L’Occitanie, cœur battant de la colère agricole

29 janvier 2024
©DR

Blocage de l’A64 et de l’A9, déplacement du Premier ministre Gabriel Attal en Haute-Garonne le 26 janvier, rencontre entre Delga et Attal ce 30 janvier à Paris… Alors que la colère viticole migre ce lundi vers Paris, l’Occitanie cristallise la colère agricole et viticole depuis une dizaine de jours.
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, annonce le 27 janvier la mise en place d’un comité régional de suivi des engagements du gouvernement, en associant les représentants du monde agricole, les services de l’État et les collectivités locales. « Dès cette semaine, une fois que les organisations syndicales auront pris le temps d’analyser les propositions et d’établir les manquements, nous recenserons les enjeux, le calendrier et les revendications non traitées. Il faut d’autres réponses structurelles sur les rémunérations, l’accompagnement de la transformation du modèle agricole et sur la question cruciale de l’eau », indique la présidente de Régions de France. Elle rencontre Gabriel Attal à Paris ce 30 janvier en fin de matinée.
Ce dimanche encore, une centaine d’entre eux étaient toujours présents pour bloquer partiellement l’autoroute A9 à hauteur de Nîmes. « On n’est pas prêt de lever le camp . Nous, on reste, assénait samedi le président du syndicat FDSEA 30, David Sève. Pour la révision de l’assurance récolte, les problèmes d’accès à l’eau, la surtransposition des lois, les 25 meilleures années pour la retraite de nos aînés, les marges de la grande distribution et les traités internationaux, pour tout cela, nous n’avons pas de réponses concrètes. »
Installé à Meynes, avec son fils, sur une exploitation de 35 hectares de vignes, Jean-Louis Portal rappelle à l’AFP que les viticulteurs du Gard « sortent de cinq années avec des calamités agricoles. Les trésoreries sont fragilisées, et maintenant, avec le problème de la mévente de vin, on perd de l’argent tous les mois, tous les jours… Donc, on a besoin d’aide », lâche-t-il.
Sébastien Gimenez, agriculteur à Redessan (30), aspire lui aussi à plus de régulation. Pour ce maraîcher, passé en bio il y a près de 10 ans, « il faut d’abord que le producteur puisse imposer ses prix à la grande distribution, évidemment conditionnés par des justificatifs qui prouvent notre coût de production », confie-t-il à l’AFP.

Ruffin : « Moi qui viens du Nord, c’est dépaysant ». Samedi, ces paysans du Gard ont reçu la visite du député Insoumis de la Somme François Ruffin. L’élu LFI a pris des notes tout en discutant avec des éleveurs, des vignerons, des maraîchers. « La plupart des manifestants sont indifférents, beaucoup ne le connaissent pas mais répondent volontiers à ses questions », relate l’AFP. « Pour moi qui viens du Nord, c’est dépaysant, a déclaré le député. Là, j’entends parler de riz, de pêches, de vignes. Je viens vérifier qu’au fond, les problèmes d’ici sont aussi les problèmes de chez moi. »

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