Municipales 2026

16 février 2026
picto municipales - Les indiscretions

La mare aux municipales

Loeil de HV - Les indiscretions

L’œil des Indiscrétions

Chaque semaine jusqu’au 1er tour, la rédaction livre un billet éditorial relatif aux municipales en Occitanie. En se livrant au jeu du pronostic. Lequel ne doit bien sûr pas être confondu avec une quelconque préférence. On fera les comptes le 23 mars !

Perpignan : Aliot favori malgré ses déboires judiciaires

On se demanderait presque pourquoi ses opposants y vont. Le maire sortant RN Louis Aliot, 56 ans, qui a ravi la cité catalane aux LR en 2020, est crédité de… plus de 40 % des intentions de vote au premier tour, le 15 mars prochain, rapporte un sondage L’Indépendant / IFOP en décembre. « Louis Aliot apparaît comme le favori de l’élection de mars 2026 », indique l’institut de sondage. Il progresserait même de près de 10 points par rapport à son score du 1er tour en 2020, alors que la gauche, au grand regret de Carole Delga (Région Occitanie), part divisée entre, d’une part, Agnès Langevine (PS-Place Publique) et, d’autre part, Mathias Blanc (PCF – une partie locale du PS).
Le natif de Toulouse « a su se construire capital sympathie à Perpignan. Y compris auprès de gens qui ne votent pas RN au niveau national. D’où ses intentions de vote très élevées, alors qu’au fond, le bilan de son premier mandat est mitigé », relate une source locale.
Louis Aliot profite par ailleurs d’oppositions divisées, et donc affaiblies. Curieusement, le fait qu’il soit sous la forte menace d’une inéligibilité en cas de nouvelle condamnation pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants européens du FN, ne semble avoir aucun impact local sur les intentions de vote. En première instance, il avait été condamné à 18 mois de prison (dont 6 mois fermes) et 3 ans d’inéligibilité.
Reste qu’en cas de réélection, le vice-président du RN, qui avait croisé le fer avec Jordan Bardella pour la présidence du parti à la flamme, pourrait n’être maire que quelques mois. « S’il gagne, il sera en CDD de six mois », ironise Agnès Langevine, tête de liste PS. Même si la cour d’appel pourrait, dans sa décision, ne pas le déclarer inéligible pour le laisser finir son mandat. « S’il est élu, puis condamné par la cour d’appel de Paris à une peine d’inéligibilité, il devra démissionner mais continuera à tirer les ficelles, en mettant en place un fidèle », décrypte une source proche.
Côté bilan économique, le fait que le maire de la ville-centre et que le président de Perpignan Méditerranée (Robert Vila, LR) ne soit pas du même bord est un obstacle. Mais le territoire vient d’enregistrer deux (très) bonnes nouvelles : l’extension du chantier Catana à Canet-en-Roussillon (Les Indiscrétions du 1er septembre 2025, à croquer ici) et le projet d’implantation d’un village-vacances du Club Med au Barcarès (Les Indiscrétions du 1er décembre 2025, à lire là). Car on ne va pas se mentir : en dehors de toute considération politique, les Pyrénées-Orientales, c’est le plus beau coin de l’Occitanie.
> Pronostic de la rédaction : réélection de Louis Aliot… mais pas pour longtemps 
> La semaine prochaine : Narbonne et Carcassonne


Nîmes : fébrilité dans le camp Proust

La liste de gauche « Nîmes en commun », emmenée par le communiste Vincent Bouget, semble bien placée pour remporter l’élection municipale de Nîmes, administrée depuis 25 ans par Jean-Paul Fournier (LR), qui ne se représente pas. Selon le sondage ObjectifGard/Opinion Way, publié ce 12 février, le candidat de l’union de la gauche (hors LFI) pointe ainsi en tête au premier tour, avec 32 %. Derrière lui, Julien Sanchez (RN) est crédité de 23 %, d’une courte tête devant Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole et premier adjoint au maire, à 21 %. Au pied du podium, on retrouve Julien Plantier (centre-droit, allié à la macroniste Valérie Rouverand), qui pourrait lui aussi prétendre à un second tour, avec 14 %. La liste de La France Insoumise menée par Pascal Dupretz (7 %) et la liste citoyenne de Jean-Marc Philibert (3 %) ferment la marche. 
Pour le second tour, le sondage étudie l’hypothèse d’une triangulaire avec Vincent Bouget, Franck Proust et Julien Sanchez. Le candidat de la gauche remporterait alors les élections avec 44 %, fort d’un important report des voix… des électeurs de Julien Plantier, pourtant issu de la droite. Franck Proust arrive deuxième avec 29 %, Julien Sanchez troisième à 27 %. 

