Croisé au détour d’un stand du Salon de l’Agriculture, le sénateur PS de l’Aude Sébastien Pla défend les intérêts de la filière viticole de son département, fortement touché par des incendies au cours de l’été dernier. « Il y a beaucoup d’attentes aujourd’hui », explique-t-il aux Indiscrétions, citant notamment les sujets de la politique agricole commune (PAC), du plan d’arrachage des vignes ou encore des exonérations de charges pour les exploitants. Selon lui, la filière a besoin d’un soutien financier massif pour accompagner sa transformation. « Il faut 4 Md€ sur 4 ans », estime-t-il. L’élu plaide notamment pour la création d’un fonds destiné à la restructuration des caves coopératives.
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Dans l’Aude, Sébastien Pla s’inquiète également des modalités actuelles du plan d’arrachage, mis en place pour réduire les surfaces viticoles face à la baisse de consommation et aux difficultés économiques. L’aide est aujourd’hui fixée à 4 k€ par hectare. Mais le sénateur déplore que le dispositif privilégie les exploitations qui arrachent la totalité de leur vignoble. « Ceux qui n’arrachent qu’une partie de leur exploitation passent après », regrette-t-il.
Le département de l’Aude est particulièrement concerné par cette politique de réduction des surfaces. « C’est le département qui a le plus arraché », rappelle le sénateur, qui appelle à une meilleure prise en compte des situations locales et à un accompagnement renforcé de la filière viticole.
Sur le même sujet : « Aude : après l’incendie d’août, la résilience se structure », Les Indiscrétions du 8 septembre 2025, à lire ici.
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Sébastien Pla : « La filière dévisse et fait face à une crise sans précédent, la faute à des aléas climatiques, de l’inflation, des coûts de production, des règles et normes écrasantes, des attaques en règles des lobbys anti-vin, la déconsommation sur le marché intérieur et une contraction des ventes à l’export. Vous avez annoncé un plan d’aide retardé par l’obstruction des députés à l’Assemblée nationale. Les caves coopératives sont au bord du précipice, le rapport du CGAER souligne la force du modèle coopératif et ses perspectives de rebond. Pour survivre, la filière doit trouver de nouvelles stratégies économiques, accélérer les processus de restructuration. C’est un fonds d’accompagnement à la restructuration dont les caves ont besoin. Nous avions voté ici-même 10 M€ lors de l’examen du budget 2025. Les caves n’en ont jamais vu la couleur. Aujourd’hui, c’est 35 M€ qu’il faut. Par ailleurs, vous connaissez mon attachement à la juste rémunération. Le secteur viticole reste dans l’angle mort. Madame la ministre, comptez-vous débloquer les fonds pour la restructuration des caves, comment envisagez-vous de rééquilibrer les rapports de force production intermédiaire-distribution pour un revenu décent, quand seront mises en œuvre des démarches de simplification administrative ? Et enfin, soyons fous, finançons la protection des cultures, plutôt que des fonds perdus en perte de récolte ».
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, en réponse : « Je vais évoquer les caves coopératives. Savez-vous que 3 agriculteurs sur 4 sont des coopérateurs ? J’étais avec la coopération agricole. C’est un chiffre considérable qui montre son utilité sociale et économique. La coopération viticole ne joue plus ce rôle tampon parce que trop fragilisée par les crises. Ça a motivé le rapport que j’ai demandé à mon inspection le CGAER. Il faut réfléchir à la restructuration du modèle coopératif viticole avant même de parler de budget. Les 10 M€ du budget 2025, vous connaissez les péripéties de son adoption. Entre temps, on a débloqué un plan d’urgence autour de 200 M€ qui ne concerne pas les coopératives, mais les prêts structurels ont été élargis aux coopératives. Avant de penser des aides structurelles, il faut penser à la restructuration du modèle coopératif et à l’organisation de la coopération viticole. Sur le tunnel de prix, c’est un des axes de travail. »