Soft power, hausse des impôts locaux, développement économique : ce qu’il faut retenir de l’intervention de Delafosse au Cercle Mozart

4 mai 2026

Cultiver un soft power à la montpelliéraine, engagement à créer 30.000 emplois sur le mandat, retour sur les municipales… Ce qu’il faut retenir de la première prise de parole publique de Michaël Delafosse depuis sa réélection, le 23 avril au Ring, lors d’une soirée Cercle Mozart en présence de 400 décideurs économiques et élus.

cercle mozart
Michaël Delafosse aux côtés de Jean-Marc Maillot (Cercle Mozart). ©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions) ©DR

« Nous avons obtenu 25 points d’avance sur la liste LFI , qui était un danger pour le territoire. Je mène un combat sans merci contre LFI depuis 2020. Ce parti avait fait de Montpellier sa cible première. C’est une victoire par KO (applaudissements de la salle). Mais l’élection n’était pas pliée pour autant entre les deux tours. C’était une triangulaire. J’ai obtenu avec ma liste plus de 50 %, donnant une clarté totale au vote, et devenant le premier maire réélu de Montpellier, depuis 2001 (réélection, alors, de Georges Frêche, ndlr). Cela assure sept ans de stabilité politique sur le territoire. Elle va nous permettre d’agir, elle est précieuse pour faire réussir le territoire. À Lyon, Marseille, ça va être compliqué. Tout comme est précieux l’alignement avec le Département de l’Hérault et la présidente de la La Région Occitanie / Pyrénées-MéditerranéeCarole Delga. »

Objectif premier : créer 30.000 emplois. « C’est la mission donnée à Christian Assaf (ex-adjoint aux Sports, nommé VP au développement économique). J’aurais pu choisir d’autres personnalités. Je voulais choisir un politique, au sens noble du terme, qui prend des challenges et les met en œuvre (ce que Les Indiscrétions ont décrypté le 13 avril, « homme fort pour secteur-clé », ça croustille ici). Il connaît bien le territoire, il connaît beaucoup d’entre vous, il est élu à la Région Occitanie (et président de l’AREC Occitanie). »

« Deux enjeux : que la croissance profite aux entreprises du territoire ; Et développer la capacité à aller chasser en meute. Pour défendre le territoire, gagner des appels d’offres, il faut faire pack.
Allez dans les instances nationales de vos syndicats professionnels, allez dans des lieux où vous pouvez porter la parole de Montpellier. Aujourd’hui, si on ne fait pas le pied de grue devant les ministères, les fonctionnaires, devant les autorités réglementaires, on vous prend de haut. Montpellier doit se doter d’un soft power, d’une efficacité d’intervention, d’une capacité à se soutenir les uns et les autres. Nous réunirons l’ensemble des acteurs présents dans les instances parisiennes, pour coordonner nos paroles, pour relever les défis des uns et des autres. C’est indispensable. Montpellier ne gagnera rien en attendant que ça tombe du ciel.
»

Perte de souveraineté. « La souveraineté du pays recule, et il semble très impuissant à relever les défis. On est en train de créer des chèques, et on n’a toujours pas conduit le choix de l’électrification, des énergies renouvelables. On est encore à courir après. La crise d’Ormuz nous percute de plein fouet. Nous sommes à un moment où la crise des finances publiques est majeure, très dure. Toutes les métropoles sont aujourd’hui en très grande difficulté, la nôtre moins que les autres. Croyez-moi, Marseille, Metz, Toulouse… c’est difficile. Les ponctions et prélèvements de l’État sont très forts. Or, il ne faut pas casser l’outil qui marche. Ce qui fait le développement économique du pays, c’est dans les métropoles que ça se passe. Quand les métropoles font du développement économique, elles peuvent redistribuer de la richesse sur les zones fragmentées et territorialement fragilisées. »

Forte hausse de la taxe foncière pour financer la métropole. Michaël Delafosse a annoncé une forte hausse d’impôts, à travers un nouveau pacte financer et fiscal. « Soit nous baissons massivement le niveau de service public et d’investissement, soit nous demandons aux communes de contribuer, ce qui réduit le niveau de service à l’échelle communale. Notre métropole ne possède pas de fiscalité propre, elle se finance par les impôts des entreprises : Versement Mobilité, CFE, CVAE… Je n’agirai pas sur la fiscalité des entreprises. Je m’y suis engagé. Nous faisons le choix de créer une fiscalité foncière métropolitaine qui sera pour un habitant de Montpellier, habitant un T3 de 65 m², de 7 à 8 euros par mois. Chacun en aura pour son argent. Le but est que la commande publique reste importante, que le territoire continue à s’équiper pour créer de la valeur… Ce n’est jamais agréable de porter ce type de choix, mais la réalité est là. L’État ne compense plus les efforts demandés aux collectivités, et ça devient financièrement très difficile. J’assume ce choix. » Concrètement, la part de la Métropole passera de 0,16 % à 5,8 % de la valeur de base. Soit une hausse, chaque année, pour les propriétaires, allant de 50 € à près de 300 €, selon la nature des biens.

