Le port de commerce de Sète, propriété de la Région Occitanie, atteint en 2025 un trafic de 5,9 MT. « Le seuil des 6 MT devrait être franchi en 2026 », indique Olivier Carmès, directeur général de Port de Sète – Sud de France, le 15 janvier lors de la cérémonie des vœux à la communauté portuaire.
Côté passagers, le cap des 300.000 passagers ferries est dépassé, « grâce à la présence de 4 compagnies : GNV, Corsica Linea, Corsica Ferries et Algérie Ferries ». L’objectif à l’horizon 2030 est d’atteindre 7 MT.

Trafics en progression : ferry, croisière (35.000 passagers, pour 60 escales, avec un objectif de 60.000 passagers et 100 escales par an à l’horizon 2030), remorques (133.000 remorques opérées par DFDS avec la Turquie, avec 6 escales hebdomadaires), fruits et légumes (partenaire MSC depuis mars 2025, offrant une connexion directe avec leurs hubs de Valence et de Las Palmas ; le 8 décembre dernier, un navire saisonnier chargé de litchis – 8.500 tonnes – a été accueilli, pour approvisionner la France et l’Europe pour les fêtes de fin d’année ; 1,6 M€ ont été investis dans l’alimentation de 252 prises Reefer, afin de brancher les conteneurs frigorifiques de la ligne MSC), clinker (370.000 tonnes en 2025, soit une progression de 40 %), éolien (25 navires, pour 800 colis).
Saipol : 28 M€ d’investissement. L’industriel Saipol, qui importe des graines, opère la trituration et exporte des tourteaux, huiles et diester, emploie 110 salariés à Sète. Le biocarburant exporté chaque mois contribue notamment à alimenter la centrale électrique de l’île de la Réunion jusqu’à 40 % en électricité verte. Un programme d’investissement de 28 M€ est programmé. Les travaux en cours devraient permettre une progression de 30 % des trafics à l’horizon 2028.
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Véhicules neufs en retrait. L’importation de véhicules neufs enregistre une baisse de 10 %, « dans un contexte de concurrence accrue et de marché en crise ». Avec l’arrivée du nouvel opérateur CGA, en complément de l’acteur CAT, des perspectives de croissance d’environ 50.000 véhicules sont envisagées. La mise en exploitation de la Zifmar à partir de 2026 (7 M€ d’investissements privés) s’inscrit dans cette dynamique.
Autres secteurs en baisse : les produits pétroliers (- 10 %), en raison d’importants travaux d’entretien des cuves de stockage BP menés depuis trois ans, et le bétail, qui subit l’arrêt total des exportations de têtes de bétail vers l’Algérie, depuis septembre 2023. La SEPAB tente de diversifier ses destinations, en renforçant notamment ses connexions vers le Maroc et, plus récemment, vers la Tunisie. Mais le trafic demeure « bien inférieur aux années de pleine activité, avec 30.000 têtes enregistrées en 2025, contre une moyenne annuelle de 100.000 ».
Plan stratégique : devenir le 7e port français. Sur la période 2026-2030, 250 M€ d’investissements sont planifiés : 100 M€ pour la Région Occitanie, 50 M€ pour Port Sud de France et 100 M€ privé. L’objectif est de devenir le 7e port français, avec 7 MT de marchandises par an.
Le nouveau quai I1 doit être livré en 2029, et le premier casier Zifmar II en 2030. Il sera dédié à la logistique de la transition énergétique, notamment pour l’éolien offshore.
Le report modal (autoroutes ferroviaires, canal du Rhône à Sète) figure également parmi les objectifs, pour peser entre 10 % et 20 % des trafics, soit une économie de 70.000 camions par an sur la route. Le port de Sète ambitionne aussi de devenir un acteur de la réindustrialisation et de l’économie verte : production de biocarburant (Saipol) et production de matériaux de construction (ciment), en s’appuyant sur la multimodalité des transports.