« On n’a jamais connu un tel attentisme », alerte la FRTP Occitanie Méditerranée à l’attention des nouveaux maires et présidents d’intercommunalités

20 juillet 2026

Cri d’alarme des Travaux publics, face à la baisse de la commande publique. Réuni le 8 juillet avec les représentants des différentes branches des travaux publics (Julien Biagioni des Canalisateurs, Lionel Llobet du STRRES…), le président de la FRTP Occitanie Méditerranée, Olivier Giorgiucci, dresse un constat sombre de l’état de la filière.

Une activité qui décroche brutalement. « Le problème, c’est que les collectivités ont levé le pied sur leurs investissements », souligne Olivier Giorgiucci. Le ralentissement était attendu, mais son ampleur surprend la filière : 53 % des entreprises de la filière déclarent une baisse significative de leur activité.

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28 % d’appels d’offres en moins. Olivier Giorgiucci souligne également la baisse du nombre d’appels d’offres publiés : 28 % en moins par rapport à l’année dernière. Sur les quatre premiers mois de l’année en Occitanie, 1.039 appels d’offres publiés, contre 1.460 au même moment, un an plus tôt. Cette baisse atteint même 37 % auprès des communes.

Le privé ne compense plus. « Le secteur privé est en souffrance aussi. On n’a pas un client pour rattraper l’autre », déplore le président de la FRTP Occitanie Méditerranée. Les projets industriels privés reculent de 16 %

Les intérimaires, « variable d’ajustement ». « Habituellement, les intérimaires sont notre variable d’ajustement en termes d’emploi. Aujourd’hui, nous n’avons plus assez de travail pour en prendre. De grosses entreprises de la région Occitanie sont déjà passées en chômage partiel », résume Olivier Giorgiucci. Les effectifs ouvriers sont en baisse de 5 %, et les intérimaires à -18 %. Cette crise se ressent également sur les centres de formation. Faute de visibilité à long terme, les entreprises peinent à recruter de jeunes salariés selon la FRTP Occitanie. « On est passé du quoi qu’il en coûte à ‘Mourrez, on ne peut plus rien pour vous’ », souffle Olivier Giorgiucci.

« Il vaut mieux 1 € d’entretien que 10 € de reconstruction ». Olivier Giorgiucci pense également que plusieurs communes disposent encore d’une marge de manœuvre, malgré les contraintes. Il donne pour exemple les Départements de l’Aude et de l’Hérault : « Leurs budgets n’ont pas bougé, et pourtant, on est respectivement à -26 et -38 % d’investissement par rapport à 2023. Il vaut mieux dépenser 1 € aujourd’hui pour entretenir que 10 € demain pour reconstruire », martèle-t-il, évoquant le risque de créer une « dette grise » sur les réseaux d’eau, les routes ou les ouvrages d’art.

Un cercle vicieux à contrer. « Les travaux publics représentent 50 M€ sur le budget du Département de l’Hérault, sur un total de 1,5 Md€. Sur ces 1,5 Md€, le RSA représente un quart. Il faut bien comprendre que si les TP doivent licencier, de nombreux employés vont se retrouver au RSA, et ainsi faire augmenter cette part dans le budget du Département. Il faut éviter cela », tonne Olivier Giorgiucci.

Une rentrée sous tension à venir. Le patron de la FRTP Occitanie estime que le blocage actuel de sa filière est inédit. Son message aux maires : sans reprise rapide de la commande publique, les entreprises ne pourront pas absorber une baisse d’activité de l’ordre de 30 %, sans conséquences sociales.
La fédération régionale représente un peu plus de 2.000 entreprises, 30.000 salariés pour 4,5 Md € d’activité. Des entreprises « locales, non délocalisables, qui réalisent 70 % de leur chiffre d’affaires grâce à la commande publique », affirme encore Olivier Giorgiucci.

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