
La mare aux municipales

L’œil des Indiscrétions
Chaque semaine jusqu’au 1er tour, la rédaction livre un billet éditorial relatif aux municipales en Occitanie. En se livrant au jeu du pronostic. Lequel ne doit bien sûr pas être confondu avec une quelconque préférence. On fera les comptes le 23 mars !
Nos pronostics à Narbonne et Carcassonne. Entre prime au sortant et dégagisme, les élections municipales à Narbonne et Carcassonne, dans l’Aude, s’annoncent différentes.
À Carcassonne, Gérard Larrat achève son troisième mandat au poste de premier édile (2005-2009 ; 2014-2026). Le maire qui a fêté ses 84 ans en novembre brigue un nouveau mandat. Face à lui, des candidats en campagne depuis de longs mois. À commencer par Alix Soler-Alcaraz (PS, PCF, Les Écologistes, PRG, PP et Partit Occitan) qui réalise une campagne sérieuse, à l’instar du duo Magali Bardou et François Mourad, soutenu par le parti Horizons. Enfin, Christophe Barthès apparaît comme l’un des favoris au fauteuil de maire. Député qui a frôlé les 50 % dès le premier tour en juin 2024, il demeure une figure politique locale influente.
Puis, ce 19 février, arrive un sondage Ifop commandé par nos confrères de L’Indépendant. Et certains lecteurs ont dû avaler leur café de travers de surprise. Au premier tour, Christophe Barthès, député de la 1ere circonscription audoise et candidat RN, arrive en tête (26,5 %), devant François Mourad, DVD soutenu par Horizons (25,5 %) et Alix Soler-Alcaraz (25 %). Gérard Larrat n’arrive qu’en quatrième position, à 17 %, suffisant tout de même pour prétendre à un second tour. Au second tour, L’Indépendant étudie l’hypothèse d’une triangulaire avec les trois premiers. C’est Alix Soler-Alcaraz qui arriverait en tête (34 %), d’une courte tête devant François Mourad (33,5 %) et Christophe Barthès (32,5 %). Une élection qui s’annonce plus ouverte que jamais, avec les trois candidats tous situés dans la même incertitude du sondage.
Du côté de Narbonne, ça paraît bien plus simple. Bertrand Malquier, maire en place qui a pris le relais après la disparition de Didier Mouly en octobre 2023, brigue un nouveau mandat. Il est à la tête d’un groupe politique – Nouveau Narbonne – qui dirige la ville presque sans discontinuer (Jacques Bascou, 2008-2014, note) depuis… 1971, et l’élection d’Hubert Mouly. Face à lui, le Rassemblement national envoie Frédéric Falcon, député de la circonscription, qui jouit d’une dynamique visiblement moins importante que son homologue à Carcassonne. Le prétendant le plus sérieux pourrait être Nicolas Sainte-Cluque. L’élu de gauche avait déjà tenté sa chance en 2020, seulement battu par Didier Mouly. Cette fois, il a réussi à ranger Viviane Thivent, (écologiste) derrière lui (13 % au second tour en 2020) et Bruno Bréhon (patron des communistes audois), ainsi que des personnalités politiques connues dans l’Aude, en position non éligible : Hélène Sandragné, présidente du département, Patrick François, chargé au sport au Département, Eric Andrieu, ancien député européen, ou encore Maryse Arditi, écologiste reconnue localement.
> Le pronostic de la rédaction : Victoire d’Alix Soler-Alcaraz à Carcassonne, dans un mouchoir de poche. Bertrand Malquier repart pour un mandat à Narbonne.
> Le 9 mars en pronostic : Sète et Agde
Débat Midi Libre / Cercle Mozart : ce qu’on en retient

Roumégas dragué. La tête de liste écologiste, en difficulté dans les sondages, a fait l’objet de toutes les convoitises. Philippe Saurel, ex-maire de Montpellier, tout juste rejoint par Hind Emad, ex-vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée au numérique et au développement économique, a dit à plusieurs reprises « rejoindre l’avis de Jean-Louis Roumégas ». Plus direct, Rémi Gaillard a invité Roumégas à rejoindre sa liste, « car il ne fera pas 10 % » – alors que le sondage paru le 19 février place Rémi Gaillard à 10 %, donc aux portes d’une accession du 2e tour du 22 mars. Réponse de Roumégas à Gaillard : « ça ne risque pas ».
Saurel veut parler à Ménard. « On s’en fout de la politique, quand on crée de l’emploi », a lancé Philippe Saurel. Il prône ainsi un partenariat avec Béziers, « au tissu industriel très spécifique. Cela demande une cohérence des territoires. Quand, pour des raisons idéologiques, on refuse de parler aux maires des autres villes, on grève l’installation des entreprises ». Allusion au fait que Montpellier tourne le dos à Béziers, et à son maire Robert Ménard, soutenu par le RN en 2014 et 2020, et ce coup-ci par les LR.
