« Mobilités : l’heure de l’action ! » : on revient sur la LoupeHV du 6 novembre

17 novembre 2025
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De g. à dr. : Virgile Arène (Load Stations), Olivier de Broissia (Modulauto), Oonagh Whelan (Keolis), Frédéric Lafforgue (Castelnau-le-Lez), Salvador Nunez (Vinci Autoroutes), Patrick Martinez (Banque des Territoires), Hilaire Hautem (SNCF Gares & Connexions), Hubert Vialatte et Sarah Nguyen Cao Khuong (Agencehv). ©Éric Durand

Quels sont les grands défis de la mobilité du quotidien ? Où en sont les Serm ? Va-t-on trop vite dans les efforts de décarbonation des mobilités ? Où en est le COM à Montpellier ? Voici, entre autres, les thèmes débattus ce 6 novembre, au Domaine du Grand Puy, à Montpellier, avec des élus, experts et entreprises du territoire, en présence d’une centaine de décideurs.  
Soyons honnêtes : le thème des mobilités n’est pas le plus facile à vendre. Et pourtant, il conditionne nos quotidiens, et l’attractivité des territoires. De plus, l’actualité nous avait donné raison, avec le premier comité de pilotage du Serm de Montpellier, le 28 octobre, et la signature de l’autorisation environnementale du Contournement Ouest de Montpellier par le préfet, le 30 octobre.  
Cette 2e LoupeHV (après la première, portant sur les transitions énergétiques en mars) a été coanimée par Sarah Nguyen Cao Khuong et Hubert Vialatte. Partenaires de cette 2e édition : Banque des Territoires Occitanie, SNCF Gares&Connexions Occitanie et Vinci Autoroutes.  

Plus de 80 % des déplacements se font en voiture en Occitanie, rappelle l’Insee. Cette part est stable depuis 40 ans. Le transport représente 30 % des émissions de gaz à effet de serre. En Occitanie, la Région a investi plus de 800 M€ dans le plan Rail. Montpellier Méditerranée Métropole a consacré près de la moitié de son plan pluriannuel d’investissement (environ 2,5 Mds€) aux transports.  

Deux Serm. En Occitanie, deux services express régionaux métropolitains sont en cours, à Toulouse et à Montpellier. « Il y a un besoin d’accélérer le Serm, pour lutter contre l’autosolisme », lâche Frédéric Lafforgue, maire de Castelnau-le-Lez et vice-président de 3M. Sa commune est particulièrement concernée par les enjeux de multimodalité : ligne de tramway, deux lignes de bustram, projet de halte TER de Sablassou. Salvador Nunez (directeur opérationnel de Vinci Autoroutes) rappelle que « les problèmes de mobilité ne se résoudront pas si on exclut un mode de transport ». « Parmi ceux qui sont venus ici ce matin, je suis sûr que beaucoup ont utilisé deux modes de transport différents. Par exemple, je suis venu en tramway, et ai fini à pied », illustre Hilaire Hautem (Gares&Connexions), qui a rappelé les lourds investissements consentis dans les gares (modernisation et mise en accessibilité). Rappelant une idée simple : « Il faut donner envie de prendre le train, ce qui passe par la fiabilité, la propreté et la sécurité ». De nouveaux services sont également à l’étude, notamment dans les villes moyennes (services médicaux, par exemple).  
Le premier édile de Castelnau-le-Lez souligne qu’il faut « développer des services lisibles et mieux coordonnés ». Le débat a aussi porté sur la halte TER du Sablassou, essentielle pour relier réseau de tramway et TER. Patrick Martinez, directeur régional de la Banque des Territoires, estime que « le Serm de Toulouse est beaucoup plus capitalistique, avec environ 5 Mds€ d’investissements ferroviaires. À Montpellier, un projet de Serm allant jusqu’à Nîmes, les montants sont moindres, mais les interfaces sont mieux travaillées ».L’occasion également d’évoquer le nouveau PEM (pôle d’échanges multimodal) de Gignac (34), où l’on retrouve une station Modulauto, exemple concret d’intermodalité routière réussie entre cars, covoiturage et véhicules partagés.  

