Au Mas Merlet, l’audition studieuse des candidats à la mairie de Nîmes, devant la FRTP

19 janvier 2026

Mobilités, eau, voirie, adaptation au réchauffement climatique : Julien Plantier (centre), Vincent Bouget (rassemblement de la gauche) et Franck Proust (LR), trois candidats aux élections municipales à Nîmes présentent leurs projets, lors des vœux de la FRTP Occitanie, ce 15 janvier au Mas Merlet à Nîmes.  
Une matinée marquée par la présence du président national de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), Alain Grizaud, aux côtés du président délégué de la FRTP Occitanie, Olivier Giorgiucci, du président de la délégation gardoise de la FRTP Occitanie, Christophe Ruas.  

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Alain Grizaud ©DR

Le président de la FNTP attaque la gratuité des transports collectifs. « Il faut arrêter la démagogie politique de la gratuité des transports en commun », tranche Alain Grizaud. Allusion à peine masquée à la mesure prise à Montpellier par Michaël Delafosse, maire PS. « Le gratuit, ça n’existe pas Il y a toujours quelqu’un qui paye. Moi, je n’ai jamais vu quelque chose qui était gratuit », ajoute-t-il. Il balaie également l’argument de l’adhésion de l’opinion publique. « Selon un sondage récent, plus de 70 % de la population interrogée est favorable au financement de leurs transports. Ce que les gens veulent, ce n’est pas la gratuité, mais du service, de la sécurité, de l’amplitude horaire, une desserte des zones d’activité. L’argent miraculeux n’existe pas, et l’État est totalement impécunieux. »   

Voeux FRTP candidats municipales Nimes - Les indiscretions
©DR

Chez les candidats, les positions divergent. Julien Plantier déclare : « Il n’y a pas de gratuit. Derrière, ce sont les contribuables. Mais les moins de 18 ans et les plus de 70 ans doivent bénéficier d’une gratuité. » 
Pour Vincent Bouget, « il y a beaucoup de choses qui sont gratuites ». Il cite « la gratuité par l’usage » mise en place sur les trains régionaux par la Région Occitanie, qui « a augmenté la fréquentation et les recettes ». Il appelle surtout à « un choc de l’offre » en matière de transports.  

Formation : les jeunes moins enclins à bouger. « Les jeunes maintenant ne se déplacent plus pour se former », constate Olivier Giorgiucci. Face à ce constat, la FRTP Occitanie et son institut de formation, l’IFTP, s’adaptent, en maillant le territoire. Des formations ont ainsi été ouvertes à Perpignan, Villeneuve-de-la-Raho, Montauban, Saïx et Toulouse, « en fonction des besoins des entreprises locales ».  

Départements : les Pyrénées-Orientales surnagent.  « Les Départements se sont retrouvés en 2025 dans une difficulté financière forte », glisse Olivier Giorgiucci. Il cite « le Gard et l’Hérault », qui ont « décidé d’arrêter tout investissement », une décision jugée « relativement brutale pour nos entreprises locales ». À l’inverse, « le Département qui s’en est bien sorti dans la région, c’est le département des Pyrénées-Orientales, qui a été le seul, par rapport à 2024, à continuer à investir ».  

VOEUX FRTP
Christophe Ruas et Olivier Giorgiucci ©DR

Carnets de commandes : l’alerte pour 2026. « En début d’année, nos carnets de commandes sont inférieurs à ce que nous avions les années précédentes », alerte Christophe Ruas, pour la FRTP Gard. Un contraste avec l’an dernier. « Autant l’année dernière, sur 2025, les carnets étaient relativement stables. Là, ce n’est plus le cas. »  

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Infrastructures : la France décroche. Pour Alain Grizaud, « la France était numéro 1 en termes de qualité d’infrastructures. En douze ans, on est passé de la première à la seizième place. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Forum économique mondial », précise-t-il. En prévoyant déjà de mettre la pression sur les candidats… à la présidentielle de 2027. Rendez-vous est pris pour un grand oral, le 28 janvier 2027 à Paris.  

Voirie : planification et critiques. Pour Nîmes, Julien Plantier plaide pour « un plan Marshall s’agissant de la voirie », chiffré à plus de 70 M€ sur l’ensemble du mandat. Avec une exigence : « donner de la visibilité sur les six années du mandat. »  

Vincent Bouget appelle à « une programmation cohérente et à long terme, via un schéma directeur ». Il dénonce un système selon lui opaque où « la voirie, c’est une liste établie par les services que le maire arbitre chaque fin d’année ».  

La “rue de demain”. Julien Plantier défend une approche expérimentale de l’aménagement urbain. « Il y a toute une question aujourd’hui qui se pose autour de la rue de demain », explique-t-il. Il propose « de se donner un terrain de jeu avec une rue type » afin de « tester des procédés, tester de nouveaux concepts innovants » et d’observer « la manière dont l’usager le perçoit ». Une rue pourrait être « dédiée, en cœur de ville ou en quartier périphérique », servant aussi de « carte de visite pour les entreprises ».  

Eau et inondations : protection, sobriété et innovation. Julien Plantier propose « la création de la cité de l’eau », pour que « Nîmes soit pionnière » et pour structurer « une filière économique autour de l’eau ». Vincent Bouget rappelle l’enjeu de sobriété : « Il y a des fois trop d’eau, et des fois pas assez. » Il estime que « l’eau étant un bien commun, elle serait peut-être plus naturellement gérée en régie publique », tout en reconnaissant que la sortie juridique du régime de DSP serait « très difficile, voire impossible » sur le prochain mandat. 

Franck Proust insiste sur la prévention contre les inondations. « Plus de 400 M € ont été investis depuis 20 ans » pour protéger la ville. Il juge néanmoins « dommage de perdre ce volume d’eau » évacué vers la mer lors des fortes pluies et évoque des pistes pour « réintroduire une partie de ces volumes dans les nappes phréatiques », avec les contrôles afférents sur la qualité de l’eau.  

Inondations : un consensus. Sur ce sujet, Vincent Bouget parle d’ « un large consensus politique et citoyen », marqué par « le traumatisme des inondations de 1988 ». Des travaux qu’il qualifie de « prouesses techniques » mais qu’il faut « poursuivre et achever », malgré leur durée et leurs contraintes.  

Une coordination Ville / Agglomération à travailler. « Les Nîmois n’en ont rien à faire que ce soit la ville ou l’agglomération. Ce qu’ils veulent, c’est que le service soit bon », résume Franck Proust, sur le pilotage Ville-Agglomération, admettant les problèmes. « Chaque service renvoie sur l’autre, ce qui bloque l’avancée des projets ». Il plaide pour « la mutualisation », qui « engendre des économies ». Selon lui, le maire de Nîmes doit être président de Nîmes Métropole, Nîmes « représentant 80 % des recettes fiscales de l’agglomération ». Julien Plantier se montre plus réservé sur la concentration des pouvoirs aux mains d’une seule et même personne. « Ce n’est pas pour autant qu’il faut que ce soit la même personne. » 

Nouvelle ère. « Il faut que les politiques publiques se donnent de nouveaux moyens, de nouvelles idées, de nouveaux procédés, et surtout qu’on puisse expérimenter. On ne peut plus faire la ville aujourd’hui comme on la faisait il y a 10 ou 20 ans », souffle Julien Plantier, ex-président de la SPL Agate.  

Sur le même sujet : « Alain Grizaud, le boss de la FNTP à Nîmes », Les Indiscrétions du 12 janvier, à croquer là. 

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