Municipales en Occitanie / Ce qu’il faut retenir du 1er tour

16 mars 2026
Loeil de HV - Les indiscretions

L’œil des Indiscrétions

Chaque semaine jusqu’au 1er tour, la rédaction livre un billet éditorial relatif aux municipales en Occitanie. En se livrant au jeu du pronostic. Lequel ne doit bien sûr pas être confondu avec une quelconque préférence. On fera les comptes le 23 mars !

Municipales 2026 montpellier
©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

Métropoles : simple à Montpellier, complexe à Toulouse. Jean-Luc Moudenc (DVD) à Toulouse et Michaël Delafosse (PS) à Montpellier comptabilisent respectivement 37,23 % et 33,41 %. Derrière l’édile toulousain, la surprise vient du candidat LFI, François Piquemal, qui se hisse devant François Briançon (PS) : 27,56 % contre 24,99 %. Les deux s’étant alliés lundi matin en vue du 2e tour, les jeux sont totalement ouverts dans la Ville rose. À Montpellier, deux autres candidats seront au second tour : Nathalie Oziol (LFI, 15,36 %) et Mohed Altrad (DVC, 11,31 %). 
Incertitude totale en revanche à Toulouse, où LFI réalise un score historique (27,56 %) et devance le socialiste François Briançon (24,99 %). Le maire sortant Jean-Luc Moudenc, certes en tête (37,23 %), est mis en difficulté par l’alliance PS / LFI, scellée le 16 mars pour déposer une liste unique en préfecture. Cet accord-surprise fait réagir. Le PRG 31 annonce son retrait de cette alliance à gauche : « La République et la laïcité ne sont pas des options que l’on met de côté quand cela arrange. Nous ne transigerons pas sur ce point », lance Laurent Chérubin, président du PRG 31.
Indécis, le scrutin de Nîmes, 3e ville d’Occitanie, l’est tout autant. L’eurodéputé RN Julien Sanchez, parachuté en janvier, devance de… 163 voix le candidat PCF Vincent Bouget. Ce, face à une droite divisée (Proust-Plantier), qui s’est fait hara-kiri, alors que Nîmes est encore pour quelques jours la plus grande ville de France aux mains des LR. Pas d’erreur : si la droite nîmoise n’est peut-être pas la plus bête du monde, elle est certainement la plus bête d’Occitanie. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Franck Proust et Julien Plantier négocient pour une fusion de leurs listes. « Les discussions avancent dans le bon sens », indique une source interne aux Indiscrétions.
Plus léger, pour finir : on aime, pêle-mêle, l’élection de la mascotte d’Occitanie, Charlotte Perefarres, étudiante en droit de 21 ans propulsée maire de Saint-Béat-Lez (31), l’improbable quinquangulaire (5 candidats au 2e tour) à Sète (34), et, à Narbonne, le maire sortant Bertrand Malquier qui rate son élection dès le 1er tour pour… une voix ! « Je suis resté scotché… », concède-t-il aux Indiscrétions. Suspense insoutenable pour le 2e tour. Nos confrères de L’Indépendant en parlent juste ici

Les habitants d’Occitanie ont plus voté que la moyenne nationale. 61,35 % de participation contre 58,5 % au national, selon plusieurs instituts de sondage. Les bons élèves en Occitanie : la Lozère (69,87 % de participation) et l’Aveyron (67,26 %). Même les deux départements d’Occitanie qui ont le moins voté (Gard (59,4 %) et Haute-Garonne (58,67 %) se situent au-dessus de la moyenne nationale. 

Les Indiscrétions vous ont concocté une sélection des potins municipaux, à lire avec son café en cliquant juste ici 

Les 11 préf en bref. 
À Foix (09), Marine Bordes, maire sortante vire en tête (40,92 %) des voix devant Jérôme Matéos (DVC, 38,19 %). Le candidat LFI, Alexandre Besson (20,90 %) pourrait faire basculer le second tour.
À Carcassonne (11), le député RN Christophe Barthès, arrive largement en tête, à 34,52 %. Le maire sortant, Gérard Larrat (DVD) ne réalise qu’un piètre 12,27 %. Il annonce à nos confrères de L’Indépendant, ce 16 mars, qu’il se retire de la course au second tour et de « toute participation à la vie politique ». Il lui restera à appeler (ou non) à voter pour l’un des candidats encore en lice. Intercalés : Alix Soler-Alcaraz (PS, 23,27 %) et François Mourad (Horizons, 25,36 %).

