’idée est d’être autonome en énergie, et de maîtriser les coûts sur 20 ans », glisse David Prieur.  

Prouhèze-Paradis emploie 110 salariés pour un CA de 10 M€.  

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