C’est une ère de résistance qui s’ouvre, alors que les assauts des logiciels IA, et de ses défenseurs zélés, s’intensifient. Sous la pression marketing et sociétale, vais-je devoir déléguer mon intelligence à une machine, sur à peu près tout et n’importe quoi – enregistrement et synthèse de discours et de réunions, réponses à des emails, synthèses de documents, plans stratégiques… ? La communauté l’affirme de façon assez péremptoire pour que la fonction « je doute » soit activée de mon côté.
Bien sûr, certaines technologies permettent de gagner un temps précieux. Ce qui devient problématique, c’est que le fait de rédiger sur son ordinateur, pendant une conférence de presse ou autre, suscite désormais des réactions moqueuses et/ou intrusives. « Comment ça, tu n’utilises pas l’IA ? » Sous-entendu : « Mais tu travailles avec ta tête ? À quoi bon ? »
Je ne réponds bien sûr pas, puisque je suis justement concentré sur une tâche que j’estime à valeur ajoutée, et non cessible à un robot. Je m’accorde ce droit souverain. Encore faudrait-il que l’interlocuteur s’intéresse à mes contenus rédactionnels, au lieu de vouloir imposer mécaniquement sa vérité triomphante.
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Dans cette foire au gras numérique, je me fie à mon intelligence biologique et mon quart de siècle de métier. Pour trier, hiérarchiser, noter, recroiser, contextualiser, développer, connecter. Au sein de notre rédaction, les IA génératrices sont utilisées dans un cadre défini, avec parcimonie. Tout rendu automatisé est passé au crible.
Avis à la communauté des magiciens digitaux et autres vendeurs de solutions miracles : celui qui me dégote ou me façonne une intelligence artificielle capable de rédiger la présente newsletter – avec la même rigueur, le même ton, à la virgule et à l’âme près – pendant que je siffle deux ou trois Gin Tonic, je lui verse 9.990 euros TTC en trois virements.