Journée nationale de l’autopartage : la révolution de l’usage

8 décembre 2025
Ce 4 décembre a eu lieu la 3e Journée nationale de l’autopartage ©Valentina Volle (Les Indiscrétions)
Ce 4 décembre a eu lieu la 3e Journée nationale de l’autopartage ©Valentina Volle (Les Indiscrétions)

Et si la meilleure voiture était celle qu’on n’achète pas ? Et si, plutôt que d’ajouter des véhicules, l’enjeu était de mieux utiliser ceux qui existent déjà ? Mais à quel prix, et pour qui ? Ce 4 décembre a eu lieu la 3e Journée nationale de l’autopartage, coorganisée par l’Association des acteurs de l’autopartage, Montpellier Méditerranée Métropole (3M) et l’ADEME. Au programme ? Partager constats, chiffres et pistes pour accélérer la diffusion de ces services, y compris hors métropoles. 

Une voiture qui roule peu, un coût qui pèse. « Le défi écologique, c’est un défi sur le pouvoir d’achat », lance Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de 3M. « Vous avez là une notion qui va monter, c’est la notion d’intensité d’usage », insiste-t-il, en pointant le fait que la voiture individuelle « dort » beaucoup. 

Sortir de l’autosolisme : cap 2030. « L’enjeu, c’est moins de voitures », rappelle Céline Vachey, directrice régionale de l’Ademe Occitanie. Elle cite l’objectif de la stratégie nationale bas-carbone : -3,9 millions de voitures particulières d’ici 2030, soit « environ 10 % » du parc. 

1 million d’adeptes, mais une France encore sous-dimensionnée. « On a franchi le cap du million », indique Mathieu Chassignet, ingénieur à l’Ademe, à propos des utilisateurs de l’autopartage en 2025. « La flotte en boucle, en station, c’est presque 13.000 véhicules disponibles », poursuit-il, avec une progression de « 24 % entre 2023 et 2025 ». « Quand on compare à l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, on est 2 à 3 fois moins implantés », constate-t-il. L’Ademe défend aider à se séparer d’une voiture et accélérer l’électrification. « Le parc d’autopartage est en moyenne plus électrifié », avance Mathieu Chassignet. « Ça permet d’essayer l’électrique », ajoute-t-il, en soulignant le rôle de “test” et de levée de freins. Autre chiffre qui en dit long sur le contexte économique est le « 30 % des répondants disent qu’ils ne pouvaient plus se permettre de se payer leur voiture ». 

J’en apprends plus ici 

Précarité : la trésorerie, la caution… et la fracture numérique. « La mobilité, c’est l’accès aux droits », rappelle Daphné Chamard-Teirlinck (Secours Catholique Caritas France). « Un quart des Français a déjà refusé un travail ou une formation faute de pouvoir s’y rendre », dit-elle, avant de pointer des freins comme la fracture numérique, la trésorerie à l’instant T, la caution ou l’accès bancaire. 

À Montpellier, une seule porte d’entrée pour rendre l’offre lisible. « Nous avons un territoire qui n’est pas riche », souligne Julie Frêche (vice-présidente de 3M), évoquant « 28 % de la population en dessous du seuil de pauvreté » et un poste transport qui représente « 30 % du budget des ménages sur notre territoire ». Elle insiste sur la massification : « Il faut simplifier la lisibilité de l’offre de mobilité ». « Il y a une seule porte d’entrée, c’est l’application M-Ticket », affirme-t-elle, en défendant l’intégration de services (réservation, paiement) et la diffusion du pass gratuit. 

Du « trou dans la raquette » aux verrous identifiés. « On avait un trou dans la raquette », reconnaît Éric Ollinger (DGITM). Il décrit une méthode : une plénière à plus de 180 personnes, des ateliers, puis le tri de 360 propositions. « On a identifié 5 familles de verrous : culturels, modèle économique, gouvernance, spécifiques à l’autopartage électrique, et opérationnels, dont l’assurance, notamment en partage entre particuliers ». 

Changer d’échelle, sans exclure. Un message de Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports, est diffusé, où il évoque un objectif de plus de 70.000 véhicules d’ici 2031. Du côté des opérateurs, le réseau coopératif Citiz dit « se féliciter » de l’annonce d’objectifs nationaux et y voit un levier pour « simplifier » l’inscription et « renforcer la visibilité » de l’autopartage ; selon le réseau, près de 120.000 utilisateurs, 270 communes, 130 gares et près de 2.700 véhicules. 

Share This