Gouvernance d’EnSanté ! : rififi entre la CPME et le Medef

15 juin 2026

La tension entre CPME et Medef, déjà palpable ces derniers mois, monte d’un cran. Cette fois, à propos de la gouvernance du service de prévention et santé au travail EnSanté !*, présidé par Éric Brunel (CPME). Le Medef (Hérault Montpellier, Aveyron, Gard, Lozère, Occitanie), l’U2P Hérault, et trois syndicats de salariés (CFDT, CGT, FO) condamnent un « coup de force » dans la gouvernance d’EnSanté !. Une action en justice commune aux 5 organisations syndicales va être engagée. La CPME estimé avoir gagné dans les règles et donne sa version des faits.

Les deux versions en cliquant ici

Medef : « Le président sortant agit seul et sans concertation »

« Depuis le 31 mars, le président sortant d’EnSanté ! agit seul et sans aucune concertation avec la majorité des partenaires sociaux qui, au terme de la loi, siègent au conseil d’administration de la structure. Éric Brunel a décidé de passer outre les décisions actées par son conseil d’administration de décembre 2025 en s’arrangeant avec le processus de désignation des nouveaux membres, jusqu’à aller à une élection le 4 juin dernier en AG sur convocation du président sortant. Dans le cadre de cette manœuvre, un biais dans la représentation territoriale ne peut qu’interpeller. 14 des 15 représentants d’employeurs siégeant au CA d’EnSanté ! sont issus de l’Hérault. Une telle concentration d’administrateurs provenant d’un seul département contredit frontalement la vocation territoriale de ce service de santé au travail, qui est implanté sur trois autres territoires : l’Aveyron, le Gard et la Lozère. Cette manœuvre s’est faite au mépris de la représentativité des organisations syndicales patronales, établie par les membres du Haut conseil du dialogue social (HCDS). Ces agissements constituent une atteinte aux fondements mêmes du dialogue social, l’équilibre de gouvernance paritaire et géographique de la structure n’ayant pas été respecté. »

Grégory Blanvillain, CPME 34 : « Les 13 candidats de la CPME ont obtenu entre 75 et 85 % des suffrages. »

« Je préfèrerais largement que les organisations patronales mettent toute leur énergie à sauver et défendre les entreprises et les emplois dans ce contexte très compliqué et instable. Mais je ne peux pas laisser dire des fausses informations, sous prétexte que le Medef a perdu des élections. Comme il y avait plus de candidats que de postes, un CA exceptionnel a été convoqué pour prendre la décision ou non de convoquer une assemblée générale afin de faire voter les adhérents de cette association en s’appuyant sur les statuts en cas de non accord.

Suite au refus du Medef Occitanie d’assister au CA pour ne pas avoir le quorum, préférant être observateur depuis le parking d’EnSanté !, EnSanté ! a fait un référé pour prolonger le mandat le temps d’organiser une assemblée générale. Cette décision a été attaquée par le Medef et ses alliés salariés. Ils ont été déboutés deux fois et condamné à payer.

L’AG s’est tenue le 4 juin avec près de 700 votants, ce qui montre une grosse mobilisation, car normalement très peu de monde vote lors de ce type d’assemblée. Les 13 candidats de la CPME ont obtenu entre 75 et 85 % des suffrages.

Il devient pénible et peu démocratique de crier au scandale à la non-représentativité quand le résultat des urnes est défavorable. Force est de constater que les postes accordés par la représentativité nationale dans les divers mandats ne reflètent pas la situation sur les territoires.

Il me semble plus important de travailler au service des entreprises et des territoires pour fédérer par adhésion plutôt que par la force. »

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