À Rodez (12), Christian Teyssedre, le maire sortant (DVC) devance d’une courte tête Stéphane Mazars (Renaissance) : 35,09 % contre 34,53 %. 
Nîmes (30) voit le candidat RN Julien Sanchez devancer Vincent Bouget (PCF) d’environ 150 voix (30,39 % contre 30,05 %) devant une droite fracturée : Franck Proust (19,55 %) et Julien Plantier (15,55 %).
À Auch (32), le candidat divers droite Thierry Carrascosa pourrait jouer le trouble-fête (31,39 %) face à une gauche éparpillée : Camille Bonne (PS, 35,73 %), Michaël Aurora (Génération.s, 19,89 %) et Céline Valancourt (Divers écologiste, 12,99 %).
À Cahors (46), Vivien Coste (PS) est élu dès le premier tour (58,99 %) et succède à Jean-Luc Marx.
Mende (48) pourrait basculer à droite : Patrick Saint-Léger (DVD, 34,34 %) est en tête devant Stéphanie Maurin (DVC, 32,29 %).
À Tarbes (65), cinq candidats dépassent les 10 %, mais la victoire devrait se jouer entre les deux premiers : Éric Peyrègne (RN, 23,84 %) et Michel Garnier (DVD, 19,56 %).
À Perpignan (66), Louis Aliot repart pour un mandat, réélu dès le premier tour (50,6 %). 
À Albi (81), avantage à la sortante : Stéphanie Guiraud-Chaumeil (Horizons), obtient 36,13 % des suffrages, contre 18,13 % pour Nathalie Ferrand-Lefranc (DVG) et 17,34 % pour Frédéric Cabrolier (17,34 %).
Enfin, à Montauban, Didier Lallemand (RN) pointe en tête à 29,65 %. Arnaud Hilion (PS) suit avec 21,91 %. 
Pour retrouver les résultats détaillés, rendez-vous sur la carte interactive de France Info, juste ici

Vauvert, Agde, Bagnols-sur-Cèze : des fiefs basculent au RN. Le PS perd son fief de Vauvert, remporté par le député RN Nicolas Meizonnet face au maire PS sortant Jean Denat. Même configuration à Bagnols-sur-Cèze, où la députée RN Pascale Bordes arrive largement en tête (44,26 %) face au maire sortant, Jean-Yves Chapelet (18,25 %). À Agde, le sortant Sébastien Frey (DVD) est en situation très défavorable, arrivant 3e avec seulement 20,74 %, face à un autre député RN, Aurélien Lopez-Liguori (38,44 %) et la liste de Thierry Nadal (DVD, 21,33 %). 

Gard : la droite alésienne donne la leçon à celle de Nîmes. L’histoire donne raison à Alès, fief de Max Roustan, qui a décidé de passer la main, après 30 ans de bail, à Christophe Rivenq, début 2025, après 5 mandats. Successeur unique désigné, Christophe Rivenq arrive en tête à l’issue du premier tour, avec 32,6 % des voix, en ballotage favorable pour le 2nd tour. Mais il n’a pas gagné, comme le rappellent nos confrères de Midi Libre juste là. Derrière lui, Anthony Bordarier, candidat RN, réalise 26,4 % (le RN avait cumulé 8,68 % des voix en 2020). Puis, trois prétendants pourront choisir de se maintenir, pour un second tour à 5 : Paul Planque (15,06 %), Marc Infantès (13,62 %) et Basile Imbert (Union de la gauche, 10,79 %).
À Nîmes, la droite risque de perdre son plus gros fief national. La faute à une guerre ouverte de succession. Jean-Paul Fournier, maire sortant, a sa part de responsabilité dans cette débâcle. La surprise vient de l’eurodéputé RN Julien Sanchez, qui arrive en tête (30,4 %) juste devant Vincent Bouget (PCF, 30,05 %). Loin derrière, les candidats de droite Franck Proust (LR, 19,5 %) et Julien Plantier (DVD, 15,5 %) sont qualifiés. Dans un communiqué envoyé ce 15 mars, dans la soirée, Jean-Paul Fournier appelle – trop tard – à une union de la droite : « Pour garantir une issue favorable et empêcher une victoire de l’extrême-gauche (le RN n’est pas cité, ndlr), seul le rassemblement peut permettre de gagner. Avec Laurent Burgoa, sénateur du Gard, j’appelle de mes vœux les listes républicaines à la raison. Nous avons trop connu à Nîmes les épisodes communistes dévastateurs. Du dialogue entre Messieurs Proust et Plantier doit naitre une liste d’union pour le bien de Nîmes. » 

