
Ils gardent le foot, mais vont ouvrir le capital de la branche collecte des déchets / propreté urbaine / eau et assainissement. Les deux annonces se sont enchaînées les 7 et 10 juillet.
Pour le Groupe Nicollin(Montpellier et Saint-Fons – 69), spécialisé depuis plus de 80 ans dans la collecte des déchets et la propreté urbaine, c’est un virage stratégique qui s’amorce. Le premier groupe indépendant français dans les métiers de l’environnement, dirigé par deux frères, Olivier et Laurent Nicollin (56 et 53 ans), annonce le 10 juillet entrer en négociation exclusive avec l’américain Morgan Stanley Infrastructure Partners (MSIP), fonds d’investissement privé dans les infrastructures, en vue de l’entrée de ce dernier au capital de Nicollin Environnement comme actionnaire majoritaire. L’opération devrait être finalisée au 4e trimestre. Le pôle Environnement et Eau, dans le capital duquel devrait entrer MSIP, représente 500 M€ de revenus en 2025.
Les activités de services du Groupe Nicollin sont exclues du périmètre de l’opération et demeureront détenues exclusivement par la famille Nicollin. Ce pôle services, qui emploie environ 7.000 salariés, s’est progressivement diversifié : propreté, sécurité, accueil, événementiel, entretien d’espaces verts, vidéosurveillance, intervention après sinistre, distribution de produits et matériels d’hygiène, anti-nuisibles, assistance aux personnes.
Les frères Nicollin viennent en revanche de décider de rester propriétaires du MHSC (foot, Ligue 2, 150 salariés, environ 20 M€ de budget), après avoir été en discussions avancées avec le fonds britannique GSS. Une décision « plus affective que comptable », admet Olivier Nicollin. « Le club va attaquer sa 53e année. L’histoire ne pouvait pas s’arrêter là. C’est la folie du sport ! Et la volonté de garder le club dans le patrimoine familial. Le club doit rester indépendant, même si c’est un contre-exemple par rapport au mouvement global en France depuis des années. On voit des autocollants et des graffitis dans beaucoup de villages du Languedoc, ça fait plaisir. On aime notre ville, le club fait partie de notre vie. Nous y avons vécu nos plus grandes émotions, et aussi les plus grandes déceptions de notre vie », lance Olivier Nicollin le 7 juillet, au siège social du club, à Grammont. « Des choses vont être mises en place : restructurations des services, travail fin sur la data pour faire revenir des gens au stade. Il faut que le club soit plus opérationnel. Il va y avoir des changements dans les mois qui viennent, au niveau aussi du centre de formation », complète Laurent Nicollin, président du MHSC.
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« L’épisode de l’abandon du projet de nouveau stade (à Pérols, abandonné faute de financements et de modèle économique, ndlr) a été le plus dur à digérer, enchaîne-t-il. Avec un tel outil, nous aurions probablement eu des moyens financiers supplémentaires suffisants pour ne pas descendre en Ligue 2. »
À propos de l’élément déclencheur de garder le club dans le giron familial : « Plus la vente éventuelle approchait, plus je sentais un vide arriver. On a eu une discussion avec mon frère (Olivier, ndlr). On s’est dit qu’on continuait l’aventure. La finale de la Coupe Gambardella (perdue contre le PSG, ndlr) a été aussi un détonateur. Le parcours des jeunes a reboosté tout le monde au club. Et quand les gens sont boostés, ça me booste aussi ! L’avenir est moins brumeux avec nos gamins de la Gambardella. Ceux qui sont restés s’inscrivent dans un état d’esprit pailladin. »
Quel objectif sportif pour la saison 2026-2027 ? « D’abord, prendre du plaisir, et ensuite, on verra. Cette année, le championnat de L2 sera le plus relevé depuis des années, avec une douzaine de clubs qui ont un jour évolué en L1. Ce sera un championnat très intéressant. »