Au Salon International de l’Agriculture, producteurs et exposants font grise mine

9 mars 2026
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©Jules Mestre (Les Indiscrétions)

« Il y a eu une baisse de fréquentation moyenne de 28 % sur cette édition par rapport à l’année dernière », confie Arnaud Lemoine, directeur du Centre National des Expositions et Concours Agricoles (CENECA), aux Indiscrétions. Malgré une semaine qui reste une belle fête de l’agriculture française et internationale, c’est peut-être le chiffre que garderont les producteurs et exposants en tête. Cette 62e édition a été marquée par des appels au boycott. La gestion sanitaire de la crise de dermatose nodulaire contagieuse (maladie tropicale bovine non transmissible à l’homme) est pointée du doigt, avec une campagne de vaccination tardive. L’absence de vaches lors du Salon a également contribué à la baisse de fréquentation, tant les bovins demeurent l’emblème de cet événement. Au total, du 21 février au 1er mars, un peu plus de 437.000 visiteurs ont passé les portes du Salon. Malgré cette absence de poids, la grosse machine du Salon de l’Agriculture a dû continuer à tourner. Chevaux et moutons ont pris la lumière du grand ring à la place des vaches, et les animaux d’Occitanie ont brillé sur le Concours général agricole. 5 chevaux ont été classés, 19 porcins, mais aussi 7 ovins, et… 30 chiens. Sur le reste, 781 vins ont été médaillés, dont 403 avec une médaille d’or. 296 produits d’Occitanie ont aussi été médaillés, des liqueurs aux bières en passant par des produits oléicoles, de la viande, des volailles ou des produits laitiers.  

De plus, l’espace Occitanie, le plus vaste parmi les régions de France, a été replacé au troisième étage du hall 7 plutôt que dans son ancien emplacement du hall 3, aujourd’hui en chantier.  

Pour la suite, Jérôme Despey, patron du Salon de l’Agriculture, donne déjà rendez-vous pour l’édition 2027, du 20 au 28 février.  

Sur ces deux jours sur place, Jules Mestre, envoyé spécial pour Les Indiscrétions, est parti à la rencontre d’exposants, producteurs et autres visiteurs. Morceaux choisis.  

Sieur d’Arques prend une participation chez La Cavale. Sieur d’Arques, cave coopérative de Limoux qui produit chardonnays et crémants dans l’Aude, annonce avoir acheté des parts dans la SAS Aper’Oc (Limoux, 11) qui produit l’alcool La Cavale. « Nous avons racheté 30 %, avec l’idée de mélanger nos crémants avec cet alcool fait à partir de crème de menthe et d’alcool de marc de raisin », explique-t-on aux Indiscrétions sur le stand Sieur d’Arques du Salon de l’Agriculture.  

Inauguration de la zone Occitanie sur le SIA 2026
Inauguration de la zone Occitanie sur le SIA 2026 ©Jules Mestre (Les Indiscrétions)

L’abattoir d’Alès est à l’équilibre depuis son ouverture. « C’est un outil indispensable dans le cas de la souveraineté alimentaire. Ça nous permet d’avoir un outil d’approvisionnement local, ça amène une plus-value, pour développer la filière élevage dans le Gard », souligne Magali Saumade, présidente de la Chambre d’agriculture du Gard, indiquant que les finances de l’abattoir sont à l’équilibre, quelques mois après la réouverture des lieux. Vidéo de Magali Saumade à découvrir sur nos réseaux sociaux juste ici.  

Toujours pas d’information sur une reprise de Terre des Templiers. Les employés de la coopérative GICB (Groupement interproducteurs Collioure Banyuls), surpris que quelqu’un leur parle du projet de reprise qui entoure leur coopérative depuis quelques mois, indiquent ne pas avoir d’information supplémentaire à donner. « Les informations vont vite… On n’en sait pas plus, indique l’un d’eux. Pour le reste, nous pouvons dire que les vendanges ont été à un niveau correct cette année, mais rien à voir avec le niveau d’il y a 10 ans ». La coopérative distribue ses produits sous la marque Terre des Templiers et a demandé son placement en redressement judiciaire. L’audience est prévue le 12 mars. Nous en parlions dans notre édition du 2 février, à (re)lire juste ici.  

La Miellerie des Clauses agrandit sa capacité d’accueil. À Montséret, dans l’Aude, la Miellerie des Clauses (dirigeants : Hélène et Laurent Poloni) a déménagé à quelques mètres de son ancien lieu d’accueil. Le but : agrandir sa capacité d’accueil, et proposer un lieu plus propice, entre l’atelier et la boutique. La structure compte deux salariés, un stagiaire, et les deux associés-gérants.  

La Mémé, souffle sa 50e bougie mais se pose la question de l’avenir. Stand incontournable représentant le département du Lot, La Mémé du Quercy (association de producteurs lotoise) fêtait cette année son 50e Salon de l’Agriculture (sur 62 éditions, note). Et pourtant, la question de revenir l’année prochaine se pose. Anthony Janicot, à la tête du vignoble Janicot, déplore des charges trop élevées, et une entrée d’argent trop faible, due à une « fréquentation en chute libre ». Le vignoble Janicot vend 100 % de sa production en France. La structure compte 7 personnes sur le volet commercial, et 4 dans le vignoble. « Après 50 participations, je trouve aussi dommage que le Département du Lot ne s’aligne pas sur d’autres départements, comme le Gard ou le Tarn, et vienne financer lui-même un grand stand pour tous ses producteurs. En venant sur nos propres moyens, on se met dans le rouge chaque année », explique-t-il.  

Maison Saunier vers les plus beaux villages de France. « Nous sommes confiseurs, et ouvrons des boutiques dans les plus beaux villages de France, même si ce ne sont pas les endroits les plus passants. Récemment, nous avons ouvert à Saint-Guilhem-le-Désert, dans l’Hérault, et à Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn », indique un salarié.  

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