Élus au premier tour. Robert Ménard (Béziers, soutenu par les LR, 65,6 %) et Louis Aliot (Perpignan, RN, 50,6 %) sont réélus dès le premier tour. Tout comme Alain Ferrand (DVD), au Barcarès (66), avec 64,78 % (face à une seule liste RN), alors qu’il risque l’inéligibilité dans le cadre de l’affaire des chalets du Village de Noël (jugement le 15 et 16 octobre prochains, note). Il avait également été interdit de séjour sur sa propre commune, et contraint d’organiser sa cérémonie de vœux 2025 sous la forme d’un hologramme (à (re)lire juste ici). Dans le Gard, le RN renforce son implantation. Beaucaire, fief historique du parti à la flamme a réélu Nelson Chaudon dès le premier tour (60,3 %). À Moissac (82), Romain Lopez (RN) l’emporte avec 62,2 % des voix. À Millau enfin, Emmanuelle Gazel, maire (UG) sortante est battue par Christophe Saint-Pierre (DVD), fort de 50,96 % des suffrages. 

Carole Delga affiche un ultime soutien à Delafosse. « Par rapport à Montpellier, Toulouse ronronne… », souffle Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, en soutien à Michaël Delafosse, ce 11 mars, avant le 1er tour des municipales, où le maire sortant, auteur d’une campagne propre, continue sa promenade de santé (32 % au premier tour, deux fois plus que la 2e, Oziol – LFI). L’élue a salué le travail réalisé depuis 6 ans, et demande aux électeurs « de permettre à la municipalité de jouer une deuxième mi-temps, pour terminer les projets lancés ». Delafosse, de son côté, rappelle certaines promesses de campagne : création dans les 12 mois d’une agence municipale du logement, objectif d’accompagner 2.000 propriétaires à la mise en location de leur bien, mais aussi la création de 4.000 logements en BRS Entreprises. 

À Nîmes, Toulouse, ou encore Sète et Saint-Jean-de-Védas, le suspense reste entier. À Nîmes, qui de Vincent Bouget ou Julien Sanchez va l’emporter ? Franck Proust et Julien Plantier vont-ils suivre les recommandations de Jean-Paul Fournier et (enfin) s’allier ? À Toulouse, l’alliance de dernière minute, entre le PS et LFI (nos confrères de La Dépêche en parlent ici) rebat toutes les cartes. En cumulé, les deux candidats sont majoritaires (52 %). Mais en politique, on le sait, 28 + 24 ne font pas forcément 52…
Autres scrutins indécis, à Saint-Jean-de-Védas (34). Sur la ligne de départ du 1er tour, ils étaient 7. Pour le second tour, ils sont… 7. La succession de François Rio, disparu subitement en décembre dernier, fait rage. Au jeu des alliances et des fusions, les Védasiens devraient avoir un choix tout de même plus réduit dimanche prochain.
Enfin, à Sète, ils sont cinq à pouvoir prétendre au second tour : Hervé Marquès, maire sortant en tête (28,07 %) devant Sébastien Pacull (RN, 20,77 %), Laura Seguin (DVG, 20,55 %), Pascal Pintre (DVD, 14,82 %) et Sébastien Denaja (PS, 13,7 %). 

>Sur le même : « Municipales : les candidats à Montpellier se frottent aux attentes des entrepreneurs du Medef », dans Les Indiscrétions du 16 février, à croquer ici

Du changement à Martres-Tolosane (31). La petite commune de 2300 habitants change de maire : Loïc Gojard, maire sortant, est battu par Brigitte Hippolyte (45,16 % contre 54,84 %). Cette dernière avait déjà été maire du village entre 2001 et 2008. Pour l’anecdote, c’est aussi un revers pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, en 12e position sur la liste de Loïc Gojard. « Il y a une volonté de changement assez forte. Il y a eu des incompréhensions, mais les Martrais ont fait leur choix que je respecte », analyse-t-elle au micro de France 3 Régions. Elle siégeait au conseil municipal depuis 2008, et rappelle régulièrement son attachement à la commune où elle est toujours domiciliée.

Share This