2026 s’annonce sous le signe de l’« inquiétude » pour le secteur des Travaux publics, déclare Olivier Giorgiucci, le 6 novembre lors de l’AG de la FRTP Occitanie Méditerranée, au Palais des Congrès de La Grande-Motte (34), devant 300 adhérents, élus et professionnels. « Trois facteurs de gel de décision des collectivités se dessinent : les élections municipales, la crise budgétaire des Départements, et l’instabilité politique et budgétaire nationale ». Le bloc communal représente « la moitié de l’activité des TP (réseaux, TP, aménagement des espaces publics). Quelques semaines avant les élections, en général, nous observons une baisse drastique de la commande. Et après les élections, il y a un temps de latence, le temps que les nouvelles équipes se mettent en place. »
Ses deux messages à l’attention des maîtres d’ouvrage publics : « Prévoir d’investir dans les renouvellements de voiries et de réseaux, sans attendre les nouvelles équipes issues des urnes en mars. Bien sûr, les programmes d’investissements liés à de nouveaux projets attendront, eux, les nouvelles équipes ; Il faut par ailleurs payer les entreprises à temps. Nos entreprises accusent trop de retard dans les délais de paiement. Pensez aux difficultés de trésorerie des entreprises. »
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« Les Départements, c’est la mauvaise nouvelle de 2025. Nous observons une baisse de la commande publique des Départements, alors que le chiffre était stable depuis 10 ans. Pour notre activité, les Départements pèsent entre 15 et 20 % de nos commandes : entretiens des routes départementales, subventions dans le cadre de leurs travaux. Ces collectivités ont du mal à boucler leurs budgets – dépenses de plus en plus contraintes, et pas compensées par des recettes. Comme il leur est difficile d’ajuster leur dépense de fonctionnement, l’investissement en pâtit. Le coup est rude pour nous. Dans le Gard, l’Hérault et l’Aude, les baisses de commandes aux TP vont de – 25 % à – 50 %. Les Pyrénées-Orientales et la Lozère sont les seuls à maintenir ou à rester presque stables. En 2026, les perspectives ne sont pas meilleures, même si les budgets ne sont pas finalisés. Les droits de mutation (transactions immobilières, ndlr) sont certes en hausse mais tardent à traduire leurs effets.
C’est un problème sur nos emplois, mais aussi cela va avoir un impact sur le décrochage de l’entretien et du renouvellement des voiries », alerte Olivier Giorgiucci. « On laisse le patrimoine se dégrader. Le coût de remise en état sera plus élevé si on attend. Ce ne sera plus de l’entretien, mais des réparations. »
Si le secteur « a l’habitude de s’adapter pendant les périodes électorales », il insiste : « Nous cumulons les obstacles. Il faudra des efforts exceptionnels pour ne pas entrer dans la spirale du désinvestissement. Cela dépend des élus actuels et ceux qui seront élus ou réélus dans quelques mois. »