Montpellier : l’Académie du Bâtiment et de la Cité de Demain sonde les candidats aux municipales sur la crise du logement et le développement économique

16 mars 2026
DELAFOSSE ABCD
Audition du maire sortant, le 12 février à l’Hôtel Marriott : Thierry Iacazio (FPI OM), Mathieu Massot (Procivis Immobilier), Michel Aslanian (membre liste M Delafosse), Philippe Roussel (UNAM LR), Céline Torres (Pôle Habitat FFB Occitanie et Hérault), Michaël Delafosse, Patrick Ceccotti (CCI 34 et président de la ABCD), Gilbert Comos (FFB34), Christophe Sintes (FNAIM 34) et Norbert Bachevalier (FNAIM 34). ©DR

Comment attirer les entreprises sur le territoire, soutenir la filière du bâtiment et l’emploi local, relancer la production de logements, soutenir le logement social et étudiant, aider pour les compensations environnementales… ?
À l’occasion des élections municipales, l’Académie du Bâtiment et de la Cité de Demain, réunissant l’ensemble des professionnels de l’acte de bâtir (FPI Occitanie Méditerranée, FFB 34, Unam LR, CCI 34, Pôle Habitat FFB Occitanie, Fnaim Hérault), a échangé séparément, entre le 12 février et le 6 mars, avec cinq candidats à l’élection municipale : Michaël Delafosse, Isabelle Perrein, Jean-Louis Roumégas, Philippe Saurel et Mohed Altrad. Nathalie Oziol, qualifiée pour le 2e tour, n’a pas répondu aux sollicitations réitérées de l’ABCD.
Des entretiens approfondis, d’une durée comprise entre 1h30 et 2h15, menés à la fois pour recueillir les positions des candidats, et les sensibiliser sur les enjeux-clés du logement, de l’immobilier et de la construction pour les 7 prochaines années (le prochain scrutin municipal ayant été fixé à 2033, du fait de l’élection présidentielle de 2032, ndlr).

Michaël Delafosse veut accélérer sur le développement économique. « Les 54 OAP (opérations d’aménagement et de programmation) du PLUI-Climat nous disent où nous pouvons produire du logement en réinvestissement urbain. Le foncier est identifié : La Lauze est une future zone d’activité économique ; À Baillargues, autour du pôle d’échange multimodal, sera aussi développée une zone d’activité économique ; À Euromédecine, Altémed va construire un quatrième bâtiment au Biopôle… »
Le maire sortant, en ballotage favorable, annonce la création d’un « welcome package » pour accueillir des entreprises : logement, crèches (300 places avec horaires adaptés, comme à Cambacérès avec la crèche « Lise Haute » ouverte dès 6h30), internationalisation de l’enseignement public des langues. « Nous devons devenir le territoire où la décision d’implantation est la plus rapide », s’appuyant sur l’exemple d’implantation exogène réussie de Cykero ou l’extension de France Télévisions à Vendargues.
Alors que le développement économique n’a pas été le point fort de son premier mandat, Delafosse veut cette fois accélérer, en cas de réélection dimanche : « Je suis pour l’idée d’explorer un rendez-vous annuel de l’économie. Si les entrepreneurs ne sont pas ambassadeurs du territoire, on n’attirera pas d’autres entreprises. Il faut vendre le territoire collectivement », lance-t-il.
3e proposition : le lancement d’un BRS Entreprises, avec 4.000 logements annoncés pour pallier les difficultés de logements des salariés.
Il annonce également un PTZ de 10 k€ pour l’accession à la propriété des jeunes ménages. Tout en ne cachant pas l’importance de diversifier le profil sociologique de la population. « Montpellier ne peut pas être qu’une ville d’immeubles. Je suis favorable aux maisons sur toit, à la protection du tissu pavillonnaire. J’ai besoin que les classes aisées vivent aussi dans la ville », confie-t-il aux professionnels venus l’interroger, le 12 février.
Concernant l’encadrement des loyers, mesure décriée par la FNAIM, Delafosse s’est montré à l’écoute : « Notre but n’est pas de retirer aux agents immobiliers leurs mandats (alors que la mesure tend à créer des phénomènes de contournement des agences, selon la FNAIM) », assure-t-il.
Concernant les compensations environnementales, un vrai sujet pour les projets d’infrastructures, « il y a une bagarre entre le COM (contournement ouest de Montpellier) et la ligne 5 du tramway. J’aimerais que le système lagunaire de Pérols, Carnon et Palavas-les-Flots soit une zone de compensation ».

Pour obtenir le compte-rendu détaillé et en relief des échanges, contactez-nous : sarah@agencehv.com
Agencehv a eu le plaisir d’assister aux auditions et de produire la restitution écrite pour le compte de l’ABCD. Nos références en matière de rédaction sont accessibles juste ici
.

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Pour Mohed Altrad, également qualifié pour le 2e tour : « Je ne dirigerai pas tout seul. Pour les entreprises, on parle de clients, fournisseurs, prix de revient, haut et bas de bilan… Mais on oublie l’Homme. Le Groupe Altrad est une réussite mondiale avec 70.000 salariés. Il y a toujours, chaque jour, une mauvaise nouvelle et ailleurs une bonne nouvelle dans le groupe. Il faut des échecs et des réussites pour être complet. C’est ce que j’ai vécu, à travers l’entrepreneuriat, contrairement à Michaël Delafosse. Je ne ferai rien sans consulter les professionnels.
Il n’y a pas de développement sans création de valeur. Et la création de valeur, c’est l’entreprise et ses salariés. À Montpellier, les revenus moyens sont très faibles : moins de 20.000 euros par an ! La Métropole a le pouvoir d’influencer les banques, de cautionner un prêt… mais elle ne le fait pas. Il faut arrêter la chute des entreprises. 
» Il soutient la création de « 30.000 emplois dans la métropole, la mise en place d’une structure de formation pour les chefs d’entreprises et la création d’une banque publique locale pour soutenir les entreprises ». Selon lui, « Montpellier s’est construite autour d’IBM puis de Dell. Depuis, c’est devenu une ville de services. Il faut aller chercher des grosses entreprises. Je ne suis pas satisfait que la seule implantation du mandat, ce soit Primark. Sans compter les coquilles vides telles que MedVallée ou l’Agence des transitions, qui ont coûté beaucoup d’argent sans résultats ».

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