À Montpellier, la station d’épuration Maera passe au gaz vert

8 juin 2026

« Maintenant que la ligne 5 de tramway est derrière nous, oui, le chantier de la station Maera est le plus important en cours pour la Métropole », déclare Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de 3M, ce 4 juin lors d’un point presse organisé au cœur de la station d’épuration, en plein chantier de modernisation-extension (Veolia). Élus et acteurs de la filière ont inauguré la mise en service du dispositif d’injection de biométhane issu du traitement des eaux usées. Les Indiscrétions y étaient.

Visite chantier Maera 2 ©Jules Mestre
©Jules Mestre

165 M€ investis. Ce vaste chantier de modernisation de la station d’épuration Maera représente un investissement de 165 M€. Les travaux, démarrés en 2023, doivent durer 4 ans, et sont menés par un consortium mené par OTV, filiale de Veolia. Et Cyril Meunier, maire de Lattes, de rappeler : « Il y a 25 ans, cette station était sous-dimensionnée et même pas raccordée à Lattes. »  Aujourd’hui, la station permet d’alimenter Lattes, Montpellier, mais aussi Palavas-les-Flots et les communes du Pays de l’Or. À noter que l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse soutient cette opération à hauteur de 3 M€.

9.000 logements alimentés. Après épuration, le biogaz produit par la méthanisation des boues d’épuration est injecté dans le réseau de distribution de gaz depuis le premier trimestre 2026. À terme, ce gisement représentera 26 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 9.000 logements neufs, ou de l’alimentation de 124 bus.

Tripler la production d’énergie verte du territoire de 2020 à 2030. Michaël Delafosse, président de la Métropole replace ce chantier au cœur de la stratégie énergétique de la Métropole. « Nous avons inauguré la plus grande centrale géothermique de France à Cambacérès également. Je ne laisserai pas un monde à mes enfants où nous sommes dépendants des grands empires », a-t-il lancé, plaidant pour davantage de souveraineté énergétique.

Visite chantier Maera 3 ©Jules Mestre
©Jules Mestre

Faire de Maera une station à énergie positive. À l’issue des travaux, prévus en 2027, Maera doit produire deux fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme. En plus de la méthanisation des boues, la station comprend une unité de valorisation énergétique des boues qui pourrait produire jusqu’à 24 GWh par an, dont une partie alimentera le réseau de chaleur urbain, pour approvisionner 3.000 logements en eau chaude et chauffage. De plus, des panneaux photovoltaïques vont venir compléter l’installation, pour atteindre les 50 GWh d’énergie annuelle, contre 25 GWh consommés.

Un million de clients a choisi le gaz vert. « Parmi nos clients, un million a déjà souscrit à une offre intégrant du gaz vert, preuve qu’ils sont concernés par ces problématiques », souffle Frédéric Rolland, directeur territorial Hérault de GRDF. Son post Linkedin accessible en cliquant là. À ce jour, 820 sites produisent du biométhane en France. Le gaz renouvelable, selon GRDF, émet 6 fois moins de gaz à effet de serre que le gaz fossile. Un argument qui trouve un écho particulier dans un contexte de volatilité des marchés énergétiques. « Les prix du gaz ont augmenté de 40 % entre le 28 février et le 1er mars » (après le début des frappes en Iran, ndlr), rappelle Alain Gean, chef du pôle négoce d’EDF, soulignant l’enjeu de renforcer la souveraineté énergétique nationale. En France, la production de biogaz représente l’équivalent de trois réacteurs nucléaires.

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