Autre charge contre le maire sortant : il exige « le bilan d’activité de l’Agence des Transitions. Comment a-t-elle utilisé l’argent public dont elle a été dotée ? Ce sont des centaines de milliers, voire des millions d’euros. Je n’ai pas de réponse. Ni de la Ville, ni de la Métropole et, plus grave, ni de la Chambre régionale des comptes ou de la préfecture ». En cas de victoire, l’ancien maire promet « une fiscalité stable pour les entreprises ».
Déchets : Delafosse défend le projet de CSR. Décrié par ses opposants à propos du projet de CSR (Combustibles solides de récupération), dans le quartier Garosud, Delafosse déclare : « Montpellier est la seule de France à ne plus avoir de solution pour traiter ses déchets. Nous avons 4.900 camions qui partent ailleurs. Partout, on nous dit : ‘on ne veut plus des déchets de Montpellier. Il faut une solution pour traiter les 110.000 tonnes de déchets annuels. Il faut trouver une solution. J’aurais bien aimé être le maire qui n’ait pas à traiter ce dossier. On a suivi les recommandations de l’Ademe. Le CSR n’est pas un incinérateur. C’est un site pour les déchets ultimes, pour les traiter selon une technologie qui permet de produire de la chaleur, pour apporter une énergie moins chère dans tout le secteur de Garosud. Il prendre place en lieu et place de l’usine Amétyst, qui est un échec. En n’ayant plus à nous acquitter du prix d’export de nos déchets ultimes, on pourra baisser la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) de 10 %. Si ce projet est ajourné, dites où vous mettez une décharge, un incinérateur. Si on ne fait rien, on sera confrontés à de très grosses difficultés. » Interrogé par Isabelle Perrein sur le coût d’une éventuelle rupture de contrat, Michaël Delafosse a évoqué un montant de 21 M€.
Perrein veut moins de logements aidés. Sans étiquette, mais elle est quand même la candidate de la droite : Isabelle Perrein promet de « faire baisser les prix du logement neuf de 30 % » en réduisant la part des logements sociaux et aidés, « de 53 % aujourd’hui, à l’obligation légale, c’est-à-dire 25 % ». Elle entend par ailleurs « favoriser le système de location-accession », miser sur la « sobriété architecturale » et encourager les surélévations, « pour densifier et permettre aux copropriétés de s’enrichir et de financer les travaux de rénovation énergétique ». Pour sa part, Delafosse propose « un prêt à taux zéro de 10.000 euros pour les jeunes ménages », « 4.000 BRS (bail réel solidaire) pour aider à accéder à la propriété », et « une agence municipale du logement, pour accompagner les propriétaires qui sont réticents à louer leur bien, avec un objectif de 2.000 logements mis en location ».
Les sondages comme s’il en pleuvait
Moins d’un mois avant le premier tour des prochaines élections municipales, les sondages se multiplient. À Toulouse par exemple, nos confrères de La Dépêche publient ce 20 février un sondage. Plusieurs enseignements : Julien Leonardelli (7 %) semble hors course. Ça se jouera plutôt entre trois hommes : Jean-Luc Moudenc (33 %, DVD), François Briançon (30 %, PS) et François Piquemal (23 %, LFI). Le second tour donnerait le maire sortant gagnant, avec 41 % contre 35 % pour François Briançon, et 24 % pour François Piquemal. À Montpellier, Delafosse poursuit son cavalier seul au premier tour, selon un sondage IFOP pour Midi Libre / Cercle Mozart. Possible trouble-fête, Rémi Gaillard pourrait s’inviter au 2e tour, tout comme Nathalie Oziol (LFI), pour tenter de contester la domination du candidat socialiste. Mohed Altrad, Isabelle Perrein et Philippe Saurel se partagent les voix, et pourraient ne pas atteindre le 2e tour.
Dans un autre sondage, cette fois commandé par Mohed Altrad, l’entrepreneur est cette fois… deuxième, au coude à coude avec Nathalie Oziol, derrière Michaël Delafosse.
Hind Emad rejoint la liste de Saurel
La désormais ex-vice-présidente en charge du développement économique de Michaël Delafosse à la Métropole rallie le camp de Philippe Saurel. L’ancien maire, et candidat pour ces élections annonce ce 22 février sur ses réseaux sociaux qu’Hind Emad devient numéro 2 de sa liste pour les élections à venir.
Sur le même sujet : « Municipales : les candidats à Montpellier se frottent aux attentes des entrepreneurs du MEDEF », Les Indiscrétions du 16 février 2026, en cliquant juste ici.