Export, stratégie R&D… Les clés de l’innovation (Assises de l’Innovation, Toulouse)

2 février 2026
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©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

Comment faire émerger les pépites de demain ? Quels messages des startups vers les structures d’accompagnement ? Lors des Assises de l’Innovation, le 27 janvier à La Cité (Toulouse), des pistes et bonnes pratiques ont été exposées. Pascal Descargues (Genoskin, créé en 2011) invite à « prendre le large, en allant à l’export. Nous réalisons 93 % de notre CA à l’international, et avons un laboratoire aux Etats-Unis, premier marché mondial en matière de développement des médicaments ».
En matière de freins, il fustige « les obligations administratives et sociales pour une petite entreprise. Par exemple, un CSE obligatoire à partir de 11 salariés, avec des élections, un rapport mensuel… Cela prend 10 heures par mois à une personne. Ce système, lourd, n’est souvent pas suivi. Les freins, on les a fabriqués nous-mêmes. Il n’y a pas besoin de les imputer aux Chinois ou aux Américains ! »

Specific Polymers : 10 projets européens. « Vieille » startup de 23 ans, Specific Polymers (35 salariés), qui produit des résines pour les matériaux du futur, réalise 50 % de son CA à l’export, avec des clients comme Apple ou Samsung. « Le modèle économique est hybride, avec 2,5 M€ de ressources et 2 M€ de cofinancement de l’innovation, via 10 projets européens. Il y a des fonds européens pour l’innovation, il faut aller les chercher », lance Cédric Loubat. Une personne travaille à temps plein sur les appels à projets – veille, animation entre partenaires… « Il y a 10 partenaires par projet, et nous sommes sur 10 projets. Soit 100 partenaires européens… Il faut recruter les profils adéquats pour aller chercher les financements. » Sur ce point, il est repris par Genoskin : « Le but premier d’une entreprise, c’est quand même surtout d’aller chercher des clients. »

Arterris : des siles à température constante. La coopérative agricole Arterris déploie un système de maintien de températures constantes dans ses silos à grains, « pour réduire la consommation d’énergie et limiter la prolifération d’insectes », explique Marc Reymond, directeur innovation, développement et qualité d’Arterris. La coopérative a essuyé un échec, « le robot de désherbage de Naïo Technologies, que l’on n’a pas pu déployer, faute de modèle économique ».

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©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

« Bien cibler la recherche ». Absoger (conservation des œuvres d’art sous azote, seule entreprise française à être habilitée sur ce segment de marché, Tarn-et-Garonne) veut devenir « le leader mondial des solutions pour la gestion de l’atmosphère pour les fruits et légumes », détaille Sylvain Gerbaud. L’enjeu, selon lui : « Bien cibler la recherche, et trouver les bons partenaires scientifiques et financiers ». Pour son projet, Absoger s’est associé avec le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation et l’école d’ingénieurs de Purpan.

Terratis : « les collectivités devraient fournir des sites clé en main ». Spécialisé dans la technique de l’insecte stérile (TIS), Terratis (Montpellier) cherche un local de 2.000 à 3.000 m2 pour créer un site industriel en 2028. Une 2e levée de fonds est prévue cette année pour financier le projet. « Nous avons réuni près de 4 M€ depuis la création, grâce à l’écosystème d’innovation régional, appuie Clelia Oliva, cofondatrice. Terratis emploie à ce jour 14 salariés, sur un premier site préindustriel de 400 m2»
Elle souhaiterait que les collectivités « fournissent des sites d’au moins 600 m2 à des activités issues des laboratoires comme la nôtre. Cela nous éviterait de devoir aménager des locaux, comme cela a été le cas à Montpellier pour le site préindustriel, pour un investissement de 500 k€. Ces 500 k€, j’aurais préféré les utiliser pour finir plus sereinement l’année, avant la phase très stressante de la levée de fonds ».

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