Dites-le avec des dessins. Ou illustrations, pour employer le bon terme. C’est une réflexion que je me fais souvent, alors que je suis pourtant un pur produit de l’école de la presse écrite. Pourquoi, sur des sujets complexes, les politiques, entreprises, fédérations professionnelles, grands comptes…, ne communiquent pas davantage avec des visuels et des formats ‘motion design’, pour aider à comprendre, de façon simple, des enjeux importants mais complexes ? Par exemple et pêle-mêle, l’utilisation de l’argent public, les modélisations de changement climatique en 2050, la destruction de la biodiversité, l’impact de l’autosolisme combiné à la croissance démographique sur la pollution et les temps de parcours dans une agglomération, etc.
Des efforts notables sont accomplis, notamment du côté des collectivités locales, qui ont révolutionné leur communication en une vingtaine d’années. À l’échelle nationale, on est encore, lors des allocutions, dans un cadre très figé, voire monarchique. Ce n’est pourtant pas sorcier, pour illustrer – au hasard – l’ampleur du déficit public, de faire une colonne « dépenses » et une dépense « recettes ». Avec 1.700 milliards pour le premier, et 1.500 milliards pour le 2e. On comprendrait mieux le problème en le posant ainsi, à la télé, à une heure de grande écoute. Et ça aiderait sûrement à faire évoluer petit à petit les esprits. Alors, pourquoi ne le fait-on pas ? « Ils y ont sûrement déjà pensé. S’ils ne le font pas, c’est pour rester dans le flou, et pour que rien ne change », me suggère un directeur artistique avec qui j’échangeais sur le sujet. Encore un complot, moi je dis.
On s’en fout
3 avril 2026