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1 juin 2026

Groupe Empleo Potentiel Humain : vingt ans d’adaptation au marché de l’emploi

Vingt ans après l’ouverture de sa première agence à Béziers, le groupe Groupe Empleo Potentiel Humain (recrutements, intérim, accompagnement, portage salarial…) s’est imposé dans le paysage occitan. De l’intérim au management de transition, du recrutement au freelancing, l’entreprise accompagne avec agilité les transformations du monde du travail. À l’heure où les attentes des salariés évoluent plus vite que jamais, Romain Planès, cofondateur du groupe, livre aux Indiscrétions son regard sur deux décennies de mutations économiques, managériales et sociétales.

Caminarem1 - Les indiscretions
©DR

Quand Potentiel Humain, cabinet de conseil en compétences et en nouvelles formes d’emploi, basé à Béziers, voit le jour en 2005, le marché du travail n’a alors rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Le rapport à l’entreprise, la fidélité des salariés, les modes de management ou encore les formes d’emploi… Beaucoup de paramètres ont profondément change en 20 ans. « La différence entre les attentes des salariés et celles des dirigeants d’entreprise se creuse. C’est un sujet d’inquiétude majeur pour le recrutement », observe Romain Planès, directeur général associé de Potentiel Humain, aux côtés de Matthieu Ourliac, dans un échange avec Les Indiscrétions, ce 27 mai à Montpellier.
La mutation est avant tout sociétale : « Il ne faut pas stigmatiser la génération de jeunes. Le travail ne paie plus comme dans les années 60, 70 ou 80. On pouvait doubler son niveau de vie en 15 ans. Aujourd’hui, en moyenne, il faut… 80 ans. Le travail est donc surtout devenu, pour beaucoup, un moyen de subvenir à ses besoins et de nourrir sa famille, alors qu’il permettait autrefois de se constituer un patrimoine », ajoute-t-il. Tout en se disant convaincu que, dans ce contexte explosif, « l’économie va s’inviter dans le débat public », à l’aube de la prochaine présidentielle. 

« Le système doit être plus fort que l’homme »

Conséquence : il constate une érosion de la fidélité aux entreprises. Dans ce contexte, les managements de type autoritaire, les rapports trop hiérarchiques, amènent à des impasses. « Mon conseil principal aux entreprises : réfléchissez aux postes de travail interchangeables, en créant un système fait de polyvalence, de résilience et de redondance, pour maîtriser le maintien de la compétence en interne. Les entreprises ne doivent pas se construire en fonction des hommes et des femmes, et éviter de se construire à partir de compétences particulières. Si quelqu’un part, faites évoluer quelqu’un d’autre. Un système ne doit pas tenir à une personne ni à des dirigeants », souligne Romain Planès. Il insiste sur la nécessité d’établir des process. “ Le système doit être plus fort que l’homme, si l’entreprise veut être résiliente ”, affirme-t-il.

Dès 2013, Matthieu Ourliac et lui-même ont appliqué ce conseil à leur propre entreprise, en se détachant de l’opérationnel. « Entre l’ouverture de notre agence à Narbonne en 2013 et celle de Toulouse en 2016, nous sommes passés du « faire » au « faire faire ». Nous étions plus de 20 salariés, et il a fallu davantage déléguer, responsabiliser les équipes, les rendre autonomes », raconte-t-il.

Nouvelles attentes

Au fil des années, Potentiel Humain a également observé l’émergence de nouvelles attentes autour de la qualité de vie au travail, du télétravail ou encore de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Autant de transformations accélérées par la pandémie de Covid, « même si on parlait déjà de marque employeur à la fin des années 2010. Très vite, les entreprises ont réalisé qu’elles devaient apporter autre chose que le simple salaire ». Dans ces cas-là, il estime que certaines entreprises sont allées trop loin, et trop vite. Il se dit par exemple opposé à la semaine à 4 jours, affirmant qu’on « manque de recul sur ces solutions. Nous sommes en pleine transition à ce niveau, il faut encore trouver la bonne mesure ».

Pour Romain Planès, il vaut mieux rendre le télétravail possible quand il y a besoin tout en instaurant une certaine souplesse. « Attention tout de même : les moteurs de l’entreprise restent le résultat, la productivité et la génération de liquidités. Il est important de redonner l’idée de l’importance du travailMoins de résultat net, c’est moins de levier de performance, moins de budgets possibles pour améliorer la qualité de vie au travail. Et il est très dur de faire marche arrière pour remettre ensuite les équipes dans une logique de productivité », précise-t-il. Rappelons à ce sujet la sortie de la philosophe Julia de Funès : « Ce n’est pas parce que les salariés sont heureux que l’entreprise est performante ; C’est parce que l’entreprise est performante que les salariés sont heureux. »

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Grandir sans perdre son ADN

Pour Potentiel Humain, ces vingt années ont également été celles d’une croissance progressive et maîtrisée. Un tournant important, et structurant intervient à partir de 2015, avec la création progressive des fonctions support au siège de Béziers : un service comptable, social et administratif.
Le groupe a su se diversifier vers de nouvelles formes d’emploi, avec le portage salarial dès 2017, et aujourd’hui sur les métiers du freelancing et du management de transition.

Afin de concerner l’ensemble des équipes, Potentiel Humain organise un comité de pilotage une fois tous les quatre mois. « Ça permet à tout le monde de comprendre le fonctionnement du groupe. Nous y partageons les besoins financiers du groupe, toujours dans une démarche de transparence pour que tous les collaborateurs se sentent bien impliqués dans le projet de PME », détaille Romain Planès. Le duo de dirigeants prône un management « collaboratif et responsabilisant, en donnant un maximum d’autonomie, pour que les responsables d’agences soient responsables ».
Les résultats financiers sont partagés, et les collaborateurs sont consultés sur les sujets opérationnels et stratégiques.
Dans cet esprit de modernité entrepreneuriale, le groupe a créé, il y a trois, une « management compagnie », société permettant aux salariés ayant deux ans d’ancienneté qui le souhaitent d’entrer au capital. Une dizaine ont franchi le pas.

Soirée anniversaire au cœur de Béziers

Cette année anniversaire pour Potentiel Humain sera célébrée lors d’une soirée dans les Arènes de Béziers, en juillet. Les arènes sont comme une évidence : « C’est la culture biterroise, l’art du spectacle, une enceinte construite à l’origine pour des spectacles lyriques. C’est un lieu emblématique du cœur de Béziers, qui allie art, culture et identité de notre ville », confie-t-il. Plus de 300 invités y sont attendus autour d’un spectacle mêlant humour, culture et réflexion sur le monde professionnel avec Aurélie Moure, connue pour sa satire sociétale du monde du travail, « 50 nuances de Waw ».
Et la genèse de l’histoire, au fait ? Une histoire biterroise. Potentiel Humain a été fondé par Matthieu Ourliac (51 ans, président du Medef Hérault Béziers), qui a vite pris Romain Planès (44 ans, président du club APM Cœur de Languedoc) comme associé. Tout a commencé presque par hasard : « Ma sœur est mariée au frère de Matthieu. Au détour d’une discussion, c’est son énergie qui m’a convaincue de le suivre dans son projet d’ouvrir une agence d’intérim. Il a su me faire une place très tôt, et me laisser construire ce projet à ses côtés », raconte Romain Planès. La répartition des rôles entre les deux s’est faite naturellement, entre un fervent défenseur de l’entrepreneuriat – Matthieu Ourliac, président du Medef Béziers Littoral Ouest Hérault et de Prim’emploi Occitanie – et Romain Planès, davantage dédié à un rôle opérationnel et de représentativité commerciale.
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