Grogne des exposants au SIA : fréquentation et panier moyen en chute  

9 mars 2026

Absence de bovins, habituelles vedettes du Salon International de l’Agriculture (SIA), appels au boycott suivis et même une violente rixe sur un stand de nougat dès le premier jour, les allées du SIA paraissaient anormalement vides cette année. Jusqu’ici positionnée dans le Hall 3 aujourd’hui en travaux, la Région Occitanie (et d’autres régions) a été repositionnée au troisième étage du Hall 7, hall le plus éloigné de l’entrée du Parc des Expositions de Porte de Versailles, à Paris. Suffisant pour provoquer de la grogne auprès de certains exposants, notamment envers Comexposium, entreprise d’événementiel organisatrice du Salon.  

Contacté par nos soins, Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA), organisateur de l’événement, révèle une baisse de fréquentation définitive à -28 % sur l’ensemble du Salon. « Le sans-bovin nous a beaucoup touché, les vacances un peu, c’était une édition différente dont on se doit de tirer beaucoup d’enseignements », indique-t-il aux Indiscrétions. Pour certains producteurs de la zone Occitanie, dans le hall 7.3, on oscille plutôt entre –40 et –60 %.  

Extraits choisis à découvrir ici  

Le Salon de l’Agriculture aux agriculteurs ? « Comexposium (organisateur du SIA, ndlr), ces gens-là font beaucoup de mal aux agriculteurs. Ils encaissent le prix des emplacements des stands et sont complètement absents du salon. Quand je vois que la zone Occitanie est replacée au troisième étage du Hall 7 (au lieu du Hall 3, fermé et en travaux, ndlr) alors que des vendeurs de bonbons Haribo sont à l’entrée et font le plein de visiteurs, j’ai du mal à comprendre. Le Salon de l’agriculture ne devrait être réservée qu’aux agriculteurs et aux producteurs, sans passe-droit comme il y en a. C’est dommage, et je sais que certains exposants se posent sérieusement la question de revenir l’année prochaine. Sauf que si les exposants ne reviennent pas, le Salon n’existe plus. Les raisons des appels au boycott ? Je les comprends, bien sûr, mais ça pénalise les exposants en premier. Nous avons payé un premier acompte pour l’emplacement à l’organisation, et vu le chiffre d’affaires dérisoire que nous faisons, il va falloir négocier pour payer la deuxième partie de l’enveloppe », souffle un viticulteur aux Indiscrétions.  

De grosses pertes d’argent. « On va avoir besoin d’un coup de pouce de notre Région ou de je ne sais qui. Nous venons à Paris pour « faire savoir notre savoir-faire », et on se retrouve à perdre beaucoup d’argent. Sur les neuf jours de salon, en comptant tout, du stand aux personnes qui m’accompagnent en passant par les matières premières et le transport, j’ai 50 k€ de frais fixes. Si à la fin du salon, je n’ai pas fait 150 k€ de CA, je perds de l’argent. Et très honnêtement, vu la fréquentation dans notre hall, si je fais 75 k€ de chiffre, ce sera déjà bien », déplore un autre exposant.  

L’organisateur pointé du doigt. « À chaud, on constate une grosse baisse de la fréquentation et du panier moyen, indique un membre du bureau d’une chambre départementale d’agriculture d’Occitanie. Plusieurs choses expliquent cela : un mauvais placement à la toute fin du salon alors que des revendeurssont dans les halls 4 ou des grosses entreprises en 5 (mieux placés, ndlr). On constate également des règles de fonctionnement différentes en fonction des régions : la sécurité est beaucoup plus sévère avec certains départements qu’avec les îles… Enfin, le Salon est toujours plus cher d’année en année. La gestion du prestataire Comexposium est très critiquée quand on en parle entre exposants. L’impression ressort qu’il s’agit plus d’une entreprise qui cherche à faire de l’argent qu’à valoriser l’agriculture ».  

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