
C’est un coup dur pour la viticulture catalane. Déjà en plan de sauvegarde depuis 2014, la coopérative GICB (Groupement interproducteurs Collioure Banyuls) demande son placement en redressement au tribunal judiciaire de Perpignan. L’audience est prévue le 12 mars. La situation découle d’un cumul de difficultés : unité de production devenue surdimensionnée, baisse de la production viticole, endettement, impact des sécheresses, chute des ventes.
Le GICB est le principal producteur de Banyuls, un vin doux naturel, et de Collioure, tous deux d’appellation d’origine contrôlée et produits sur les communes de Banyuls, Collioure, Cerbère et Port-Vendres. La structure, présidée par Laurent Barreda, regroupe 509 coopérateurs, emploie 154 salariés et réalise 13,2 M€ de chiffre d’affaires en 2025, au lieu de 19,5 millions en 2017. La surface exploitée, connue pour ses vignes en terrasse faisant face à la mer Méditerranée, décline elle aussi, étant passée de 922 hectares il y a dix ans à 533 hectares aujourd’hui. « Nous n’avons pas pu rémunérer suffisamment les producteurs. Conséquence : ceux qui partent à la retraite ne trouvent pas de repreneur », admet Yves Reiner, directeur opérationnel du GICB.
Repreneur possible. Deux solutions vont être proposées au tribunal judiciaire : une restructuration, avec des licenciements à la clé – dont le nombre n’est pas précisé -, ou l’arrivée d’un repreneur. Une deuxième option en laquelle croit Yves Reiner. « Nous sommes sollicités. Des offres vont être présentées. Malgré ses difficultés, le GICB a des atouts. Le Banyuls est par exemple un produit d’une rare finesse, qui peut se marier avec la cuisine asiatique. Autre atout, les spécificités des vignes en terrasse », ajoute-t-il.
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Héritant d’une lourde dette (20,7 M€ en 2017), due à des erreurs de gestion passées et intégrée au plan de sauvegarde, le GICB est parvenu à la réduire à 17,9 M€. Mais la situation s’est dégradée en 2025, avec une perte comprise entre 1,3 et 1,5 M€, provenant pour moitié à des pertes d’exploitation et pour l’autre moitié de la sous-exploitation industrielle
L’outil industriel de production, Le Mas Ventous, situé à Port-Vendres, a vu sa production décliner : 29.000 hl en 2011, 8.300 hl l’an dernier, entièrement écoulés sur le marché français, en vente directe, sous la marque Terres des Templiers. « On ne peut pas réduire cet outil, qui fonctionne comme une unité », glisse Yves Reiner. Il en appelle à « l’union sacrée » entre agents économiques catalans, « politiques, vignerons, banques, institutions… Le GICB, c’est 45 % des vignes cultivées sur la Côte Vermeille. S’il tombe, le reste tombera », avertit-il. Le GICB a produit un million de bouteilles en 2025.