
Allier les enjeux du logement et du développement économique, et mettre en place une méthodologie commune de travail : c’était le message de la table ronde organisée par le Pôle Habitat FFB Occitanie, le 11 juin à La Dune (La Grande-Motte) à l’occasion de la réunion d’été du syndicat professionnel, avec les interventions, au côtés de Céline Torres, de Laurent Nison (Ville de Montpellier), André Deljarry (CCI Hérault), Jean-Marc Oluski (Medef Hérault Montpellier) et Frédéric Cabarrou (Banque de France). « Logement et développement économique, dans la métropole de Montpellier, ne sont pas distincts, bien au contraire. A fortiori avec le cap des 30.000 emplois que Michaël Delafosse a annoncé vouloir créer sur le logement », déclare Céline Torres. Il faut agir vite, selon elle : « Les opérateurs immobiliers ont de plus en plus de difficultés à sortir leurs programmes et opérations d’aménagement. L’argument des terres agricoles et de la biodiversité à préserver est systématiquement opposé. La dimension environnementale est bien sûr importante, mais à force, on empêche le pays d’être compétitif. La construction devient de plus en plus complexe et chère. Sans réaction, on va dans le mur. »
« De plus en plus de salariés peinent à se loger. Dans le bâtiment, des ouvriers dorment dans leur voiture. C’est une réalité », souligne André Deljarry. Jean-Marc Oluski a rappelé que le logement des salariés devient une préoccupation des employeurs, en se basant sur le Livre Blanc réalisé par le Medef Hérault Montpellier avant les municipales. « Sur 300 réponses de dirigeants, 63,6 % de dirigeants affirment que leurs collaborateurs ont du mal à se loger. Le logement devient un facteur d’attractivité. Le collaborateur que l’on veut recruter va regarder les conditions de logements, les prix… » Se loger plus loin ? « C’est une solution qui est moins possible aujourd’hui, car le télétravail recule. »
La production de logements est aussi rendue nécessaire par la forte croissance démographique (+ 1,2 % par an, parmi les plus fortes croissances au niveau national, rappelle Laurent Nison) et le nombre de demandeurs de logements sociaux dans la métropole : 35.000 à ce jour.
Concentré sur les « solutions à apporter », André Deljarry insiste sur les outils déjà mis en place et à poursuivre collectivement : ABCD (Académie du Bâtiment et de la Cité de Demain, présidé par Patrick Ceccotti), foncière Inmédio (Aeko / Altémed), 900 logements étudiants livrés en parallèle de la sortie de terre du campus Anima (MBS / Purple Campus Occitanie), concept Home Sport « pour donner aux sportifs un accès aux logements à tarifs abordables ». Les 900 logements étudiants seront occupés 12 mois / 12, grâce à une convention signée avec l’UMIH (logements saisonniers) », souligne encore André Deljarry.
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Points polémiques abordés : la non-construction à Castelnau proclamée par le nouveau maire Julien Miro (selon André Deljarry, l’élu reviendra sur cette promesse à ses administrés en cours de mandat), et l’augmentation de la taxe foncière dans la métropole de Montpellier, un signal repoussoir pour l’attractivité du territoire, selon Céline Torres. Laurent Nison estime pour sa part que l’effort demandé, de quelques euros par mois, est proportionné.
Frédéric Cabarrou a également rappelé l’annonce, à l’échelle européenne, de l’augmentation de 0,25 % des taux d’intérêt. « Le problème du logement ne concerne pas que la métropole dans l’Hérault. Sur 14.500 permis octroyés en 2017 dans le département, 7.730 l’étaient sur l’agglomération de Montpellier, soit 53 %. Ce pourcentage passe à 39% en 2025. »