Municipales 2026

9 février 2026
picto municipales - Les indiscretions

La mare aux municipales

Loeil de HV - Les indiscretions

L’œil des Indiscrétions

Chaque semaine jusqu’au 1er tour, la rédaction livre un billet éditorial relatif aux municipales en Occitanie. En se livrant au jeu du pronostic. Lequel ne doit bien sûr pas être confondu avec une quelconque préférence. On fera les comptes le 23 mars !

Toulouse : Moudenc face à deux gauches et l’inconnue RN

Ce sera lui ou le chaos. Jean-Luc Moudenc, locataire centre-droit du Capitole depuis 2014, reprend les mêmes arguments qu’en 2020, où il avait mobilisé tous les réseaux patronaux et d’affaires, lors de la longue campagne d’entre deux tours, pour éviter que la Ville rose voie rouge.
Pour remporter un 3e mandat consécutif, il est face à une gauche qui le dépasse en nombre d’électeurs, mais qui part divisée. Moudenc, artificier de la ligne C du métro (en cours de travaux), est crédité de 33 % d’intentions de vote au premier tour, devant le candidat de la gauche unie hors LFI, François Briançon (30 %), puis le député François Piquemal (LFI) à 20 %. Surprise : le candidat RN-UDR, l’eurodéputé Julien Léonardelli, pourrait se hisser au 2e tour, en étant crédité de 10 % dans le sondage Cluster 17 / La Dépêche (novembre dernier). Une éventuelle quadrangulaire qui ferait alors basculer le scrutin dans l’irrationnel.
Les thèmes de campagne tournent autour de la sécurité, de l’écologie, des mobilités, ou encore des affaires judiciaires en cours. Nos confrères d’Actu.fr relatent avec délice un dernier conseil municipal, le 6 février, des plus animés (à lire ici).
Qu’en ressortira-t-il les 15 et 22 mars ? Les jeux s’annoncent serrés. Moudenc, au pouvoir depuis 12 ans, peut pâtir d’un phénomène d’usure. Et le RN, en cas de présence au 2e tour, peut lui prendre des voix précieuses. Mais la gauche, haut placée en nombre cumulé d’électeurs, semble irréconciliable. On peut donc dire « les gauches ».
Rappelons que la capitale de l’Occitanie cultive un paradoxe haut en couleurs. Son peuple a le cœur à gauche lors des scrutins nationaux, mais vote au centre-droit pour les municipales (Pierre puis Dominique Baudis, Douste-Blazy, Moudenc), à l’exception de Pierre Cohen (2008-2014).

Dans ce contexte indécis, on comprend pourquoi Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, a finalement renoncé il y a un an aux joutes sur la Garonne, après avoir un temps caressé l’idée de convoiter les clés de sa ville de cœur.

> Le pronostic des Indiscrétions : réélection de Moudenc au 2e tour, à l’issue d’un scrutin très serré.
> La semaine prochaine : Perpignan.


Philippe Saurel y retourne à Montpellier

L’ancien maire (DVG) de Montpellier (2014-2020) met fin au (faux) suspense autour de son éventuelle candidature aux prochaines élections municipales. Fin janvier, déjà, il avait confié aux Indiscrétions être « candidat à 80 % ». C’est désormais acté, par une vidéo publiée ce 7 février sur ses réseaux sociaux. « Je serai à la tête d’une liste d’hommes et de femmes paritaires sans étiquette, mais pas sans idée », indique-t-il. Il défend une liste citoyenne, divers gauche, soutenue par le mouvement centriste UTILES. 

En décembre dernier, le sondage Ifop-Métropolitain le plaçait en troisième position, juste derrière Nathalie Oziol (LFI) et Michaël Delafosse (PS). 

… et Rémi Gaillard aussi. L’humoriste montpelliérain l’a annoncé sobrement sur ses réseaux sociaux : « Je suis candidat aux municipales 2026 à Montpellier », a-t-il indiqué, ce 4 février. En 2020, il avait obtenu 9,85 % des suffrages à la tête de la liste « N’importe qui ». 

Le MEDEF passe les candidats de Montpellier au révélateur. Le MEDEF Hérault Montpellier organise son Grand Oral des Municipales 2026 ce 10 février, à partir de 9h, au Domaine de Verchant. L’occasion de parler économie et entrepreneuriat et de connaître le positionnement des prétendants à la mairie sur différents sujets, de l’attractivité à l’emploi en passant par le développement de la Métropole. Seront présents Michaël Delafosse, Nathalie Oziol, Jean-Louis Roumégas, Isabelle Perrein et Thierry Tsagalos (SE, apparenté RN, alors que c’est France Jamet qui est investie par le RN, ndlr). Il est encore possible de s’inscrire ici

Saint-Aunès (34) : croissance démographique contre identité, un thème-clé de campagne

Mare aux municipales Saint Aunes
Florence Thomas et Emmanuel Dervin, liste « Simplement Saint-Aunès ». ©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions).

