Suite au décès du sociologue, philosophe, résistant et humaniste Edgar Morin, à l’âge respectable de 104 ans, les déclarations fleurissent sur les réseaux sociaux. Est-ce trop, cette proximité déballée avec un grand homme ? Rien à voir, dans mon esprit, avec une quelconque remise en cause de l’empreinte immense laissée par cet éminent penseur, peut-être l’un des derniers. On ne s’en fout pas, du départ d’Edgar. Et j’entends que certaines parutions soient sincères et réellement affectées.
Ce qui me gêne, c’est, à chaque décès médiatique, cette course numérique à la compassion, cette injonction sociale à la prise de parole qui aboutit finalement à tous écrire peu ou prou la même chose, au même moment, et ce message subliminal qu’il nous faut toutes et tous rester éclairés et vigilants (Edgar Morin était un opposant farouche du RN), à un an de la présidentielle. Ce n’est pas le lieu ni le moment.
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Par ailleurs, soyons honnêtes : qui maîtrise vraiment le concept de pensée complexe développé par ce bon Edgar ? Pas moi, en tout cas. Car si elle est dite complexe, c’est, par définition, qu’elle doit être complexe, et donc se mériter au prix de durs efforts intellectuels. Mieux vaut, dans ce cas, privilégier les anecdotes. Comme celles contées par la présidente de Région Carole Delga : « Il avait accepté d’être le président de mon comité de soutien pour mon élection à la présidence de la Région Occitanie en 2021. Il m’avait tout simplement dit : ‘Comment puis-je vous aider ?’ » ; « Cette phrase qu’il m’avait offerte comme un guide de vie : ‘Éros gagne toujours sur Thanatos. Gardez l’espoir, ne l’oubliez jamais’ ; Il aimait citer Héraclite : ‘Si tu ne cherches pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas’ » Là, on apprend des choses – et des citations. Edgar Morin fut un temps montpelliérain, à la fin de sa vie. Il est né David Salomon Nahoum, le 8 juillet 1921 à Paris.