« Les vignerons doivent répondre à deux défis majeurs» : Anne-Laure Borras, nouvelle présidente de l’AOP Languedoc

29 juin 2026
AOP Languedoc : à gauche, Jean-Benoît Cavalier aux côtés d'Anne-Laure Borras. ©Jules Mestre
AOP Languedoc : à gauche, Jean-Benoît Cavalier aux côtés d’Anne-Laure Borras. ©Jules Mestre (Les Indiscrétions)

Une page d’histoire se tourne, ce 23 juin, au sein de l’Appellation d’origine protégée (AOP) Languedoc, au Mas de Saporta, à Lattes (34) : Anne-Laure Borras, diplômée de l’AgroToulouse, école nationale supérieure agronomique, est élue présidente de l’AOP Languedoc. Elle succède à Jean-Benoît Cavalier, président depuis 26 ans. Il reste au sein du conseil d’administration. À noter également le départ de Guy Lautier, « trésorier depuis de très nombreuses années », indique Stéphanie Delorme, directrice de l’AOP Languedoc.

Anne-Laure Borras « participe depuis longtemps aux conseils d’administrationelle est au fait des éléments stratégiques », souligne Jean-Benoît Cavalier. Elle devient la première femme à présider cette AOP. À la tête, avec son mari, du Domaine Le Nouveau Monde, à Vendres (34), elle travaille dans un domaine acquis par ses grands-parents il y a plus de 50 ans. Elle en assure la continuité depuis plus de 20 ans. Œnologue de formation, le domaine d’Anne-Laure Borras est certifié en agriculture biologique depuis 2020. « Notre appellation a une richesse exceptionnelle : sa diversité. Aujourd’hui, nous voulons que l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) Languedoc soit un créateur de lien, mais aussi plus qu’un syndicat, une maison qui est là pour les producteurs. »

Défis économiques et environnementaux. « Les vignerons doivent répondre à deux défis majeurs : économique et environnemental », souligne Jean-Luc Bousquet, président de la cave coopérative la Fontesole à Fontès (34). « Cette ambition passe notamment par le soutien aux démarches d’économie circulaire et de réemploi. En tant qu’appellation responsable, l’AOP Languedoc entend contribuer à réduire l‘empreinte environnementale de sa filière en favorisant des solutions concrètes de réutilisation des emballages, notamment du verre. »

Et maintenant ? « Dans l’immédiat, on a les vendanges, principalement, qui arrivent. Puis, nous allons continuer à travailler sur l’évolution du cahier des charges, et la modernisation de la Maison des vins », liste Anne-Laure Borras. Cette dernière indique également que des commissions vont être lancées afin de faire participer les adhérents qui le voudraient à certains sujets.

Une appellation « de Collioure à Nîmes ». « L’AOP Languedoc est l’une des appellations les plus importantes de France, et un socle solide pour toutes les appellations plus locales, comme l’AOP Montpeyroux. À New-York, les consommateurs visualisent bien mieux l’AOP Languedoc que Montpeyroux », explique Jean-Benoît Cavalier.

192.507 hL de production en 2025. Le plus vieux vignoble de France peut se targuer de chiffres conséquents sur sa production : 192.507 hL de vin produit en 2025 sur 5.829 hectares, 228.347 hL de vin sorti des chais. 46 % de la production est consacrée à l’export (27,7 M cols), 31 % pour les Cafés-hôtels-restaurants (CHR), cavistes et ventes directes, et 22 % pour la grande distribution. Sur l’ensemble de la production, on retrouve 59 % de rosé, 30 % de rouge et 10 % de blanc.

Sur le même sujet : « Les vins du Languedoc encouragent à partir à l’export », dans Les Indiscrétions du 9 février 2026 à croquer ici.

Je découvre ici le bureau autour d’Anne-Laure Borras

Autour d’Anne-Laure Borras le nouveau bureau se compose d’une équipe resserrée : Jean-Luc Bousquet, Arnaud Moynier du Domaine Coste Moynier (Entre-Vignes, 34), Alexandre Thouroude, vigneron à Cannes-et-Clairan (30) au Clos des Ors, et Richard Cullié, président de la Cave coopérative l’Estabel à Cabrières (34). En plus de cela, de nouveaux administrateurs entrent au conseil d’administration, comme Laura Balsan, vigneronne au Mas Origine à Montpeyroux (34).

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