On s’en fout

16 mars 2026

« Tu devrais sourire plus souvent. » C’est ce qu’on me dit parfois. Les arguments sont diversifiés, et d’une bienveillance à géométrie variable : cela adoucirait ton image, ça te va bien, c’est une arme de communication, tu n’es pas heureux… On ne va pas ici reproduire le poème centenaire de Raoul Follereau, placardé dans 60 % des cuisines de pavillons de banlieue avec des petites fleurs autour : « Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup, il enrichit celui qui le reçoit etc. » (rappel ici). Rédigé à 17 ans : à l’époque (1920), pour sûr, on ne faisait pas de réels sur Instagram, mais on savait manier la plume et les idées.
Comme vous aimez cette rubrique, vous me connaissez assez pour anticiper la réponse. Je souris quand je veux, à qui je veux. Ça dépend des jours, de la météo et des ondes.
En animation de débat, sur scène, je préfère les traits d’humour – ou tentatives – à un sourire figé. Au fait, sourire s’apprend-il ? Dans ce bas monde où tout s’achète, existe-t-il des formations en banane faciale ? Toujours est-il que de plus en plus de cadres, dirigeants, prestataires…, arborent une risette de façade, notamment lors de leur prise de parole. Le résultat laisse à désirer. Ça sonne faux. Suivent-ils des cours de rictus, lors d’absurdes séances d’accompagnement au développement personnel ? Si tel était le cas, voilà qui me ferait sourire.

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