
Après avoir installé une pompe à superéthanol E85 dans le port de Palavas-les-Flots puis à Marseille-Vieux-Port, l’entreprise héraultaise Biomotors (CA 2025 : 5 M€, 15 salariés, basée à Vendargues, 34) s’apprête à accoster à Port-Camargue (30), plus grand port de plaisance d’Europe, et deuxième du monde (derrière San Diego, aux États-Unis) en nombre d’anneaux. Ainsi, la société, fondée par Alexis Landrieu, envisage de décarboner le nautisme. Il organisait une démonstration de cette solution de carburant, ce 20 mai, entre Palavas et Port-Camargue, et Les Indiscrétions étaient de la partie.
Bateaux de plaisance, jetski ou navettes maritimes. Ces pompes de bioéthanol permettent d’alimenter bateaux de plaisance, jetski ou navettes maritimes, à un tarif défiant toute concurrence. Au moment du reportage, le litre de bioéthanol était affiché à 79 centimes le litre, contre 2,25 € le litre de gazole. Un plaisancier venu faire le plein, se satisfait des économies réalisées. « Là, je suis à sec. Avec du gazole, j’aurais payé mon plein 156 €. Je ne vais payer que 54€ », se réjouit-il. « Sans compter que le bioéthanol est produit en France. C’est un argument de souveraineté, surtout dans cette période », précise Alexis Landrieu.

94 % des émissions d’un port en équivalent CO2 viennent des énergies fossiles. La volonté de l’entreprise de décarboner les usages dans les ports vient d’un constat simple : 94 % des émissions viennent des carburants/énergies fossiles, pour seulement 6 % d’électricité.
Un engagement de propreté des ports d’Occitanie. Cette pompe à venir du côté de Port-Camargue intervient dans le cadre de l’engagement des ports de plaisance d’Occitanie depuis plusieurs années dans la transition écologique. Ces derniers sont désormais certifiés « Ports Propres » et « Ports Propres actifs en Biodiversité ».
Palavas, laboratoire de la solution. « Nous avons été parmi les premiers ports d’Europe, voire du monde, à mettre en place cette initiative ambitieuse », souligne Christian Jeanjean, maire LR de Palavas-les-Flots. Pour Biomotors, via sa filiale Biomarines, l’enjeu est désormais d’équiper un maximum de ports, alors que la navigation de plaisance représente près d’un million de bateaux en France.
La réserve marine de Palavas préservé. Parmi les intervenants lors de cette démonstration, des représentants de la réserve marine de Palavas. « Nous utilisons un Zodiac converti au bioéthanol. Ça permet de sortir un peu plus, tout en polluant moins, et en réalisant des économies », indiquent-t-ils.
Les professionnels du jetski se mettent aussi à la page. « Le bioéthanol permet entre 30 et 50 % d’émissions de moins, selon les études, indique Jessie, monitrice de Jet7 location, à Palavas et Villeneuve-lès-Maguelone. Elle indique que l’intégralité de la flotte de l’entreprise va passer au bioéthanol, après un test concluant lors de la saison 2025. « On utilise environ 80.000 litres de carburant sur une saison avec 22 jets, alors nous espérons amortir l’investissement dès la première année », pense-t-elle. L’utilisation de bioéthanol plutôt que de l’essence classique permet également, selon les études, jusqu’à 90 % d’émissions de particules fines en moins.
Un boîtier pour convertir les bateaux au bioéthanol. Pour booster cette transition et cette décarbonation, Biomotors développe et propose aux plaisanciers et professionnels du nautisme l’installation d’un simple boîtier sur leur bateau, afin de permettre de passer du gazole au bioéthanol. Il faut compter 519 € pour l’intervention, qui dure environ trois heures.