Région Occitanie : un plan de 570 M€ dans la décarbonation

8 juin 2026
photo eoliennes en mer - Les indiscretions
©DR

« L’indépendance énergétique et alimentaire se pose avec d’autant plus de force, vu l’évolution de la situation géopolitique internationale, déclare Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Par ailleurs, le réchauffement climatique s’accélère. Il faut adapter notre modèle de développement. »
Ce 4 juin en assemblée plénière à Pérols (34), les élus de la Région Occitanie votent une stratégie de décarbonation de 570 M€ (« Occitanie Résiliente ») d’ici à 2030. Avec le recours au nucléaire : « Le mix énergétique est indispensable, mais on doit continuer à développer les EnR », développe l’élue.
Au programme : rénovation énergétique des logements pour réduire la facture des ménages, développement des énergies renouvelables, transports du quotidien, accompagnement des entreprises et des collectivités pour consommer « moins et mieux » … Par exemple, la Région Occitanie vise l’accompagnement de la rénovation de 100 copropriétés par an, soit 500 d’ici à 2030 (budget de 3 M€). 230 M€ seront mobilisés par ailleurs dans l’amélioration de la capacité thermique des lycées. Côté rénovation de logements sociaux, 70 M€ sont fléchés pour la rénovation de 50.000 logements d’ici à 2034. Ces travaux permettent une économie moyenne de 300 à 600 €/an pour un foyer avec deux enfants. Un écochèque de 1.600 euros est prévu, à partir de cet été et sous conditions de recherche, pour aider des ménages à acheter une voiture électrique d’occasion. Pour les trains du quotidien, face à une augmentation de la fréquentation (+ 68 % entre 2018 et 2024), et pour atteindre l’objectif des 100.000 voyageurs par jour dès 2028, la Région a commandé 18 nouvelles rames de train à deux niveaux, pour un montant de 218 M€ sur la période 2026-2030. Cette commande, dont le début de la livraison est prévu à partir de septembre, permettra d’offrir 9.000 places de train supplémentaires.

Formation. Pour orienter vers les métiers verts, la Région ambitionne de former 15.000 demandeurs d’emploi aux métiers de la transition énergétique d’ici à 2030. « Avec, aussi, une formation des formateurs, en partenariat avec l’Université de Toulouse. Tous les secteurs doivent se transformer », souligne Jalil Benabdillah, vice-président.

Dépendance aux énergies fossiles, malgré tout. En Occitanie, chaque année, environ 18 TWh d’EnR et 17 TWh d’électricité nucléaire sont produits, pour une consommation de 32,3 TWh d’électricité. Mais la consommation totale d’énergie (avec pétrole et gaz) s’élève à plus de 110 TWh : la sortie de la dépendance aux énergies fossiles reste donc un défi.

Dispositif de l’État. En complément, la Dreets Occitanie diffuse son édition 2026 « Territoires d’industrie en transition écologique » (TITE), levier pour financer les investissements industriels en lien avec la transition écologique. Plus d’infos en cliquant ici

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La Région poursuit par ailleurs son soutien à l’éolien flottant. 466 emplois ont déjà été créés, et 3.000 nouveaux emplois liés à la filière sont attendus. Deux nouveaux parcs commerciaux doivent voir le jour en 2032 et 2034, avec comme objectif de disposer d’ici 2050 la puissance de 6 réacteurs nucléaires (soit la consommation annuelle de 6 millions d’habitants, représentant la population de la région). L’éolien en mer « produit dix fois plus que l’éolien terrestre. Aussi, nous demandons que les objectifs soient augmentés dans le cadre de la PPE 3. Il faut un volontarisme plus fort de l’État ». Pour l’appel d’offres AO 9-10, elle demande « des procédures allégées, et que des financements européens viennent abonder ».

Deuxième région solaire de France avec 5,1 GW installés fin 2025, l’Occitanie vise 8 GW en 2030 et jusqu’à 13 GW en 2035, soit la consommation de 2,5 millions d’habitants. Trois axes sont pour ce faire poussés : déploiement massif d’installations photovoltaïques, renforcement de l’industrialisation de la filière du solaire et du recyclage des panneaux (projet de l’entreprise Envie 2E, à Lévat-sur-Lèze en Ariège, pour 10.000 tonnes par an, opérationnelle fin 2027), et développement du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles.

Autres filières poussées : l’hydrogène (Technocampus H2 à Toulouse, Genvia à Béziers, usine Hyd’Occ à Port-la-Nouvelle, distribution Hyport à Blagnac…), et la géothermie, par un fonds régional de géothermie doté de 10 M€, pour parvenir à 1 TWh en 2035 (440.000 habitants) au lieu de 138 GWh aujourd’hui (66.000 habitants). « On a un vrai savoir-faire scientifique, avec le BRGM et les technologies satellitaires. C’est un potentiel pour développer la géothermie de surface et la géothermie profonde, celle-ci concernant des volumes de population et des bassins d’activité plus larges. »

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