Comment préserver une identité rurale, alors que la commune connaît une explosion démographique ? Ce thème anime la campagne municipale dans le village de Saint-Aunès (34), commune de 4.600 habitants (soit 1.000 habitants supplémentaires en une dizaine d’années). On le retrouve dans de nombreux villages situés dans l’aire d’influence des métropoles toulousaine et montpelliéraine. « Il y a eu trop d’urbanisation, avec des difficultés d’adaptation de la population arrivante », estime Florence Thomas, tête de liste « Simplement Saint-Aunès », conseillère municipale depuis 2007, et ex-membre de la majorité du maire sortant Alain Hugues (qui se représente), dont elle s’est désolidarisée en décembre.

« Urbanisation maîtrisée ». Alors que « des dents creuses et des maisons individuelles sont actuellement reprises par des promoteurs », elle promet « une urbanisation maîtrisée, en créant des îlots de fraîcheur. On a sur notre liste un urbaniste, Louis-Henri Gély (ex-directeur technique national d’Océanis Promotion, ndlr) et un architecte-paysagiste. Il y a beaucoup de catégories socioprofessionnelles supérieures à Saint-Aunès, mais ça ne se voit pas dans le cadre de vie offert par le village. Il y a trop peu de vie de village, et pas de place vivante où se retrouver. Ce travail d’inclusion et de lien social, nous le ferons », projette-t-elle, aux côtés de son colistier Emmanuel Dervin, ex-responsable de l’espace culturel Leclerc, aujourd’hui buraliste à Saint-Aunès. Ce dernier décrit un projet « de création de vraie place de village, en reprenant un croisement routier existant. Les commerces sont déjà là, et nous comptons les valoriser en restructurant la voirie. Il manque une identité à Saint-Aunès. On nous résume souvent aux cyprès jumeaux bordant l’autoroute, à l’hypermarché Leclerc et à l’écoparc (zone d’activité économiques) ».

Un « Toques&Clochers » local. Par exemple, elle souhaite porter un « événement en lien avec la culture agricole est les maraîchers, dans un esprit Toques&Clochers, avec un circuit valorisant nos richesses et nos talents locaux. Ici, sept agriculteurs ont repris des exploitations. Il faut les aider dans le développement des circuits courts ».
Stigmatisant le maire actuel, qui est selon elle « peu dans le dialogue », Florence Thomas, gestionnaire de copropriété de profession, prône un fonctionnement « plus démocratique. Il faut discuter avec la population ».

J’en apprends plus ici

Moderniser les outils de relation avec la population. Autre engagement, une réponse rapide aux demandes des administrés. « Les gens veulent un niveau de services. On doit s’engager à leur répondre par mail sous 72h, comme le font les entreprises privées. Côté permanence des élus, nous devons rester simples et accessibles. Des référents par quartiers seront nommés, et nous organiserons des réunions par quartier. »

Mobilités : la gare TER « sous-exploitée ». La gare TER place Saint-Aunès à seulement 6 mn de Montpellier. Mais elle est « sous-exploitée, avec seulement trois trains le matin et trois le soir. Il pourrait y avoir plus de cadencement », lance-t-elle.

Surtout pas la métropole. Cette héritière de Marie-Thérèse Bruguière (ex-maire et ex-sénatrice), qui l’a lancée en 2007, « ne veut surtout pas intégrer la métropole de Montpellier. Mais on veut discuter, car Saint-Aunès est un village traversant. La Zac de Meyrargues, à Vendargues, va générer du trafic, et jouxte Saint-Aunès. Avec Le Crès, les entrées de ville sont communes, on va bientôt se toucher. Au niveau de la zone du Salaison à Vendargues, il faut créer un giratoire pour en sécuriser l’accès. Ce dossier est un vrai serpent de mer. »

Florence Fabre estime indispensable « un plan pluriannuel de travaux sur les voiries. Ce sont des choses qui s’anticipent ». Côté sécurité, elle veut doubler les effectifs de police municipale (de 2 à 4), renforcer la vidéoprotection et mettre en place des luminaires intelligents, « qui s’allument avec des détecteurs, tout en protégeant la biodiversité ». Également dans son plan d’actions, « la lutte contre les dépôts sauvages ».

À Sigean, un candidat jette l’éponge… faute de colistiers

« Faute de colistiers suffisants, nous nous devons d’arrêter cette aventure démocratique », indique Cyril Podras, leader de la liste Rassemblement pour Sigean. Les Indiscrétions avaient annoncé qu’il se lançait en campagne début décembre (juste ici). 

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