Toute la journée, je ne fais que croiser, de rendez-vous en rendez-vous, des gens plus riches que moi. Journalistique économique, c’est quand même un métier énervant. On interviewe des dirigeants d’entreprises, des investisseurs, des banquiers, des préfets, des élus, des directeurs généraux, des responsables de services, des directeurs de projets… Toutes et tous, objectivement, plus fortunés que moi. Je pourrais presque « respirer », en termes d’ego monétaire, lorsque j’échange avec les parents des copines de ma fille. Manque de bol, ils occupent tous des postes à responsabilité. Pour un peu, je miserais sur un complot orchestré en haut lieu.
« On va pleurer », commenteraient les hargneux sur les réseaux sociaux, triste monde parallèle ne connaissant ni l’humour ni le 2e degré. Je ne suis pas à plaindre, c’est vrai. Surtout vu le niveau des salaires, tiré vers le bas, en France. Et je ne suis pas tout seul : j’ai une équipe. Je fais ainsi tout pour doper le pouvoir d’achat de cette valeureuse équipe. Revalorisations salariales, paiement des salaires dès le 26 ou 27 du mois, primes, accord d’intéressement et, à venir, titres-restaurants. Ce n’est pas parfait. Mais l’essentiel réside dans l’intention, la droiture, la transparence, la reconnaissance accordée et le respect de la parole donnée.
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Au fait, où est la vraie richesse ? Il est toujours intrigant que les puissants tournent autour des journalistes. C’est leur reconnaître implicitement un pouvoir certain – celui de relater l’actualité, et de la faire en quelque sorte -, jusqu’au jeu de regards lors des échanges. Il y a parfois du respect, parfois de la crainte, parfois des reproches pour une parution passée. « J’aime bien foutre la merde », résumait une consœur de l’AFP, dont les dépêches font trembler jusqu’à l’état-major des Armées. Nous en parlions avec délectation dans le « On s’en fout » des Indiscrétions du 15 juillet 2024, à croquer ici.