On s’en fout

9 mars 2026

Dis, si je deviens millionnaire un jour, est-ce que je changerais ? De vie, d’amis, de rêves, de logement, de voiture, de club de foot préféré, de restaurant fétiche, de sorties du weekend, de femme, de scooter, de taille d’écran de télévision ? C’est une question que je me suis posée récemment. Par jeu, entre deux articles.  

Par définition, je n’ai pas la réponse. On ne révèle sa nature qu’une fois en situation. Je pense néanmoins que les valeurs, tellement ancrées depuis des décennies, prendraient le dessus, et qu’au final, rien de marquant ne changerait. J’ai d’ailleurs gardé de nombreux amis de collège et de lycée, quel que soit leur statut social actuel, et sans y prêter la moindre attention. Sans que ce soit un fait exprès, je remarque que je me lie plus facilement d’amitié avec des personnes de condition modeste. Je les trouve plus généreuses et ouvertes, moins enfermées dans des codes, que leurs congénères fortunés, trop vite recroquevillés dans l’entre-soi et le prêt-à-penser.  

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Alors, est-ce que je changerais ? Pour en avoir le cœur net, il n’y a pas 40 solutions : il faudrait que je devienne millionnaire pour de bon. On jugerait alors sur pièce. Devenir millionnaire, un défi himalayesque pour un journaliste en 2026. Quelques chemins de crête cependant, par ordre décroissant de probabilité : Publier des romans à succès ; Lancer un appel en ligne aux dons pour soutenir la presse indépendante car c’est elle qui sauvera la démocratie, et que cette drôle d’entreprise rencontre un incroyable engouement international ; Hériter par surprise de la fortune d’un admirateur caché sans descendance, qui m’aurait choisi comme légataire universel ; Devenir sélectionneur de l’équipe de France de football, car après tout, je m’y connais ; Gagner à l’Euromillion (à condition d’y jouer un jour) ; Braquer tout seul et avec succès un joaillier de la place Vendôme. Mal barré, tout ça, quand même. Je retourne à mes articles.  

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