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Une centaine de personnes étaient présentes lors de la Loupehv. ©Éric Durand

Une gouvernance à élargir.Oonagh Whelan (Keolis), jeune diplômée du master Transports et Mobilités de l’Université Paul-Valéry et travaillant aujourd’hui pour Keolis, a partagé les conclusions de son étude sur le Serm de Montpellier, vu par les étudiants de Paul-Valéry. Un moment apprécié. « Il faut lever les limites de gouvernance et adapter les matériels existants. Dans certaines zones, la logique institutionnelle bloque l’efficacité des transports, comme autour de Ganges, où les besoins réels ne correspondent pas toujours aux périmètres administratifs. » De son côté, Salvador Nunez estime que le plan de mobilités de la métropole de Montpellier (bustram, vélo, tramway) « est très pertinent… pour les Montpelliérains. Mais il n’a pas été suffisamment pensé, selon moi, en concertation avec les territoires environnants. Or, des gens rentrent sur Montpellier tous les jours pour venir y travailler ou y amener des marchandises qui sont consommées par les Montpelliérains. Il n’y a pas assez de parkings en entrée de ville pour encourager l’intermodalité. Il faut être plus ambitieux. » Et d’illustrer son propos avec l’exemple de Grenoble, où la gouvernance unifiée entre Métropole, Département, Région, État et autres collectivités a permis une meilleure coordination des mobilités.  

Comment électrifier et changer les usages ? Le transport reste le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre. Patrick Martinez (Banque des Territoires) rappelle que « la Banque des Territoires a investi 500 millions d’euros dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques », soit 75 000 bornes déployées. Virgile Arène (Load Stations) présente sa solution, qui « optimise la gestion des bornes électriques pour les collectivités et entreprises », luttant par exemple contre les voitures ventouses. Olivier de Broissia (Modulauto) rappelle que « la vertu n’est pas seulement dans la technologie, mais dans les pratiques ». Créée en 2007 avec six véhicules, Modulauto en gère aujourd’hui 200, et bientôt 300. Concernant la suspension de la ZFE, « les élus reviennent dans le monde du réel. L’Europe temporise sur ses objectifs : la réalité s’impose à tous », estime Salvador Nunez.  

Contournement Ouest de Montpellier : arguments pour et contre. Point d’orgue de la matinée, le sujet du COM a cristallisé les débats. Salvador Nunez défend un projet « moderne, en interface avec les réseaux cyclables et le réseau de tramway de la métropole de Montpellier », en rappelant qu’il s’agit d’un projet d’État, dont l’autorisation environnementale a été signée le 30 octobre par le préfet de l’Hérault. « Être contre le COM, c’est être contre les habitants des périphéries qui n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture », affirme-t-il. Frédéric Lafforgue décrit ce projet comme étant « soutenu par le monde économique local », à commencer par l’association des entreprises de Garosud, la CCI Hérault et le Medef Montpellier.  

Pour Les Shifters, membres de The Shift Project association ayant pour objectif de décarboner l’économie (président : Jean-Marc Jancovici), « l’impact climatique du COM est sous-estimé : le trafic induit serait bien plus élevé que ce qu’avance l’étude Quinet-Gaudry, qui repose sur des hypothèses trop restrictives ». Ils maintiennent que le COM « augmentera les émissions de CO₂ et contredira les objectifs climatiques de la métropole ».  

Sur le même sujet : « Hilaire Hautem, SNCF Gares et Connexions », Les Indiscrétions du 3 novembre, à croquer ici.

> Webzine complet à paraître sur le thème des Mobilités, avec textes, analyses, photos, vidéos et vos retours. L’équipe d’Agencehv planche dessus.  
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Miniature video Loupehv 2 - Les indiscretions
Visionnez l’intégralité des débats en cliquant ici

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