En 2025, Bpifrance a soutenu en Occitanie 5.664 entreprises à hauteur de 1,6 Md€, permettant de mobiliser 4 Md€ de financements publics et privés, indique la banque publique lors de son bilan annuel, le 16 avril. « Le soutien financier aux projets industriels stratégiques a atteint 317 M€ en 2025, au bénéfice de 615 entreprises, afin de répondre aux enjeux de croissance et de transformation », indique Mathieu Défresne, directeur du Réseau Sud de Bpifrance. L’ensemble des données est accessible en cliquant ici
« La garantie Bpifrance facilite l’accès au crédit des TPE et PME, en couvrant une part du risque bancaire (entre 40 et 60 %, pour couvrir les transmissions, créations, projets innovants, à l’international… Cette garantie peut être portée à 70 % avec l’aide de la Région Occitanie », souligne Émilie Vidal, directrice de Bpifrance à Montpellier.
7.300 créateurs accompagnés en 2025, « soit 20 % de plus par rapport à 2024 », compare Anne-Cécile Brigot, directrice de Bpifrance Occitanie jusqu’à fin mai. 9 M€ ont été déployés à travers des prêts d’honneur.
Le métier de conseil est par ailleurs développé depuis dix ans, ce qui fait de Bpifrance « le premier cabinet de conseil en stratégie auprès des PME » : formation elearning (1.250 entrepreneurs d’Occitanie en ont bénéficié), missions et diagnostics (climat, décarbonation, IA, cybersécurité), accélérateurs sectoriels (tourisme, transition environnementale, Défense) ou régionaux (« L’Occitanie étant la seule région à avoir un accélérateur international), mise en réseau (French Fab, Coq Vert, Club Excellence réunissant les entreprises en croissance). Le Coq Vert réunit par exemple 330 entreprises en Occitanie, pour échanger des bonnes pratiques, accélérer les transitions (économie circulaire, IA, climat…).
Piliers du Plan Industrie. Les trois piliers de Bpifrance pour son Plan Industrie : « Financement, innovation, assurance, conseil ; Faire émerger les champions internationaux de demain, par exemple Genvia à Béziers, et préparer l’industrie de demain en accompagnant les startups industrielles, comme Cykero à Montpellier et Geotex en Ariège ; Et le 3e pilier, le plus ambitieux, accompagner les industriels à être plus verts, plus compétitifs à l’international. »
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Mécanumeric, « un exemple d’action conjointe ». L’entreprise Mécanumeric, en difficulté, a été reprise par les salariés, « avec la mobilisation de tous les salariés, dont Bpifrance. C’est un bon exemple d’action conjointe utile », relève Jalil Benabdillah (Région Occitanie).
« Bpifrance, on se l’arrache sur les tables rondes à l’étranger ». Avant de lever 40 M€, CilCare (Montpellier) a obtenu le soutien de l’Aris (Région Occitanie). « Nous avions besoin d’un acteur fort pour les négociations. Cela nous a permis de ne pas accepter tout et n’importe quoi, et d’aller sur un accord important, à l’échelle international, à 40 M€ », témoigne Célia Belline, cofondatrice de la biotech. Avant d’ajouter, avec son expertise de conseillère au commerce extérieur : « Les outils dont on bénéficie en France nous sont enviés dans le monde entier. On s’arrache Bpifrance sur les tables rondes à l’étranger. »
Delair : d’un prêt de 30 k€ à 250 emplois. Pour le Toulousain Delair (250 salariés, 50 M€ de CA, 40 % à l’export, drones), tout part d’un financement de 30 k€, il y a 15 ans. « Ce financement modeste a permis de compter aujourd’hui 250 salariés », observe Bastien Mancini, DG de Delair. La contregarantie export au Moyen-Orient a été décisive : « Sans elle, nous n’aurions pas conclu ce gros contrat à l’export. Les autres banques ne seraient pas venues sans Bpifrance. Bpifrance a préfinancé le financement commercial en Asie du Sud-Est. Et sur l’innovation, nous sommes en train de finaliser un prêt innovation pour une nouvelle génération de drones. » L’IA doit permettre de diminuer la consommation énergétique des drones d’environ 20 %. La future usine, qui bénéficie du soutien de l’Arac Occitanie, doit permettre à Delair de passer de 80 M€ de CA en 2026 à 250 M€ à terme. « L’Arac assure la maîtrise globale du projet immobilier, qui est lourd : planning, complexité technique… Or, on doit assurer une continuité de production », souligne Bastien Mancini.
« Aucun dossier de qualité laissé sur le bord du chemin ». « Bpifrance a un mode de financement différent. Nous ne fonctionnons pas par collecte et dépôt. Nous nous refinançons sur le marché, ce qui nous amène une capacité à mobiliser des ressources quand on nous amène des investissements liés aux enjeux de transitions. Aucun dossier de qualité n’est laissé en chemin », explique Mathieu Défresne.