
Effective depuis le 1er janvier, la fusion des anciennes UIMM Midi-Pyrénées Occitanie et Méditerranée-Ouest marque un changement d’échelle. Avec 86.093 salariés représentés et plus de 700 établissements dans 10 départements, la nouvelle chambre syndicale « devient la première en régions », souligne Didier Katzenmayer, président de l’UIMM Occitanie, le 22 janvier à Station M à Baillargues (pôle formation du syndicat professionnel). Objectif : renforcer le poids politique et économique de l’industrie, dans un contexte « de pression fiscale, de concurrence internationale accrue et d’instabilité institutionnelle ».
Une expectative généralisée. « On est en attente de pas mal de sujets. Il y a l’instabilité politique, l’impact sur la sidérurgie, la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie, dont la 3e version est en attente)… côté Toulouse, on est en croissance, donc les projets suivent leur cours. Sur les autres, il y a un coup de frein. Le bâtiment est en souffrance », relate Didier Katzenmayer.
Emploi et compétitivité. Le mandat s’ouvre sur une feuille de route triennale où l’emploi et la formation deviennent des priorités, avec la création d’une vice-présidence dédiée, gérée par Étienne Léa, également président du CFA de l’UIMM. (Plus à lire en À l’affiche).
Féminisation, transmission et certification. Moins de 30 % des salariés de l’industrie sont des femmes, et le pôle UIMM de Baillargues ne compte que 7 % d’étudiantes. L’UIMM multiplie les actions de sensibilisation et de rôle-modèle, notamment via des réseaux de « passeuses d’avenir », mené par Frédérique Iordanoff, présidente de l’antenne de l’Aude, et de l’entreprise Les Ateliers du Lézignanais. Autre défi : la transmission des entreprises, alors que de nombreux dirigeants arrivent en fin de parcours. S’ajoutent des exigences croissantes en matière de certifications, souvent hors de portée financière pour les PME, que l’UIMM souhaite accompagner pour éviter la marginalisation.
« Avant de penser à se réindustrialiser, il faut stopper la désindustrialisation », tonne Didier Katzenmayer. Dans un climat marqué par la défiance et la fatigue entrepreneuriale, les responsables de l’UIMM se veulent combatifs. « Sans industrie, on n’est rien », martèle-t-il, aux côtés d’Éric Fouillot, son vice-président, rappelant les mobilisations sur des dossiers de souveraineté comme Aubert et Duval.
Un maillage territorial pour coller aux réalités industrielles locales. Onze antennes départementales structurent désormais l’action de l’UIMM Occitanie. Exemples : dans les Pyrénées-Orientales, où le chômage atteint 12,8 %, l’enjeu est d’élargir une base industrielle encore étroite. Dans l’Aude, territoire agricole et éclaté, la priorité est la visibilité et l’accompagnement des PME. Dans l’Hérault, plus tertiaire, la métallurgie progresse portée par les medtech, l’électronique et l’innovation logicielle.
Sur le même sujet : « Industrie : Deltanov (Béziers) veut tripler de taille d’ici à 2030 en matière d’automatisme et d’électricité industrielle », Les Indiscrétions du 8 décembre 2025, à lire ici. « Intersud à Béziers : ambitions industrielles… et joutes oratoires », Les Indiscrétions du 10 juin 2025, en cliquant ici.
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En Occitanie, record d’entreprises industrielles défaillantes en 2025. Les défaillances d’entreprises industrielles ont dépassé 400 en cumul annuel à l’automne 2025, soit le niveau le plus élevé depuis 2011. Les exportations régionales atteignent 48 Mds€ en 2025, soit 9 % des exportations françaises. Les produits métallurgiques représentent 36 Mds€. La Haute-Garonne concentre 67 % des exportations d’Occitanie, avec bien sûr le poids d’Airbus. L’emploi industriel a un effet multiplicateur local : pour 100 emplois dans la filière, 134 emplois de services sont créés.
Industrie et transition écologique. Didier Katzenmayer défend une industrie dite « verte », intégrant nucléaire, aéronautique et énergies renouvelables. « L’Occitanie, dotée de ressources solaires, éoliennes et d’infrastructures portuaires et ferroviaires, veut faire des EnR un levier de compétitivité. Sans souveraineté énergétique, il n’y aura ni réindustrialisation durable ni indépendance industrielle. »