
La mare aux municipales

L’œil des Indiscrétions
Chaque semaine jusqu’au 1er tour, la rédaction livre un billet éditorial relatif aux municipales en Occitanie. En se livrant au jeu du pronostic. Lequel ne doit bien sûr pas être confondu avec une quelconque préférence. On fera les comptes le 23 mars !
Montpellier : vent portant pour Delafosse
Tout n’est pas parfait dans le premier mandat du maire sortant de Montpellier : un taux d’endettement qui a explosé pour financer la vague de travaux, les projets inaboutis d’enceintes sportives pour le MHB (hand) et le MHSC (foot), des relations avec le chef de l’Etat qui se sont distendues depuis la réforme des retraites de 2023 (Delafosse s’étant opposé frontalement à cette réforme phare de Macron), un échec, fin 2023, dans la course au statut de Capitale européenne de la Culture 2028, une gratuité des transports collectifs égratignée par la Cour des Comptes…
Néanmoins, Michaël Delafosse part avec un bilan solide : un réseau cyclable qui plaît aux Montpelliérains (moins aux automobilistes des communes périphériques), relations apaisées avec la Région Occitanie, le Département de l’Hérault et les intercommunalités voisines, un discours constant sur la laïcité et la lutte contre le narcotrafic… En fils spirituel de Georges Frêche, il a mis la pression aux entreprises de TP pour arrêter les travaux à 3 mois de l’élection, et offrir à la population une salve d’inaugurations : tunnel cyclable de la Comédie, 5e ligne, extension de la ligne 1 vers la gare Sud de France, ligne 1 du bus à haut niveau de services…
Le maire quadragénaire, prof et parent de deux jeunes adolescents, est partout, tout le temps. Il n’hésite pas à se mettre en scène dans des vidéos pédagogiques qui touchent le public jeune.
Face à lui, les opposants sont divisés : les députés Jean-Louis Roumégas (EELV) et Nathalie Oziol (LFI) à sa gauche et, à sa ‘droite sans étiquette’, les ‘revenants’ Mohed Altrad et Philippe Saurel, et la notaire Isabelle Perrein, première à être partie en campagne, voici deux ans. Autant de divisions qui devraient bénéficier au maire sortant. Même si les deux derniers scrutins ont été marqués par deux surprises : l’outsider Saurel vainqueur face au favori des sondages Jean-Pierre Moure (2014), l’outsider Delafosse vainqueur face au favori des sondages Philippe Saurel (2020).
> Pronostic de la rédaction : victoire de Delafosse au 2e tour
> Semaine prochaine : Nîmes
Gauche unie à Nîmes, divisée à Perpignan
« Je suis très mécontente quand la gauche ne s’entend pas », lance Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, le 23 janvier devant la presse, à Montpellier. La situation à Perpignan l’exaspère : « Comment un citoyen peut-il s’y retrouver face à une profusion de candidatures désordonnées ? Les préoccupations des Français, c’est la fin du mois, le rendez-vous médical, une perspective d’avenir. Dans ce contexte, la gauche doit amener un projet structuré et solide. Sinon, il ne faut pas s’attendre à ce que les gens votent pour nous. Ce qui a été fait à Nîmes – une union réussie autour de Vincent Bouget, qui place ce dernier en bonne position pour espérer l’emporter en mars, ndlr – n’a pas été fait à Perpignan. »
« Être maire, c’est agir sur tous les sujets » : Delafosse revendique son omniprésence

Dès l’ouverture de son premier meeting de campagne au Rockstore, Michaël Delafosse pose le cadre : « Être maire, c’est agir sur tous les sujets ». Sécurité, culture, mobilités, logement, écologie, solidarité : le maire sortant assume une vision transversale du mandat. Pour lui, le Rockstore est « l’exemple que la politique sert à changer les choses » : racheté par la Ville il y a plus de 15 ans, la salle de concert risquait de devenir un supermarché.