J’en apprends plus ici

LNMP : Appel à la contribution des entreprises. « Vous devez parler, Jean-Marc (Maillot, président du Cercle Mozart, à ses côtés sur le ring, ndlr), prendre la parole, sur la Ligne ferroviaire à grande vitesse Montpellier-Béziers. C’est 1,9 Md€ de commandes publiques. Et vous devez prendre la parole en vue de la DUP (concertation publique en cours, ndlr) entre Béziers et Perpignan pour garantir de l’activité aux entreprises des travaux publics à l’horizon 2040. Il faut se préparer au combat (faisant allusion aux lourdes contraintes environnementales, ndlr). »

Sport : nouveaux équipements en vue. Nouvelle halle de tennis de table (dessinée par l’agence GAU) à côté du stade Philippidès, nouveau palais des sports pour le MHB (handball) dans le quartier Cambacérès, rénovation sur site du stade de la Mosson (football) : après un premier mandat marqué par des atermoiements sur ces dossiers, Delafosse promet cette fois d’accélérer sur le volet des équipements sportifs. Prenant appui sur les frères Alexis et Félix Lebrun (tennis de table), « qui incarnent un soft power ».
Sur le même sujet : Les Indiscrétions du 30 mars, à croquer ici

Réorganisation des services métropolitains. Charge est donnée à Olivier Nys, directeur général des services de la Ville et de la Métropole, de « paramétrer l’administration métropolitaine au service du développement économique, qui est la priorité absolue. Nous voulons être l’endroit où le service public est le plus efficace de France. Le pays crève de ça : un service public qui vous renvoie de bureau en bureau, où on ne décide plus et où on perd du temps ».

Le tramway à l’aéroport ? Un dialogue va être engagé « avec Stéphan Rossignol, président de l’agglomération du Pays de l’Or, pour la desserte de l’aéroport Montpellier Méditerranée par le tramway. L’intérêt supérieur doit commander, Carole Delga (Région Occitanie) et l’État voient ça d’un très bon œil. On ne peut pas continuer à accueillir des visiteurs avec une telle rupture de charge » (l’aéroport est situé en dehors du périmètre de la métropole de Montpellier, sur celui du Pays de l’Or, l’extension du tramway vers l’aéroport supposant donc une convention entre les deux EPCI, ndlr).

« Ne pas vivre sur nos acquis ». « Avoir le BIC (entreprises innovantes), la plus ancienne université de Médecine de France, le simple fait de créer nos filières, ne suffit pas. Il faut un nouveau souffle. Nous devons créer de la richesse sur le territoire, dans l’une des anciennes régions, l’ex-Languedoc-Roussillon, qui reste l’une des pauvres de France. Nous avons tous les atouts pour réussir, un alignement entre acteurs politiques et économiques, CCI, CPME et Medef réunis. Je ferai des points d’avancement. »

BRS Entreprise : aider la France qui travaille. « À travers un bail réel solidaire Entreprises, je veux aider la France qui travaille, des gens qui gagnent peu, pour qui c’est dur. C’est un objet dédié que je veux créer pour les entreprises. Il faut aider les gens à devenir propriétaires. L’objectif fixé est de 4.000 BRS sur le mandat, rentrant dans les quotas de logements sociaux. Par ailleurs, ACM Habitat doit pouvoir répondre sur ces enjeux, en termes de production et d’attribution de logements sociaux. Une feuille de route est fixée en ce sens. »

Urbanisme : sites identifiés. Parmi les sites à fort potentiel de reconversion urbaine identifiés : « L’ex-Groupama (via Cogedim, ndlr) à Chaptal, l’ex-Engie à proximité de la ligne 2 de tramway, et demain l’emprise libérée par Union Matériaux vers Cambacérès Sud. Si nous ne produisons pas de logement, la crise du logement va s’aggraver. »

L’arrêt du Pinel, une erreur. « Je reproche au chef de l’État d’avoir arrêté du jour au lendemain le dispositif de défiscalisation Pinel, sans autre dispositif, pour aider la France du travail à devenir propriétaire. Cela a cassé la chaîne de l’immobilier, qui est aujourd’hui sinistré. C’est de la TVA en moins pour l’État, qui pilonne ensuite les collectivités locales. »

Pourquoi Michaël Delafosse n’a-t-il pas répondu aux attaques de Rémy Gaillard, lors du débat organisé avec le Cercle Mozart et Midi Libre. « Chaque minute que nous devons consacrer doit être au service du territoire, et pas à la médiocrité », a lancé M.Delafosse.

BRS Entreprises, Welcome Package… : Redécouvrir les engagements économiques et urbanistiques de Michaël Delafosse lors de son audition auprès de l’ABCD : dès février, en cliquant ici.

Share This