Les commerces « de façade » – tacos, kebabs, barbiers, bars à ongle ou à chichas… – pour recycler l’argent de la drogue, on connaît (Les Indiscrétions du 26 mai 2025, en cliquant ici). Le phénomène s’amplifie : une offensive serait en cours en Occitanie dans le secteur du bâtiment, confie une source proche aux « Indiscrétions », confirmant les tendances décrites dans « Enquête exclusive » (M6) de janvier.

Offensive de la région Paca. « Dans le bâtiment, l’activité du secteur privé n’est plus là, confie cette source. Il y a des projets importants qui sortent certes de terre, mais il faut regarder par qui ils vont être produits ! Depuis un an, beaucoup d’entreprises de la région Paca ont débarqué sur le secteur, notamment en gros œuvre. Elles font des prix que les entreprises locales ne savent pas faire. Leur taux de masse salariale est trois fois inférieur aux PME d’ici. La question de fond, c’est : comment font-ils ? Leurs niveaux de prix sont en-dessous de nos prix de revient. Ils ne travaillent pas forcément mal, mais comment paient-ils leurs salariés, et souvent leurs sous-traitants ? »
« La question de la commande locale se pose. Les politiques sont-ils conscients de ce sujet ? Il y a moins de travail pour les entreprises, et deux tiers du travail est capté par des entreprises de l’extérieur. Une concurrence saine, d’accord, ça fait se remettre en question. Mais comment une PME basée ailleurs arrive à traiter des affaires à Nîmes, Montpellier, Béziers ? On doit être très vigilants. Derrière, il y a des méthodes mafieuses, de recyclage d’argent sale. »
Pourquoi cet attrait supposé pour le bâtiment de la part des narcotraficants ? « Le secteur du bâtiment a des effets de levier énorme. Des filières se mettent en place, avec de faux papiers donnés à des travailleurs extra-européens, qui sont prêts à accepter toutes les conditions de travail. » Pas question de laisser faire, glisse-t-il. « Aujourd’hui, ça va être la guerre. Des entreprises d’ici commencent à avoir faim. On se doit de passer à l’offensive. »
Avec pour message à l’attention des donneurs d’ordre : « Si les donneurs d’ordre publics sont pour la plupart vigilants, des donneurs d’ordre privé saisissent l’opportunité de prix anormalement bas. Pour les définir, c’est un peu : ‘Dis-moi avec qui tu travailles (main-d’œuvre régulière, ou pas, et effort pour recourir à des entreprises recrutant localement, ou pas), je te dirai qui tu es’. Veut-on des gens qui contribuent à l’économie locale, ou des gens qui viennent par pur affairisme, et qui repartent aussi vite qu’ils sont venus ? Michaël Delafosse dit vouloir créer 30.000 emplois dans la métropole sur le mandat. D’accord. Mais comment sauver l’emploi existant ? On est sur un point de bascule. Nos ouvriers sont conscients du danger de ces nouveaux types de concurrence. »