Submersion marine : le déni à Palavas, l’action à Mauguio-Carnon

8 janvier 2024

« Nous sommes effarés du niveau de déni des élus de Palavas face à la problématique de l’élévation du niveau de la mer et des risques de submersion marine. Pour eux, cela n’existe pas. Alors que, du côté de la DDTM (État) et de la commune voisine de Mauguio-Carnon, une forte inquiétude est de mise », glisse aux Indiscrétions un élu d’une commune membre de l’agglomération du Pays de l’Or. Guy Reverbel, adjoint à l’urbanisme au maire de Palavas (Christian Jeanjean) et conseiller communautaire, a d’ailleurs clairement remis en cause la réalité de l’élévation du niveau de la mer, devant les élèves du campus Espi Montpellier, en juin dernier, lors du jury final du Business Game 2023 de cette école supérieure des professions immobilières. Ce n’est pas comme si la station chère à Dubout s’appelait Palavas-les-Flots.

À Mauguio-Carnon, un dispositif de bail réel d’adaptation à l’érosion côtière, pour détruire à terme des habitations. C’est une délibération, le 11 avril 2023, qui est passée inaperçue lors du conseil municipal de Mauguio-Carnon (maire : Yvon Bourrel). Et pourtant, c’est un dispositif concret d’une commune littorale au risque grandissant de submersion marine. La commune a en effet décidé de s’inscrire sur la liste nationale des communes dont « l’action en matière d’urbanisme et la politique d’aménagement doivent être adaptées aux phénomènes hydro-sédimentaires entraînant l’érosion du littoral ». « L’acquisition de biens par la puissance publique et la gestion de la phase transitoire seront facilitées, notamment grâce au droit de préemption trait de côte et au bail réel d’adaptation à l’érosion côtière », indique le compte-rendu de séance, que Les Indiscrétions viennent de se procurer.
Autrement dit, la commune « peut préempter un bien, le mettre en location jusqu’au moment où le bien n’est plus habitable, explique Yvon Bourrel. C’est-à-dire que, si le bien est évalué à 500.000 euros, on met des locations pendant un certain nombre d’années, au bénéfice de la commune. La commune se rémunère sur l’immobilisation de cette somme qu’elle doit à la personne qui y est, et quand cette période s’éteint, la maison peut être détruite sans qu’il y ait un dommage pour la personne qui en était la propriétaire et sans un dol supporté par la commune ». La délibération a été adoptée à l’unanimité.

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