Du 11 juin au 19 juillet, ça risque de rogner sévèrement sur la capital sommeil, à l’Agencehv. Parce qu’on est pris par une fièvre romancière créatrice ? Raté. Parce que nous traversons un tunnel de magazines, articles et animations ? Toujours pas, puisque c’est déjà notre pain quotidien. Parce qu’on part faire un séminaire d’entreprise de 5 semaines au Guatemala ? J’y ai pensé, mais on attendra 2038 pour ça.
Du 11 juin au 19 juillet, les amoureux de foot – soit à peu près, bébés inclus, un tiers de l’humanité – vont s’arrêter de vivre pour vibrer au rythme de la Coupe du Monde. « J’ai hâte », disent ainsi en chœur Valentina Volle – notre alternante franco-argentine, donc doublement en finale de la dernière édition au Qatar – et Jules Mestre. J’ai hâte aussi, à l’aube de ma 13e coupe du monde terrestre. En espérant pouvoir encore en connaître une dizaine, soyons optimistes.
La folie foot se perçoit à des frémissements réjouissants : des maillots de tous les pays, portés fièrement dans la rue par les jeunes ou moins jeunes ; des drapeaux accrochés aux fenêtres – argentin, ivoirien, portugais, vus récemment dans les rues de ma ville. Comme une explosion (inoffensive, celle-là) d’international, valsant autour de cette même sphère en cuir qui fait tourner la tête aux amoureux de ce coquin de sport.
J’en apprends plus ici
Il y a aussi le lancement d’un concours en ligne de pronostics dans l’entreprise ; et l’intégralité des 104 matchs rentrés sur l’agenda en ligne, via le site béni FotMob. Une vision panoramique sur les réjouissances à venir. Déjà dans le viseur des incontournables : un très prometteur Brésil-Maroc, samedi à minuit, France-Sénégal le 16 juin à 21h, ou la bonne vieille bataille européenne Angleterre-Croatie, le 17 juin à 22h. Quant au match d’ouverture, même si l’affiche est objectivement moyenne (Mexique – Afrique du Sud), il n’est pas concevable de le rater. Ce serait comme commettre un crime contre le sacré.
Ce qui participe de la magie de la coupe du monde tient dans tant de choses. Des souvenirs d’enfance. Un événement universel, qui relie le monde entier, au-delà des sales guerres et de l’apocalypse climatique. Les insoutenables séances de tirs aux buts, avec ces joueurs livides comme des fantômes en s’approchant du gardien adverse. L’envie de rêver. La beauté éternelle de ce jeu, oasis de malice, de vice et de technique. L’incertitude du vainqueur final. Magouilles, argent, dopage caché, prix des places exorbitants pour un spectacle populaire, autorité organisatrice (FIFA) quasi-mafieuse, attribution à des régimes politiques loins de cocher toutes nos cases… Quoi que l’on dise du foot, il n’y a rien de rien à faire. C’est le roi des sports.