Une fébrilité s’empare de la droite, sentant poindre le vent de la défaite dans la 3e ville d’Occitanie. « Une ville communiste / LFI (LFI ne faisant pas partie de la liste de Bouget, ndlr) c’est la fin de tous les investissements publics comme privés, la mise en régie de tous les services et équipements, l’explosion du nombre de fonctionnaires et des charges de fonctionnement de la ville, le désarmement de la police municipale et la primeur aux délinquants, le wokisme et l’écriture inclusive pour tous, l’effondrement du marché immobilier et de l’économie », poste sur Facebook la direction de campagne de Franck Proust, en mettant en image le résultat du sondage, pour tenter de créer un électrochoc auprès des Nîmois.

Clochemerle à Lunel (34)

Ce lundi 16 février, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, réunit la commission électorale, avec comme unique ordre du jour… Stéphane Muscat, candidat aux municipales. Sur la base de deux mystérieux courriers, Stéphane Muscat serait soupçonné de ne pas être domicilié à Lunel. Réponse de Muscat à Gougeon : la tenue, ce lundi après-midi, d’une conférence de presse… dans son appartement lunellois, pour bien prouver l’existence de son domicile. Et, accessoirement, pour présenter quelque 120 mesures pour Lunel, en cas d’élection en mars. « Il y a empêchement patent de la vie démocratique de la part de Paulette Gougeon et de son entourage, glisse un proche de Stéphane Muscat aux IndiscrétionsIls s’affranchissent du cadre juridique et légal. Comme ils l’ont déjà fait, fin 2025, dans le dossier du déménagement de la gendarmerie au profit de GGL, dans des conditions contractuelles qui font supporter tous les risques à la mairie, ce qui avait provoqué les démissions des adjoints à l’urbanisme et aux finances. » 
Dans une campagne bagarrée, Stéphane Muscat affiche une « détermination très forte de Muscat. Des signalements ont été faits à la préfète de l’Hérault », poursuit cette source.

Sète : la CPME l’a mauvaise

Le maire de Sète, Hervé Marquès, n’a pas pris part au débat organisé au Domaine du Lazaret par la CPME Hérault, avec les autres candidats à l’élection municipale, le 10 février. Motif : une soi-disante « absence d’impartialité » dans un débat qui aurait été « organisé par des proches de Pascal Pintre ». En ligne de mire, notamment, l’animateur du débat, qui a réalisé des prestations pour Blue Invest lorsque Pascal Pintre était le directeur général de cette agence d’attractivité. La CPME Hérault récuse « toute remise en cause de son impartialité. Cette table ronde a été organisée dans un strict esprit de neutralité, d’équité et de respect du pluralisme démocratique. L’ensemble des candidats déclarés a été invité selon les mêmes modalités, avec les mêmes informations et dans les mêmes délais ».
« Nous accuser d’absence de neutralité alors que le maire sortant était invité, qu’il ne nous a pas répondu et qu’il fait envoyer un communiqué à l’heure du débat, c’est petit », tacle Grégory Blanvillain, président de la CPME 34. Le débat a pris part avec plusieurs candidats : Laura Seguin, Sébastien Denaja, Sébastien Pacull et Pascal Pintre. Et, d’expérience, on sait que les absents ont toujours tort, même s’ils sont pour l’instant en poste.

Hind Emad lâche Delafosse

À Montpellier, Hind Emad quitte le navire du maire sortant Michaël Delafosse, annonce-t-elle dans un communiqué le 13 février. « Le moment est venu pour moi de reprendre pleinement ma liberté politique. J’ai toujours exercé mes responsabilités avec loyauté et dans un esprit de solidarité. Je crois à l’ambition, je crois à l’investissement, mais je crois aussi à la responsabilité et à la soutenabilité », déclare-t-elle. Recrutée en 2020, au début du mandat de Michaël Delafosse, elle cochait, aux yeux du maire, plusieurs cases : venant du camp communiste, entrepreneuse de la tech fondatrice de Faciligo (startup aujourd’hui liquidée), et issue de l’immigration.  
La désormais ex-vice-présidente à la Métropole de Montpellier déléguée au développement économique et numérique (mandat qu’elle aura occupé pendant six ans) « refuse d’engager les Montpelliérains dans une trajectoire que je juge économiquement dangereuse ». Et de conclure : « Les prochaines semaines permettront de préciser les modalités de cet engagement », laissant sous-entendre qu’elle pourrait apporter son soutien à une autre liste, à un mois du scrutin municipal.  
Sur le même sujet : « Gilbert Comos (FFB 34) veut remettre l’acte de bâtir dans le débat public », Les Indiscrétions du 2 février 2026, à lire ici. 

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