Sécurité et fractures sociales. Évoquant son combat contre les épiceries de nuit, l’attentat de la synagogue de La Grande-Motte, l’assassinat d’Aboubakar Cissé ou encore Samuel Paty, Michaël Delafosse ancre son discours dans des drames récents. « Quand vous êtes maire, vous sentez les tensions », affirme-t-il, rappelant qu’une école vient d’être nommé « Samuel-Paty » et un parvis « Dominique-Bernard » à Port-Marianne, en hommage aux deux professeurs assassinés par des islamistes radicalisés.
Écologie du quotidien : trottoirs, tramways et vélos comme projet politique
« L’écologie est le défi du 21e siècle, martèle le candidat. Je souhaite également lancer un grand plan trottoir. Montpellier est une référence du vélo, nous sommes devenus référence en matière de tramway, c’est l’heure de la marche ». Et d’ajouter « Montpellier s’est transformée, et nous voulons continuer à la transformer ».
J’en apprends plus ici
Solidarité et vieillissement. Le candidat, soutenu par neuf groupes politiques de gauche, souhaite replacer des concierges dans le centre-ville « afin de lutter contre la solitude des anciens ».
« La ligne 5, c’est bien, mais je pense déjà aux prochaines lignes de bustram ». Michaël Delafosse souhaite également que la ligne 1 de bus tram, reliant Place de l’Europe à Sablassou « fasse des petits », avec 5 nouvelles lignes de bus électriques pour « mailler le territoire ».
1.000 logements supplémentaires pour les étudiants. « Je poursuivrai mes actions pour l’encadrement des loyers, et la régulation des Airbnb. Le respect de la loi SRU, le déploiement du BRS sont aussi au programme. J’exclus également toute construction sur les zones sanctuarisées comme les coteaux, nous irons plutôt dans la Zac de l’Union ou à la Cité Créative. »
30.000 emplois ! Michaël Delafosse, comme Mohed Altrad une semaine avant lui, donne le ton sur l’emploi et l’attractivité économique : « Je veux créer 30.000 emplois d’ici la fin du prochain mandat. Le développement économique sera un axe majeur. »
Mohed Altrad confond Lattes et Montpellier
Petit couac de communication sur l’un de ses posts publiés ce 20 janvier, avec une image (encore visible ici) de la ville de Lattes plutôt que de Montpellier, pour aborder l’aspect logement de son programme. Du côté des vœux de la CPME 34, Les Indiscrétions apprennent également que Mohed Altrad a refusé de prendre part au débat organisé le 4 février, au Mas de Saporta, à Lattes.
Un ancien maire de Montferrier-sur-Lez (34) apporte son soutien à un nouveau candidat
Michel Fraysse, maire (UMP-LR) de Montferrier-sur-Lez de 1995 à 2020 soutient Steve Chrétien, candidat à la mairie pour les élections municipales à venir, apprennent Les Indiscrétions. Ancien élu de la majorité, il siège dans le groupe des élus indépendants depuis qu’il a voté contre le budget de l’année dernière.Pour rappel, Brigitte Devoisselle, maire sortante, ne se représente pas.
Juvignac (34) : Savy repart pour un 3e et dernier
Le maire de Juvignac (14.000 habitants), candidat à un « 3e et dernier mandat », diffuse un bilan de mandat à sa population. Commune stratégique au nord de Montpellier, concernée par le projet de contournement ouest de Montpellier (Vinci Autoroutes), l’élu met en avant une gestion au cordeau : « Aucune hausse du taux d’imposition communal depuis 2016, malgré l’inflation, la crise sanitaire, la crise énergétique et la baisse des dotations de l’État ; L’épargne nette est redevenue positive ; La dette par habitant a diminué de 20 % ; Le budget de la ville présente un taux d’exécution de 95 %. » Juvignac s’est doté d’un collège, inauguré par la Département en septembre 2025. Au Labournas, un terrain d’un hectare à vocation économique a été acquis. Par ailleurs, « un observatoire de l’immobilier commercial a été créé, pour préserver la diversité commerciale », peut-on lire dans le document, transmis aux Indiscrétions le 25 janvier.