Christophe Ruas, nouveau patron des Canalisateurs

8 juin 2026

Branche de la Fédération nationale des Travaux publics, Les Canalisateurs élisent, le 3 juin à Paris, un nouveau président, le gardois Christophe Ruas, 57 ans, à la tête, depuis 2000, de l’entreprise familiale SRC (société régionale de Canalisation, 45 salariés, 12 M€ de chiffre d’affaires), basée à Thoiras, au cœur des Cévennes. Déjà vice-président des Canalisateurs, il succède à un autre homme du Sud, l’Ardéchois Pierre Rampa, membre du Cercle Français de l’Eau.

Aux commandes de SRC depuis 26 ans, Christophe Ruas a impulsé une forte diversification dans sa PME : exploitation de carrières, spécialisation dans la manipulation de canalisations contenant de l’amiante, produits recyclés, récupération des déchets inertes des chantiers…

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En interne, l’homme est soucieux de préserver un bon climat social. Quelques exemples : une prime carburant jusqu’à juillet, de 30 à 80 euros par mois, en fonction des distances à parcourir entre le domicile et le lieu du chantier ; la fourniture de T-shirts techniques adaptés aux fortes chaleurs ; des chèques-vacances… Tous les 5 ans, un questionnaire anonyme est diffusé aux équipes, pour que chacun puisse s’exprimer librement, sur une quarantaine de points, et évalue les collègues, « y compris la direction », sourit-il. « On voit l’évolution de l’ambiance. Ce questionnaire est le meilleur des indicateurs, et je suis le roi des indicateurs ! »

Christophe Ruas reste président de la délégation gardoise de la FRTP. « C’est une fonction passionnante, que je conserve, car elle me permet de rester en contact avec les adhérents du département, d’avoir un lien direct avec les maîtres d’ouvrages, de comprendre leurs exigences », glisse celui qui a aussi été militant UMP dans le passé – mais jamais élu, « il a eu plus de réussite au syndicat qu’en politique ! », s’amuse un proche.

Christophe Ruas veut engager « la réduction de l’impact carbone des chantiers, par exemple par la réhabilitation des réseaux sans creuser de tranchées, et l’acceptabilité des travaux par les riverains », indique-t-il. Avec une conviction : « Quand on explique aux riverains les raisons du chantier, ils savent se montrer indulgents. »
Les Canalisateurs lancent une étude pour l’utilisation d’exosquelettes sur les chantiers. Un appel d’offres est en cours de lancement pour choisir un délégataire, qui devra mettre au point un exosquelette adapté aux spécificités du métier de poseur – un métier multi-tâches. La démarche vise à « protéger la santé de nos poseurs, et non pas à accroître leur rendement », précise celui qui reste président de la commission Prévention aux Canalisateurs.

Le syndicat va aussi présenter aux nouveaux élus locaux et intercommunaux, dans le cadre d’un Tour de France des régions, une étude détaillant le coût de l’inaction, « pour que les collectivités comprennent qu’un investissement dans la réhabilitation des réseaux rapporte au final. Tarder, c’est alourdir le montant de la facture. Aujourd’hui, il manque environ 4 milliards d’euros d’investissement par an dans le renouvellement des réseaux ». L’expert rappelle que « chaque année, 20 % du volume d’eau pompé et traité est perdu », le long d’un million de km de linéaire d’eau potable et de près de 400.000 km de réseaux d’assainissement, d’après Sispea. Si les canalisations – enterrées – ne sont pas visibles, le métier de la pose et de l’entretien « est au centre des défis de notre époque : préservation des ressources, adaptation au changement climatique, modernisation des réseaux, interconnexions à développer entre territoires pour sécuriser l’accès à l’eau et à l’énergie », martèle-t-il. La filière recrute massivement, « entre 2.000 et 4.000 personnes chaque année », sur tous les postes, « du poseur au chef de chantier ». Sachant que le poseur de canalisations « qui focalise toute notre attention. C’est le cœur de notre activité. Le métier est technique : calculs de pente, branchements, raccordements… Tout cela en extérieur, avec une exposition aux aléas climatiques, et en étant en mouvement permanent dans les tranchées. Nous faisons en sorte que les poseurs partent à la retraite en bonne santé », insiste-t-il.

Le syndicat va enfin, dans les prochaines semaines, proposer aux collectivités et aux syndicats mixtes un outil de suivi du rendement de leur réseau. Ce dernier, baptisé « MonSuiviEau », mettra en évidence « ce qu’a permis l’investissement, en termes de rendement de réseau. Les entités publiques disposent d’énormément de données, mais il faut les rendre lisibles », insiste Christophe Ruas.
Les Canalisateurs, 2e syndicat de spécialité de la FNTP, fédèrent 340 entreprises de toutes tailles. Le secteur pèse en France 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 35.000 salariés.

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