Lutte contre le blanchiment de l’argent du narcotrafic : les agents immobiliers mis à contribution par l’État

15 juin 2026

Les millions d’euros générés par le narcotrafic ne sont pas blanchis que dans les commerces ‘de façade’. Un autre phénomène monte en puissance : les acquisitions immobilières, parfois d’immeubles de prestige dans les centres-villes. Pour identifier les transactions suspectes, les Directions générales de la concurrence, de la consommation et de la Répression des fraudes viennent d’adresser un courrier aux agences immobilières, qualifiés comme étant « assujettis aux obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », indique le courrier que Les Indiscrétions se sont procuré.

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Dans ce cadre, les professionnels de l’immobilier doivent effectuer un certain nombre de démarches : « Vérifier les informations relatives aux clients (noms, prénom, date et lieu de naissance etc.), en prenant copie des documents attestant de la véracité de celles-ci ; Prendre la copie de documents probants attestant la véracité de ces informations, selon le niveau de risque applicable à la transaction. » Des mesures de vigilance renforcées peuvent être demandées « lorsque le risque de blanchiment de capitaux présenté par une relation d’affaires, un produit ou une opération paraît élevé ; En présence d’opérations particulièrement complexe ou d’un montant inhabituellement élevé ou ne paraissant pas avoir de justification économique ou d’objet licite. Les mesures de vigilance renforcées consistent notamment à se renseigner sur l’origine et la destination des sommes engagées dans l’opération ».
Dans ce cas, l’agent immobilier doit conserver les documents recueillis pendant 5 ans, et établir une déclaration de soupçon à Tracfin. « Le soupçon doit être établi après un travail de recherche et d’analyse », complète le courrier. Enfin, « les assujettis se doivent de suivre une formation » dans le domaine, tout en assurant une information de leurs collaborateurs. Commentaire laconique d’un agent immobilier : « J’ai l’impression de faire le travail des policiers. »
Sur le même sujet : « Le bâtiment, nouvelle plateforme de recyclage de l’argent du narcotrafic ? », Les Indiscrétions du 20 avril, ça croustille ici ; « Le blanchiment d’argent via les commerces de façade s’intensifie », Les Indiscrétions du 25 août 2025, en cliquant ici

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